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Femme drapée Tanagréenne

Tanagra, tanagréenne
  • Femme drapéea
  • Femme drapéeb
  • Éros tenant un coffret01
  • Petite fille debout tenant un lapin02
  • Papposilène jouant des crotales03
  • Éphèbe vêtu d’une chlamyde assis sur un rocher04
  • Boucher et cuisinière avec mortier et pilon05
  • Vue groupée de femmes drapées06
  • Moule antique d’un corps de femme drapée, sans la tête, et son tirage moderne07
  • Moule antique d’une tête de femme diadémée et son tirage moderne08
  • Femmes debout drapées09
  • Femme debout10
  • Femme drapée, restaurée en Euterpe11
  • Tanagra tenant dans sa main la Danseuse au cerceau12
Femme drapée
Tanagra, tanagréenne
dimension : H. 23,5 cm
matériaux : terre cuite
technique : sculpture
provenance : Grèce, Tanagra
datation : vers 320-300 av. J.-C.
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Tanagra, tanagréenne
Femme drapée
Tanagra, tanagréenne
dimension : H. 23,5 cm
matériaux : terre cuite
technique : sculpture
provenance : Grèce, Tanagra
datation : vers 320-300 av. J.-C.
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Tanagra, tanagréenne
Femme drapée
Tanagra, tanagréenne
dimension : H. 23,5 cm
matériaux : terre cuite
technique : sculpture
provenance : Grèce, Tanagra
datation : vers 320-300 av. J.-C.
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Éros tenant un coffret
Éros tenant un coffret
dimension : H. 7 cm
matériaux : terre cuite
technique : sculpture
provenance : Grèce, Tanagra
datation : vers 300-275 av. J.-C.
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Petite fille debout tenant un lapin
Petite fille debout tenant un lapin
dimension : H. 16,5 cm
matériaux : terre cuite
technique : sculpture
provenance : Grèce, Tanagra
datation : premier quart du IIIe siècle av. J.-C.
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Papposilène jouant des crotales
Papposilène jouant des crotales
dimension : H. 17 cm
matériaux : terre cuite
technique : sculpture
provenance : Grèce, Tanagra
datation : début du IIIe siècle av. J.-C.
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Éphèbe vêtu d’une chlamyde assis sur un rocher
Éphèbe vêtu d’une chlamyde assis sur un rocher
dimension : H. 20 cm
matériaux : terre cuite
technique : sculpture
provenance : Grèce, Tanagra
datation : IIIe siècle av. J.-C.
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Boucher et cuisinière avec mortier et pilon
Boucher et cuisinière avec mortier et pilon
dimension : Boucher : H. 12,3 cm ; L. 5,5 cm ; P. 7,5 cm / Cuisinière : H. 11 cm ; L. 8,2 cm ; P. 6 cm
matériaux : terre cuite
technique : sculpture
provenance : Boucher : Grèce, Thèbes / Cuisinière : Grèce, Tanagra
datation : quatrième quart du VIe – premier quart du Ve siècle av. J.-C.
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Vue groupée de femmes drapées
Vue groupée de femmes drapées
De gauche à droite : femme avec éventail (S 1664) ; femme drapée (MNB 582) ; femme avec couronne de feuilles de lierre (MN 569) ; femme avec coiffure en côtes de melon (MNB 489)
dimension : MNB 582 : H. 17 cm / MNB 489 : H. 21,5 cm
matériaux : terre cuite
technique : sculpture
provenance : S 1664, MNB 582 et MNB 489 : Grèce, Tanagra / MN 569 : Grèce, Cyrénaïque
datation : S 1664 : premier quart du IIIe siècle av. J.-C.
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Moule antique d’un corps de femme drapée, sans la tête, et son tirage moderne
Moule antique d’un corps de femme drapée, sans la tête, et son tirage moderne
dimension : H. 25 cm
matériaux : terre cuite
technique : sculpture
provenance : Italie, Campanie
datation : début du IIIe siècle av. J.-C.
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Moule antique d’une tête de femme diadémée et son tirage moderne
Moule antique d’une tête de femme diadémée et son tirage moderne
dimension : H. 7 cm
matériaux : terre cuite
technique : sculpture
provenance : Turquie, Myrina
datation : milieu du IIe siècle av. J.-C.
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Femmes debout drapées
Femmes debout drapées
matériaux : terre cuite
technique : sculpture
provenance : Grèce, Tanagra
datation : vers 320-300 av. J.-C.
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
La Dame en bleu
Femme debout
La Dame en bleu
dimension : H. 32 cm
matériaux : terre cuite
technique : sculpture
provenance : Grèce, Tanagra
datation : vers 330-300
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Femme drapée, restaurée en Euterpe
Femme drapée, restaurée en Euterpe
Sculpture romaine d’après un original grec attribué à Praxitèle
dimension : H. 206 cm
matériaux : marbre
technique : sculpture
provenance : Italie
datation : Ier-IIe siècle ap. J.-C. ; compléments du XVIIIe siècle
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Tanagra tenant dans sa main la Danseuse au cerceau
Tanagra tenant dans sa main la Danseuse au cerceau
auteur(s) : Jean Léon Gerôme (1824-1904)
dimension : H. 154,7 cm ; L. 56 cm ; P. 57,3 cm
matériaux : marbre
technique : sculpture
datation : 1890
lieu de conservation : Paris, musée d’Orsay
Un jouet ou une œuvre religieuse ?

