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Bélisaire demandant l’aumône Jacques Louis David (1748-1825)

Bélisaire demandant l’aumône
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Bélisaire demandant l’aumône
auteur(s) : Jacques Louis David (1748-1825)
dimension : H. 2,88 m ; L. 3,12 m
technique : peinture sur toile
datation : 1781
lieu de conservation : Lille, Palais des Beaux-Arts
Bélisaire demandant l’aumône
Bélisaire demandant l’aumône
auteur(s) : Jacques Louis David (1748-1825)
dimension : H. 2,88 m ; L. 3,12 m
technique : peinture sur toile
datation : 1781
lieu de conservation : Lille, Palais des Beaux-Arts
Bélisaire demandant l’aumône
Détail de la pierre gravée
auteur(s) : Jacques Louis David (1748-1825)
dimension : H. 2,88 m ; L. 3,12 m
technique : peinture sur toile
datation : 1781
lieu de conservation : Lille, Palais des Beaux-Arts
Bélisaire recevant l’hospitalité d’un paysan qui avait servi sous lui
Bélisaire recevant l’hospitalité d’un paysan qui avait servi sous lui
auteur(s) : Jean-François-Pierre Peyron (1744-1814)
dimension : H. 53,2 cm ; L. 83 cm
matériaux : encre noire, gouache, papier bleu
technique : dessin
datation : 1778
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Le Retour de Marcus Sextus
Le Retour de Marcus Sextus
auteur(s) : Pierre-Narcisse Guérin (1774-1833)
dimension : H. 217 cm ; L. 243 cm
technique : Peinture à l’huile sur toile
datation : Salon de 1799
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Pourquoi représenter la déchéance d’un général plutôt que sa gloire ?

À la fin du XVIIIe siècle, l’administration royale demande aux artistes de rendre sa valeur morale à la grande peinture d’histoire : par leur sujet, les toiles doivent contribuer à l’édification des hommes. Le héros qui met sa vie au service de la patrie devient un des thèmes de prédilection. Bélisaire, avec ses revers de fortune, incarne, sous le pinceau de David, la dignité de l’homme dans l’adversité.

Un sujet littéraire

Entre 1770 et 1800 environ, le thème de Bélisaire est largement utilisé dans la peinture française. Ce succès doit être mis en relation avec la publication en 1767 du roman philosophique de Jean-François Marmontel. L’ouvrage raconte les infortunes du général Bélisaire, personnage historique qui, au VIe siècle, servit l’empereur byzantin Justinien. Cet officier, brave et audacieux, est sanctionné par son souverain, jaloux de ses victoires militaires et de sa popularité.

L’histoire de ce personnage évoque la justice arbitraire et la non-reconnaissance des valeurs et du dévouement par le pouvoir. Elle fait écho au contexte politique de la fin du règne de Louis XV.

Le texte est censuré par la Sorbonne dès sa parution, et l’archevêque de Paris condamne l’ouvrage pour impiété et hérésie. Voltaire prend alors la défense du texte et de son auteur.

Un morceau d’agrément à l’Académie

Pour David, l’enjeu du tableau est de taille : il s’agit de son morceau d’agrément, c’est-à-dire la première des deux œuvres qu’il doit soumettre à un jury pour intégrer l’Académie royale de peinture et de sculpture. L’entrée à l’Académie lui permet d’entamer une carrière officielle au service de l’administration royale.

L’Académie hiérarchisant les genres, le choix du sujet est essentiel. D’une part, il oriente la carrière de l’artiste. En choisissant un sujet tiré de l’histoire antique, David pose sa candidature en tant que peintre d’histoire, le genre le plus distingué. D’autre part, l’épisode représenté doit illustrer la culture du peintre, ses qualités d’invention et de composition, et être en accord avec les principes esthétiques de l’Académie. C’est donc une œuvre longuement méditée que David expose au Salon de 1781, où elle fera l’admiration de Diderot.

