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L’Harmonie triomphant de la Discorde, L’Immortalité devançant le Temps Les Quadriges

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Apollon/Harmonie triomphant de la Discorde La Renommée/Immortalité triomphant du Temps
Les quadriges
auteur(s) : Georges Récipon (1860-1920)
dimension : 6 m x 6 m x 6m
matériaux : Cuivre - fer - lest
technique : Cuivre repoussé
provenance : Paris, Grand Palais (75008)
datation : 1898-1901
lieu de conservation : Paris, Grand Palais (75008)
Apollon/Harmonie triomphant de la Discorde La Renommée/Immortalité triomphant du Temps
Les quadriges
auteur(s) : Georges Récipon (1860-1920)
dimension : 6 m x 6 m x 6m
matériaux : Cuivre - fer - lest
technique : Cuivre repoussé
provenance : Paris, Grand Palais (75008)
datation : 1898-1901
lieu de conservation : Paris, Grand Palais (75008)
Apollon/Harmonie triomphant de la Discorde La Renommée/Immortalité triomphant du Temps
Les quadriges
auteur(s) : Georges Récipon (1860-1920)
dimension : 6 m x 6 m x 6m
matériaux : Cuivre - fer - lest
technique : Cuivre repoussé
provenance : Paris, Grand Palais (75008)
datation : 1898-1901
lieu de conservation : Paris, Grand Palais (75008)
Quel message la IIIe République fait-elle passer dans la mise en scène des deux quadriges du Grand Palais ?

Deux spectaculaires quadriges (glossaire), œuvres majeures de Georges Récipon, ornent les extrémités de la façade principale du Grand Palais. L’élan des chevaux contraste avec la pose du conducteur du char (aurige). Le monument n’a rien d’un arc de triomphe romain ; pourquoi ce décor glorieux ? Les attelages sont en surplomb de la corniche ; qui est l’auteur de ce tour de force ?

Un décor glorieux

Inspirées de l’antiquité, les compositions sont identiques : un personnage est sur un char tiré par quatre chevaux au galop. Leur arrivée repousse un deuxième personnage dans le vide. Chaque groupe illustre une allégorie de la lutte du Bien contre le Mal. Côté Seine, l’attelage est mené par Apollon image principale, le dieu du soleil et des arts. Le bel éphèbe ouvre les bras vers le ciel en signe de victoire : il est l’Harmonie qui renverse la Discorde, une femme au visage déformé par la colère. Côté Champs-Elysées, le même quadrige célèbre la Renommée image b, la messagère des dieux. Couronnée de lauriers, elle apporte deux autres couronnes et tient la trompette avec laquelle elle proclame les noms des héros inscrits sur sa tablette. Toute gloire étant éternelle, la Renommée triomphe du Temps représenté lui par un vieil homme à la faux. L’allégorie prend ainsi le nom d’Immortalité. Ensemble, ces pendants racontent les ambitions de la IIIe République pour le Grand Palais. Apollon rappelle que le monument est construit pour l’Exposition universelle de 1900, évènement incarnant autant le génie humain que la fraternité entre les peuples. L’œuvre fait face au Pont Alexandre III lui-même dédié à l’alliance franco-russe. L’allégorie honore ainsi la politique du gouvernement du président Emile Loubet.  D’autre part, le Grand Palais a été construit pour durer. Après l’exposition, il accueille des manifestations montrant l’art français et le savoir-faire national. Créateurs et entrepreneurs sont assurés de la protection symbolique de la Renommée/Immortalité et plus concrètement de l’Etat.

Un souffle épique

Le sujet, de source antique, découle plus particulièrement des groupes sculptés que l’on trouve sur les arcs de triomphe romains. Ce thème est repris au XIXe siècle dans les décors urbains avec par exemple, à Paris, l’Arc de triomphe du Carrousel du Louvre (1828) réalisé par François Bosio.

Les groupes du Grand Palais en diffèrent par une interprétation plus dynamique : les chevaux ne marchent pas avec la majesté attendue d’un triomphe romain. Dressés sur leurs antérieurs, ils s’élancent dans l’espace. La presse loue leur  « souffle épique ». Cette verve rappelle l’inspiration baroque des compositions mythologiques du XVIIe siècle (le Char d’Apollon de Tuby en 1671 ou les Chevaux du soleil de Marsy 1675 à Versailles). L’interprétation est en vogue jusqu’à la fin du XIXe siècle (Fontaine des Girondins à Bordeaux,1894-1902).

Mais Georges Récipon est certainement davantage marqué par le tempérament romantique de ses premiers maîtres : dès l’enfance, il est proche du sculpteur animalier Antoine-Louis Barye (1796 -1875) ; il le suit dans ses derniers cours au Jardin des plantes. Il a certainement aussi côtoyé Pierre Louis Rouillard (1820-1881) sculpteur au Museum d’Histoire naturelle (Le cheval à la herse datant de 1878 , exposé au Musée d’Orsay). Comme eux, il est fasciné par les chevaux : dessinés, peints ou sculptés, au repos ou au travail, l’animal est toujours montré avec force et fougue.

Une attention aux détails

En 1900, l’Antiquité est encore le modèle absolu de l’art officiel et de l’enseignement à l’Ecole des Beaux-Arts. Tous les décors des façades du Grand Palais l’attestent : les thèmes sont vertueux et les corps idéalisés.

Georges Récipon se conforme aux attentes (il est lui-même médaillé des Beaux-Arts), néanmoins ses chevaux retiennent aussi l’attention par le réalisme des détails anatomiques : expressions des têtes, dilatation des narines, présence des muscles, saillies des veines sur les ventres.

L’effet est à ce point persuasif qu’il masque d’autres choix eux irréalistes : l’attelage part dans des directions opposées pour l’esthétique de l’ensemble, les chars sont à l’envers pour bien voir l’Harmonie et la Renommée/Immortalité, et les personnages ne tiennent pas les rênes pour avoir une attitude glorieuse.

Un tour de force technique

Au-delà du dynamisme et de l’expressivité de la composition, les groupes s’imposent aussi par l’audace de leur installation : chaque groupe pèse 12 tonnes et les quadriges sont en surplomb à 25 mètres de haut. Les sculptures creuses sont enchâssées et fixées sur une structure métallique ; des lests intérieurs font contrepoids pour stabiliser l’ensemble sur la corniche étroite. Le travail de chaudronnerie a été réalisé dans les ateliers Monduit, là où fut également réalisée à partir de 1875 la Statue de la Liberté éclairant le monde (New York) du sculpteur Auguste Bartholdi.

Pour des raisons de coût, les groupes ne seront pas dorés comme le prévoyait initialement la commande. Ils reçoivent une simple patine brune pour protéger les surfaces des intempéries. Celle-ci a rapidement et naturellement viré au vert à la grande satisfaction du sculpteur : son œuvre était bien différenciée des groupes équestres de Frémiet qui ornent le Pont Alexandre III.


 

Caroline Dubail

Permalien : http://panoramadelart.com/quadrige-grandpalais

Publié le 09/09/2016

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ressources internet

  1. Dossiers pédagogiques du Grand Palais
    http://www.grandpalais.fr/fr/article/tous-nos-dossiers-pedagogiques
  2. Voir aussi le site Histoiredesarts.culture.fr

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glossaire

Allégorie :
Représentation figurée d’une idée abstraite.
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