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Haches polies en roche verte semi-précieuse

Haches polies
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  • Haches polies en roche verte semi-précieusea
  • Hache polie perforéeb
  • Hache polie emmanchée à gaine1
  • Une minière de silex du Néolithique2
  • Pic en bois de cerf3
  • Hache taillée non polie4
  • Haches polies papoues5
Haches polies en roche verte semi-précieuse
matériaux : Pierre
provenance : Dépôt de Bernon, lieu-dit « Le Mouillarien » (Arzon, Morbihan)
datation : Seconde moitié du Ve millénaire av. J.-C.
lieu de conservation : Saint-Germain-en-Laye, musée d’Archéologie nationale
Haches polies
Haches polies en roche verte semi-précieuse
matériaux : Pierre
provenance : Dépôt de Bernon, lieu-dit « Le Mouillarien » (Arzon, Morbihan)
datation : Seconde moitié du Ve millénaire av. J.-C.
lieu de conservation : Saint-Germain-en-Laye, musée d’Archéologie nationale
Haches polies
Hache polie perforée
matériaux : Pierre
provenance : Dépôt de Bernon, lieu-dit « Le Mouillarien » (Arzon, Morbihan)
datation : Seconde moitié du Ve millénaire av. J.-C.
lieu de conservation : Saint-Germain-en-Laye, musée d’Archéologie nationale
Hache polie emmanchée à gaine
Hache polie emmanchée à gaine
matériaux : Pierre, bois de cerf, bois d’érable
provenance : Abbeville, Somme
datation : Néolithique final
lieu de conservation : Saint-Germain-en-Laye, musée d’Archéologie nationale
Une minière de silex du Néolithique
Une minière de silex du Néolithique
Puits d’extraction avec ses galeries
datation : Néolithique
lieu de conservation : Ri, Orne
Pic en bois de cerf
Pic en bois de cerf
dimension : H. 19 cm ; L. 3,5 cm
matériaux : bois de cerf
provenance : Sorel-Moussel, Eure-et-Loir
datation : Néolithique
lieu de conservation : Saint-Germain-en-Laye, musée d’Archéologie nationale
Hache taillée non polie
Hache taillée non polie
matériaux : Pierre
datation : Néolithique ancien
lieu de conservation : Saint-Germain-en-Laye, musée d’Archéologie nationale
Haches polies papoues
Haches polies papoues
Haches d’échange décorées de jupes de femme mariée en fibre d’orchidée
matériaux : Pierre
provenance : Vallée de Baliem, population Dani, Irian Jaya (Indonésie)
lieu de conservation : Saint-Germain-en-Laye, musée d’Archéologie nationale
Pourquoi l’invention de la hache polie marque-t-elle un tournant dans la préhistoire ? Comment s’intègre-t-elle dans une économie nouvelle ?

Le Néolithique (début du VIe millénaire à 2000 avant J.-C. en France) est la période préhistorique qui a vu naître les premières populations agricoles et pastorales. Cette nouvelle économie nécessitant des espaces ouverts, les hommes interviennent sur le milieu naturel et le transforment : la forêt de feuillus, qui se développe depuis la fin de la dernière glaciation, est alors défrichée pour laisser place à des zones cultivables et à des pâturages pour les animaux domestiqués. Pour les populations sédentarisées, le bois devient un matériau aux usages très variés et dont l’exploitation accrue nécessite un nouvel outil. Ce sont ces nécessités qui ont amené l’invention des haches polies. Celles retrouvées à Bernon, en Bretagne, en livrent un beau témoignage [ image principale ].

UN TOURNANT TECHNOLOGIQUE

Le polissage de nouveaux matériaux

Au silex jusqu’alors utilisé pour fabriquer les outils s’ajoutent d’autres roches, dites « roches vertes », moins dures et mieux adaptées à la fabrication des haches. Ce sont des roches éruptives comme la dolérite ou le granit ou métamorphiques comme la jadéite ou la fibrolite. Difficiles à tailler par percussion, elles ne peuvent être affûtées que par polissage, une technique qui les rend d’une efficacité redoutable. En effet, une surface parfaitement lisse permet une meilleure répartition des ondes de choc, ce qui évite à la hache d’éclater à l’usage.

Les progrès de l’emmanchement

Les lames de pierre sont insérées par forçage dans un manche droit en bois de frêne ou d’érable, au départ directement. Elles sont par la suite associées à une gaine en bois de cerf, pièce intermédiaire qui facilite l’absorption des ondes de choc lors du travail ; la très rare hache retrouvée emmanchée à Abbeville (Somme) [ image 1 ] atteste ce procédé. Cet emmanchement permet des économies notables de matière première et de temps de travail, car les lames peuvent être plus courtes et cassent moins souvent. La hache est aussi rendue plus légère et plus maniable.

DE LA MINE À L’UTILISATEUR

Les premiers mineurs

En plus des carrières à ciel ouvert qu’ils exploitaient, les hommes ont commencé à creuser des mines. Le site de la Fresne dans l’Orne [ image 2 ] en offre un bel exemple avec son puits profond de 20 mètres et ses réseaux de galeries. Pour l’extraction des pierres, les mineurs utilisaient des pics en bois de cerf [ image 3 ]. L’apparition des premières mines prouve la nouvelle préoccupation des hommes de bien gérer leurs ressources en matières premières. Ces pierres pouvaient circuler sur de longues distances comme le montrent les haches de Bernon. Sur les seize haches du dépôt, six sont en fibrolite, une roche locale, mais les dix autres ont été façonnées dans de la jadéite qui a voyagé des Alpes italiennes jusqu’en Bretagne, soit non moins de 800 kilomètres. Cette spécialisation du travail a entraîné une production dépassant les besoins des populations locales, ce qui a permis ces échanges extrarégionaux.