La genèse d’un tableau

Lorsqu’il commence à travailler à son tableau, David est tout juste rentré d’un long séjour à l’Académie de France à Rome. Il a pu y approfondir sa connaissance des œuvres antiques, de la Renaissance et du XVIIe siècle, et a vécu pendant quatre ans dans un milieu artistique extrêmement dynamique et inventif. C’est au cours de ce séjour qu’il voit, lors de l’exposition des élèves de l’Académie en 1779, un tableau de Peyron consacré à Bélisaire [ image 01 ] . Enthousiasmé par l’œuvre et par le thème en adéquation avec les directives de l’administration royale, David commence à réfléchir à son tableau.

Alors que la jeune génération privilégie les exemples de courage, David préfère la tragédie antique et une vision sentimentale des revers de la Fortune. Pour évoquer la dignité de l’homme bafoué, la générosité face à la détresse et l’incompréhension des témoins d’un temps glorieux, David invente l’épisode de l’aumône.

Quatre personnages occupent le premier plan. Bélisaire, aveugle, porte une cuirasse recouverte d’un drapé de couleur ocre. Son bâton est appuyé contre une pierre sur laquelle est gravé Date obolum Belisario (« Donnez une obole à Bélisaire ») [ détail b ] . Entre ses bras, un enfant blond habillé de blanc, image de l’innocence et de la candeur, tend le casque du vieux soldat pour recevoir l’aumône.

Face à lui, une femme tend des pièces de monnaie et le regarde avec sollicitude. Leurs profils se découpent sur des bases de colonnes monumentales. À l’arrière, à gauche, un soldat, l’air surpris, reconnaît le mendiant.

Gravité et grandeur de l’Antique

La composition se distingue par une extrême sobriété qui s’accorde parfaitement avec la gravité du sujet. David peint une toile de format presque carré. Il divise sa composition en deux, d’un côté l’architecture, symbole écrasant du pouvoir, de l’autre la ville et les lointains annonçant peut-être un avenir meilleur. Chaque expression est identifiable, comme le veut la théorie des passions de Charles Lebrun, directeur de l’Académie sous Louis XIV et l’un des principaux représentants du classicisme. La couleur générale de l’œuvre, une gamme de bruns émaillée de blanc, de rouge et de bleu acier, met l’accent sur le dessin serré et précis de David, suivant en cela la doctrine du XVIIe siècle qui associait le dessin à la raison.

Rigueur des lignes, précisions archéologiques des costumes et des monuments, dignité des sentiments et lisibilité de l’œuvre sont les éléments essentiels du style néoclassique en train de naître.

Un destin singulier

La toile eut un destin singulier : elle partagea celui d’un homme politique brillant, lui aussi mis à l’écart du pouvoir : Lucien Bonaparte, frère de Napoléon. Ce dernier achète l’œuvre et l’associe, une quinzaine d’années plus tard, à celle de Guérin, Le Retour de Marcus Sextus [ image 02 ] . Ce jeune artiste, admirateur de David, avait souhaité traiter le thème du retour de Bélisaire. Il change son sujet en cours d’élaboration et invente un homme, Marcus Sextus, proscrit du règne de Sylla qui, à son retour chez lui, ne trouve que mort et désolation. L’œuvre est peinte pendant la période où les émigrés sont pourchassés et condamnés à mort. Elle fait écho au contexte politique, comme l’avait été en son temps le Bélisaire de David.

Cécile Galinier

Permalien : http://panoramadelart.com/belisaire-david

Publié le 26/06/2014

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ressources internet

  1. Le site du musée des Beaux-Arts de Lille, où l’œuvre est conservée
    http://www.pba-lille.fr/spip.php?article30
  2. Sur la vie et l’œuvre de David
    http://www.grandpalais.fr/fr/article/jacques-louis-david-1748-1825
  3. La peinture de Jean-François-Pierre Peyron, Bélisaire recevant l’hospitalité d’un paysan (1779), conservée à la National Gallery de Londres
    http://www.nationalgallery.org.uk/paintings/jean-francois-pierre-peyron-belisari
  4. Voir aussi le site Histoiredesarts.culture.fr

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Anonyme
ven, 09/09/2016 - 01:55

c'est un magnifique tableau,