La présente figurine image principale illustre parfaitement ce que l’on appelait, au xixe siècle, un ou une tanagra, et qu’il convient aujourd’hui de nommer une tanagréenne. Ce type de figurine en terre cuite abonde sur le marché de l’art dans les années 1870. Découvertes fortuitement ou à l’occasion de fouilles clandestines, elles proviennent de milliers de tombes de Béotie, près de la cité antique de Tanagra, située à une quarantaine de kilomètres d’Athènes. Des fouilles archéologiques menées sur près de dix mille de ces tombes ont permis de déterminer leur présence uniquement dans des sépultures datées d’entre 625 et 200 av. J.-C.

Le thème de la femme drapée

Cette figurine image principale représente une femme drapée dans un manteau de laine (himation) porté sur une robe de lin (chiton). Ses vêtements mettent en valeur la pose élégante qu’elle adopte, hanchée, en appui sur sa jambe gauche. Les plis sinueux du manteau cachent son bras droit et laissent émerger sa main gauche qui tenait à l’origine un accessoire aujourd’hui disparu, sans doute un éventail.

Si la femme drapée est le thème de prédilection des artistes et artisans de la période hellénistique, entre 330 et 200 av. J.-C., les figurines présentent toutefois des sujets très variés image 1, leur emploi et leur signification étant multiples.

« Un petit peuple d’argile »

En effet, en contexte funéraire, les figurines représentent des divinités image 2, des animaux consacrés aux dieux image 3, des officiants, des acteurs image 4 ou encore des personnages de comédie, le théâtre faisant partie de la vie religieuse. Ce sont des images protectrices, des jouets pour les enfants et des objets familiers du défunt, souvent associées aux passages de la vie : de l’enfant à l’éphèbe image 5, de l’éphèbe au citoyen, de la jeune fille à la femme mariée. Certaines ont été retrouvées brisées intentionnellement, peut-être pour évoquer une vie trop brève ou à l’occasion de rites funéraires encore inconnus.

On sait maintenant que ces figurines existaient dans l’ensemble du monde grec. Déposées dans les sanctuaires ou dans les maisons sur des autels, elles pouvaient être des ex-voto, représentant alors des divinités, des humains ou les dédicants eux-mêmes.

Une production en série

Seule l’argile, matériau bon marché et facile à obtenir, était utilisée pour la production en série de ces figurines. Ces dernières pouvaient être soit modelées, soit, à partir du viie siècle av. J.-C., fabriquées à partir d’un ou de plusieurs moules image 7. La tête, les bras et les différents accessoires, appelés abattis, pouvaient être fabriqués séparément, puis fixés à la barbotine sur le corps démoulé image 8. Les figurines ainsi réalisées était fixées sur un socle, puis séchées et cuites entre 600 et 800 °C. Pendant la cuisson, un trou d’évent, situé dans le dos de ces figurines creuses détail b, permettait à la vapeur d’eau de s’échapper.

De multiples variantes

Malgré la production en série des figurines, des variations autour d’un même modèle étaient possibles. En effet, sorti du moule, le corps pouvait être repris avant cuisson et décliné en modifiant la position de la tête, en ajoutant un voile, un chapeau (la tholia), un éventail ou encore en adjoignant un autre personnage image 9.

Différentes tailles étaient également proposées pour un même modèle, car les moules pouvaient aussi être obtenus par surmoulage d’une figurine. De surmoulage en surmoulage, les figurines devenaient de plus en plus petites, l’argile se rétractant lors de son séchage et de sa cuisson.

Enfin, l’application de couleur après cuisson, donc très fragile, permettait de varier les modèles. Les exemplaires les plus soignés, sans aucun doute les plus coûteux, ont ainsi reçu une couche de l’onéreux bleu égyptien et des feuilles d’or image 10. D’autres encore étaient entièrement dorés pour imiter de petits bronzes. Les analyses scientifiques menées sur la femme drapée image principale ont révélé la présence de traces de pigments bleu et jaune pour les vêtements, rouge pour les cheveux et rose pour la carnation sur une préparation blanche, encore bien visible, à base de minerai de kaolinite.

