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Mariage mystique de saint François d’Assise Sassetta, Stefano Di Giovanni di Console dit (1392-vers 1450)

Mariage mystique de saint François d’Assise
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  • <i>Annonciation avec saint Ansano et sainte Marguerite (?), quatre prophètes</i>1
  • <i>La Vierge et l’Enfant entourés de six anges, saint Antoine de Padoue, saint Jean l’Évangéliste</i>2
  • <i>Le bienheureux Ranieri Rasini délivre les pauvres d’une prison de Florence</i>3
  • <i>Le bienheureux Ranieri Rasini montre aux frères l’âme de l’avare de Citerna emportée par les démons</i>4
  • Polyptique de la Miséricorde5
Mariage mystique de saint François d’Assise
auteur(s) : Sassetta, Stefano Di Giovanni di Console dit (1392-vers 1450)
dimension : H. 95 cm ; L. 58 cm
matériaux : peinture sur bois
technique : tempera
datation : 1437-1444
lieu de conservation : Chantilly, musée Condé
Mariage mystique de saint François d’Assise
Mariage mystique de saint François d’Assise
auteur(s) : Sassetta, Stefano Di Giovanni di Console dit (1392-vers 1450)
dimension : H. 95 cm ; L. 58 cm
matériaux : peinture sur bois
technique : tempera
datation : 1437-1444
lieu de conservation : Chantilly, musée Condé
Annonciation avec saint Ansano et sainte Marguerite (?), quatre prophètes
Annonciation avec saint Ansano et sainte Marguerite (?), quatre prophètes
auteur(s) : Lippo Memmi (connu de 1317 à 1347) et Simone Martini (vers 1284-1344)
dimension : H. 265 cm ; L. 305 cm
matériaux : peinture sur bois, fond d’or
technique : détrempe
provenance : Italie, Sienne, cathédrale, autel de saint Ansano
datation : 1333
lieu de conservation : Italie, Florence, galerie des Offices
La Vierge et l’Enfant entourés de six anges, saint Antoine de Padoue, saint Jean l’Évangéliste
La Vierge et l’Enfant entourés de six anges, saint Antoine de Padoue, saint Jean l’Évangéliste
Panneau central : Vierge à l’Enfant
auteur(s) : Sassetta, Stefano Di Giovanni di Console (1392-vers 1450)
dimension : H. 207 cm ; L. 232 cm
matériaux : huile sur bois
technique : peinture
provenance : Italie, Sansepolcro, église San Francesco (maître autel)
datation : 1437
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Le bienheureux Ranieri Rasini délivre les pauvres d’une prison de Florence
Le bienheureux Ranieri Rasini délivre les pauvres d’une prison de Florence
auteur(s) : Sassetta, Stefano Di Giovanni di Console dit (1392-vers 1450)
dimension : H. 43 cm ; L. 63 cm
matériaux : huile sur bois (peuplier)
technique : détrempe
datation : 1437
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Le bienheureux Ranieri Rasini montre aux frères l’âme de l’avare de Citerna emportée par les démons
Le bienheureux Ranieri Rasini montre aux frères l’âme de l’avare de Citerna emportée par les démons
auteur(s) : Sassetta, Stefano Di Giovanni di Console dit (1392-vers 1450)
dimension : H. 45 cm ; L. 58 cm
matériaux : huile sur bois (peuplier)
technique : détrempe
datation : 1437
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Polyptique de la Miséricorde
Polyptique de la Miséricorde
Partie centrale : Vierge de Miséricorde
auteur(s) : Piero Della Francesca (vers 1422-1492)
dimension : H. 273 cm ; L. 323 cm
matériaux : huile et or sur bois
technique : tempera, dorure
datation : 1445-1462
lieu de conservation : Italie, Sansepolcro, Museo Civico

Le Mariage mystique de saint François avec la Pauvreté : une scène inventée par Sassetta

Le panneau peint par Stefano Di Giovanni, dit Sassetta, représente un épisode de la vie de saint François d’Assise : après avoir abandonné le confort matériel et tourné le dos à sa jeunesse dissipée, saint François entreprend de restaurer l’Église en se consacrant aux aumônes et à la prédication et en choisissant de vivre dans la pauvreté. Il rassemble autour de lui des compagnons et soumet au pape la règle de son ordre, approuvée en 1210.

Thomas de Celano, premier biographe de saint François, saint Bonaventure dans La Légende dorée ou encore l’auteur anonyme des Fioretti ont raconté ses nombreux renoncements à toute richesse, mais la scène de sa rencontre avec Dame Pauvreté, représentée par Sassetta, n’y est nullement décrite.

Incarnées par trois jeunes femmes, la Pauvreté (vêtue de brun et pieds nus), l’Obéissance (en rouge) et la Chasteté (en blanc) occupent le centre de la composition [ image principale ]. À gauche, saint François, reconnaissable à son froc à capuchon et à sa ceinture de corde, passe l’anneau au doigt de la Pauvreté. Le dynamisme de son mouvement tranche avec le calme retenu du compagnon représenté derrière lui. La partie supérieure droite du tableau montre l’envol des trois jeunes femmes, survenant l’instant d’après. La Pauvreté se tourne pour adresser un sourire à saint François.

Sienne : l’autre Renaissance

Sassetta est un artiste majeur de la première moitié du XVe siècle. Il travaille à Sienne, une commune située à 70 kilomètres de Florence qui apparaît très originale tant par son organisation politique que par son école de peinture. Après avoir connu son âge d’or au XIVe siècle [ image 1 ], l’école siennoise est décimée par la peste noire de 1348. La moitié de la population de la ville disparaît, et la production des artistes s’éteint. Sassetta appartient à la génération qui, à partir des années 1420, lui donne un second souffle.