À chacun sa tâche

Au cours du Ve millénaire apparaissent de nouveaux artisans spécialisés dans la production des lames de hache désormais indispensables. Celles-ci sont dégrossies sur le site même d’extraction ou à proximité. On façonne d’abord une ébauche [ image 4 ] , puis la lame est bouchardée par martelage de façon à écraser les arêtes vives. Tout ce processus demande une grande habileté.

Ensuite, le travail de polissage incombe à l’acquéreur et porte soit seulement sur les tranchants, soit sur toute la surface de la lame. L’opération se fait avec un polissoir mobile ou fixe constitué d’une roche abrasive, souvent du grès. Cette tâche pouvait s’échelonner sur plusieurs semaines à raison de quelques heures par jour.

PLUS QU’UTILITAIRE : LA HACHE SYMBOLE

La plupart des haches polies en roche verte bretonnes ont été retrouvées dans des sépultures mégalithiques (dolmens) : elles accompagnaient les défunts dans l’au-delà. C’est aussi vraisemblablement le cas pour les haches de Bernon, même si les circonstances de leur découverte restent floues et ne permettent pas d’exclure d’autres hypothèses. Quoi qu’il en soit, ce qui frappe en examinant ces lames, c’est leur perfection. Entièrement polies, elles luisent magnifiquement sous la lumière. Il est improbable que des pièces si grandes et si lourdes aient un jour été emmanchées. De plus, leur tranchant est d’une trop grande finesse pour qu’elles aient pu servir à l’abattage d’un arbre. Certaines d’entre elles présentent par ailleurs une perforation (b) qui semble prévue pour le passage d’un lien, ce qui en ferait des objets d’apparat.

Pierre et Anne-Marie Pétrequin, spécialistes du Néolithique en France, ont étudié les Papous d’Irian Jaya (Indonésie) qui utilisaient encore les haches polies au XXe siècle. Ils ont bien noté que les belles lames [ image 5 ] sont des marqueurs de rang social symbolisant la richesse, le pouvoir et le prestige de leur propriétaire.

Les somptueuses haches de Bretagne en pierre verte semi-précieuse peuvent elles aussi être envisagées sous cet angle. Les sociétés néolithiques semblent donc avoir été des sociétés hiérarchisées, comme les fouilles de certaines sépultures et habitations paraissent également le montrer.

Christine Vève

Permalien : http://panoramadelart.com/haches-polies-bernon

Publié le 25/07/2014

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ressources internet

  1. Fabriquer une hache polie dans le sud des Vosges, 4000 av. J.-C.
    http://www.cerimes.fr/le-catalogue/fabriquer-une-hache-polie-le-sud-des-vosges-4
  2. Film « la hache polie en Nouvelle-Guinée »
    http://www.canal-u.tv/video/cerimes/yemele_la_hache_de_pierre_polie_en_nouvelle_
  3. « Comment faire sans fer ? La hache polie au Néolithique », une exposition virtuelle proposée par le Conseil des musées de Poitou-Charentes sur le site www.alienor.org
    http://www.alienor.org/ARTICLES/hache/index.htm
  4. « Les ateliers de hache en pierre polie de Seledin-Plussulien », un article de Gaby le Cam, pour le Bulletin de la Société d’Archéologie et d’Histoire du Pays de Lorient
    http://www.sahpl.asso.fr/SITE_SAHPL/Le_Cam_Plussulien.htm
  5. « La hache polie de Lagor (Pyrénées-Atlantiques) : production du Ve millénaire », un article de Pierre Pétrequin, Serge Cassen, Michel Errera, Yvan Pailler et Estelle Gauthier
    http://www.academia.edu/972365/la_hache_polie_de_Lagor_Pyrénées-Atlantiques_un
  6. « Les haches en jadéite de Vendeuil », un dossier de l’Institut national de recherches archéologiques préventives, réalisé par Ghislaine Billand, archéologue à l’Inrap, et Pierre Pétrequin, directeur de recherche au CNRS
    http://www.inrap.fr/userdata/flash/Les-haches-de-Vendeuil-new/datas/pdf/HachesVe
  7. « Haches alpines et haches carnacéennes dans l’Europe du Ve millénaire », extrait d’un article de Pierre Pétrequin, Serge Cassen, Christophe Croutsch et Olivier Weller paru dans la revue Notae Praehistoricae, 17-1997, p. 135-150
    http://www.naturalsciences.be/mars/resolveuid/c49b3b1e98dd82e10aa502aeb540a452
  8. Voir aussi le site Histoiredesarts.culture.fr

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glossaire

Martelage :
Technique de métallurgie consistant à mettre en forme au marteau une plaque de métal posée sur une pièce de bois.
Néolithique :
En Europe occidentale, le Néolithique s’étend entre 6000 et 2000 av. J.-C. environ. Il se caractérise par la sédentarisation des groupes humains, l’apparition de l’agriculture, de l’élevage et des arts du feu.
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