Centres de production et diffusion

Les figurines ont été très largement diffusées dans le monde grec, et des exemplaires ont été retrouvés jusqu’à Babylone, Suse, ou encore les cités de la mer Noire. Cependant, elles ne proviennent pas toutes de Tanagra. Des fouilles et des travaux scientifiques récents ont effectivement démontré que les premières figurines ont été fabriquées à Athènes dans la seconde moitié du ive siècle av. J.-C. D’autres grands centres de production ont également été identifiés, comme Myrina et Smyrne.

« Modeleurs de poupées » et grands artistes

Longtemps, les fabricants de figurines antiques ont souffert d’un grand manque de considération. En effet, contrairement aux sculpteurs et aux peintres sur vase dont les auteurs antiques vantent le talent, ils ne sont généralement pas mentionnés dans les textes. Au ive siècle av. J.-C., l’orateur Isocrate les qualifie même, avec mépris, de modeleurs de poupées.

Si les premiers historiens de l’art ont, eux aussi, longtemps porté un regard dédaigneux sur ces « offrandes des pauvres », les figurines féminines sont particulièrement prisées au xixe siècle. Alors surnommées les Parisiennes de l’Antiquité, elles connaissent un engouement immense auprès des amateurs de la bonne société. Les tanagréennes ayant sans doute été inspirées par des œuvres de grands sculpteurs de la période classique et reprenant certaines recherches de Praxitèle image 11 – effets inédits de drapés jouant avec les textures des différents tissus, sensibilité nouvelle dans la représentation du corps féminin, expression parfois songeuse de têtes inclinées sur le côté, coiffures féminines dites en côtes de melon notamment –, des artistes académiques s’en inspirent, comme Jean Léon Gérôme dans sa Tanagra tenant dans sa main la Danseuse au cerceau image 12. Qu’aurait dit Isocrate s’il avait su que ces fragiles statuettes sont aujourd’hui appréciées comme de précieux témoins, souvent intacts, s’inspirant de la grande statuaire disparue ou partiellement conservée ?

Sandrine Bernardeau

Permalien : http://panoramadelart.com/femme-drapee-tanagra-grece

Publié le 22/02/2017

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ressources internet

  1. La notice de la Dame en bleu sur le site du musée du Louvre
    http://www.louvre.fr/oeuvre-notices/femme-drapee-dans-son-himation-tenant-un-eve
  2. La notice de la Sophocléenne sur le site du musée du Louvre
    http://www.louvre.fr/oeuvre-notices/la-sophocleenne
  3. La notice de l’éphèbe vêtu d’une chlamyde assis sur un rocher sur le site du musée du Louvre
    http://www.louvre.fr/oeuvre-notices/ephebe-vetu-dune-chlamyde-assis-sur-un-roche
  4. La notice de la Danseuse Titeux sur le site du musée du Louvre
    http://www.louvre.fr/oeuvre-notices/danseuse-titeux
  5. La notice de la joueuse d’osselets sur le site du musée du Louvre
    http://www.louvre.fr/oeuvre-notices/joueuse-dosselets
  6. La notice de l’Aphrodite de Myrina sur le site du musée du Louvre
    http://www.louvre.fr/oeuvre-notices/aphrodite-accroupie-0
  7. Le mini-site de l’exposition « Praxitèle. Un maître de la sculpture antique » présentée en 2007 au musée du Louvre
    http://mini-site.louvre.fr/praxitele/index_flash_fr.html
  8. Voir aussi le site Histoiredesarts.culture.fr

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glossaire

Bleu égyptien :

Pigment artificiel dont l’emploi apparaît dans l’art égyptien à partir de la IVe dynastie (vers 2500 avant J.-C.). Ensuite commercialisé dans l’ensemble du bassin méditerranéen, il cesse d’être utilisé vers le VIIe siècle après J.-C.

Ce pigment, le premier jamais fabriqué, est obtenu par cuisson dans une atmosphère oxydante entre 870 et 1 100 °C d’un mélange de sable siliceux, de roches calcaires, de minerai de cuivre ou de bronze et d’un fondant sodique. Après un long refroidissement, le matériau est réduit en poudre. Les différentes nuances de bleu résultent du temps de cuisson et de la vitesse de refroidissement : plus le temps de cuisson et le temps de refroidissement augmentent, plus le bleu est intense.
Ex-voto :
Objet offert à une divinité et placé dans un lieu de culte pour la remercier d’un bienfait ou en solliciter un.
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