La représentation du Mariage mystique de saint François montre la volonté de Sassetta de faire revivre la tradition du siècle précédent : ainsi, le caractère longiligne et la délicatesse des silhouettes, leur disproportion avec le paysage – notamment avec l’évocation architecturale de la ville d’Arezzo dans la partie droite – ou encore la juxtaposition de deux moments simultanés du récit sont autant de caractéristiques du style gothique. De même, la douceur des couleurs et l’atmosphère onirique de la scène, pleine de poésie, sont propres à l’école siennoise. Néanmoins, Sassetta est un artiste moderne : depuis le retable de la Madonna delle Neve, qu’il réalise en 1430, il apparaît qu’il connaît les innovations de la Renaissance florentine et qu’il les maîtrise. Ainsi le panneau montre-t-il, dans la description du paysage, l’utilisation de la perspective linéaire, avec un point de fuite situé au centre, au niveau de la ceinture de la jeune femme en rouge. Le passage sans transition entre le premier plan et le lointain fait partie des jeux formels auxquels il s’adonne souvent, à la recherche de solutions singulières. De même, le bain de lumière froide qui enveloppe les formes et le dégradé du bleu du ciel montre ses affinités avec les recherches des peintures ombriens, tel Piero Della Francesca.

L’un des plus extraordinaires retables du Quattrocento

Le panneau est acquis en 1879 par le duc d’Aumale, fils de Louis-Philippe, afin d’intégrer ses collections de peintures qu’il lègue en 1886 à l’Institut de France. Il s’avère qu’il appartenait au retable de saint François, démantelé et vendu à partir du XVIe siècle, et dont la reconstitution virtuelle a été tentée par les historiens de l’art à partir des années quarante.

Ce retable avait été commandé par les franciscains de la bourgade de Borgo San Sepolcro pour orner le maître-autel de l’église de leur couvent. Sassetta s’engage à peindre les panneaux dans un délai de quatre ans (il en mit sept), pour la somme de 510 florins, à l’époque la plus importante jamais concédée à un peintre.

Le projet est des plus ambitieux : un polyptyque peint sur sa face et son revers afin d’être visible à la fois par les fidèles depuis la nef et par les moines assis dans le chœur. Conformément aux conceptions franciscaines, un parallèle est proposé entre la figure du Christ, représenté au centre [ image 2 ] et entouré de figures saintes, et saint François d’Assise, nouveau Christ, présenté en gloire au revers, encadré de huit scènes de sa vie. À la prédelle, côté face, se déployaient des scènes de la vie d’un moine de la congrégation, enterré sous l’autel, le bienheureux Ranieri Rasini, auteur de miracles [ image 3 ] [ image 4 ], et, au revers, des scènes de la vie du Christ. Vingt-huit panneaux ont à ce jour été proposés, mais davantage ornaient certainement la partie supérieure du retable. Le polyptyque devait en compter au total une soixantaine, et atteindre une hauteur de 5,50 mètres.

La scène du Mariage mystique de saint François prenait donc place au revers, située chronologiquement dans la vie du saint entre l’épisode de la Stigmatisation et celui des Funérailles.

Exceptionnel par ses dimensions et l’ampleur de son programme, le polyptyque de saint François confirme aussi la personnalité originale de son auteur, capable de réaliser une synthèse de la tradition siennoise et des recherches des grands artistes de son temps. Admiré par Piero Della Francesca, il lui inspire la composition de sa Vierge d’humilité [ image 5 ], tirée de la figure de saint François en gloire.

Stéphanie Elhouti-Cabanne

Permalien : http://panoramadelart.com/sassetta-mariage-mystique-de-saint-francois-d-assise

Publié le 19/03/2015

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ressources internet

  1. Présentation de l’histoire du retable
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Mariage_mystique_de_saint_Fran%C3%A7ois_d%27Assi
  2. Biographie et analyse des trois grands retables de l’artiste, avec beaucoup d’iconographie
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Sassetta_(peintre)
  3. Analyse approfondie de l’œuvre de Sassetta
    http://tarotsanciens.canalblog.com/archives/2012/03/21/23665335.html
  4. Voir aussi le site Histoiredesarts.culture.fr

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glossaire

Fioretti :
« Petites fleurs ». Recueil anonyme du XIVe siècle racontant la vie et les miracles de saint François, sur un mode anecdotique et naïf, plein de poésie. Ce recueil rencontre un très grand succès, venant concurrencer le récit de saint Bonaventure, considéré comme la version officielle par les franciscains.
Perspective linéaire :
Mode de représentation tridimensionnel de l’espace mis au point à Florence au début du XVe siècle, consistant à représenter un objet ou une figure d’un point de vue fixe, celui du spectateur, en projetant les lignes du tableau vers un point (ou plusieurs), dit point de fuite.
Polyptyque :
Ensemble de panneaux, peints et/ou sculptés, présentant des scènes religieuses et destinés à prendre place au-dessus de l’autel. Ces panneaux pouvaient être articulés et peints sur leurs deux faces.
Stigmatisation :
Dans la religion catholique, fait de recevoir miraculeusement les blessures du Christ, au front, aux pieds et aux mains. De nombreux saints ont reçu les stigmates, dont saint François d’Assise.
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