Dame au chignon « à double coque » | Panorama de l'art

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Dame au chignon « à double coque »

Dame au chignon « à double coque ». Découverte dans le Nord de la Chine. VIIIe siècle, sculpture polychrome (terre cuite, pigments), 47 cm. Paris, musée national des Arts asiatiques – Guimet (MA 6106)
  • Dame au chignon « à double coque »a
  • Danseuse et Dame d’honneur1
  • Dame de cour à la robe bleue2
  • Dizang coiffé du châle3
  • Carte de la Chine 4
Dame au chignon « à double coque »
dimension : H. 47 cm
matériaux : terre cuite, pigments
technique : sculpture, polychromie
provenance : Chine, Nord
datation : VIIIe siècle
lieu de conservation : Paris, musée national des Arts asiatiques – Guimet
Dame au chignon « à double coque ». Découverte dans le Nord de la Chine. VIIIe siècle, sculpture polychrome (terre cuite, pigments), 47 cm. Paris, musée national des Arts asiatiques – Guimet (MA 6106)
Dame au chignon « à double coque »
dimension : H. 47 cm
matériaux : terre cuite, pigments
technique : sculpture, polychromie
provenance : Chine, Nord
datation : VIIIe siècle
lieu de conservation : Paris, musée national des Arts asiatiques – Guimet
Danseuse et Dame d’honneur. Découvertes en Chine. VIIe siècle, sculpture polychrome (terre cuite, pigments). Paris, musée national des Arts asiatiques – Guimet (MA6102, MA 6103)
Danseuse et Dame d’honneur
matériaux : terre cuite, pigments
technique : sculpture, polychromie
provenance : Chine, Nord
datation : VIIIe siècle
lieu de conservation : Paris, musée Guimet – musée national des Arts asiatiques
Dame de cour à la robe bleue. Découverte en Chine. VIIIe siècle, sculpture et glaçure (terre cuite vernissée), 38,5 × 6,5 cm. Paris, musée national des Arts asiatiques – Guimet (MA 4720)
Dame de cour à la robe bleue
dimension : H. 38,5 cm ; L. 6,5 cm
matériaux : terre cuite vernissée
technique : céramique, glaçure
provenance : Chine
datation : VIIIe siècle
lieu de conservation : Paris, musée Guimet – musée national des Arts asiatiques
Dizang coiffé du châle. Détail de la partie inférieure droite : donatrice et moine. Découvert à Dunhuang, dans la province du Gansu, en Chine. Seconde moitié du Xe siècle, peinture sur soie, 76 × 58,7 cm. Paris, musée national des Arts asiatiques – Guimet (MG 17664)
Dizang coiffé du châle
Détail de la partie inférieure droite : donatrice et moine
dimension : H. 76 cm ; L. 58,7 cm
matériaux : peinture, soie
technique : peinture sur soie
provenance : Chine, province du Gansu, Dunhuang
datation : seconde moitié du Xe siècle
lieu de conservation : Paris, musée Guimet – musée national des Arts asiatiques
Quelle était la fonction de cette statuette ? Que nous apprend-elle de la mode féminine chinoise au temps de la dynastie Tang ?

Modelée en terre cuite et peinte de couleurs vives, cette statuette représentant une dame de cour image principale Elle a été découverte dans le Nord de la Chineimage 4et date du VIIIe siècle. Elle est un exemple emblématique de l’art de la dynastie Tang (618-907).

Une statuette pour l’au-delà

La provenance exacte de cette figurine est inconnue, mais elle devait faire partie d’un groupe de statuettes déposé dans la tombe d’un riche personnage de l’époque.

À l’exemple de l’empereur et de son épouse, princes, princesses et hauts fonctionnaires étaient enterrés dans de riches tombes sous tumulus. Creusées sous terre, celles-ci comprenaient un long couloir conduisant à des chambres funéraires, qui pouvaient être décorées de peintures murales et meublées de différents objets ou personnages conçus comme des substituts en terre cuite. Ces représentations de soldats, de membres de la cour ou encore d’animaux familiers évoquaient la vie terrestre du défunt et étaient destinés à accompagner le mort dans l’autre monde. Ces mingqi (« objets brillants ») avaient également pour rôle d’éclairer le chemin du défunt vers l’au-delà.

Une élégante de la cour

La jeune femme ici représentée est figurée debout, dans un mouvement plein d’élégance, en légère torsion, comme surprise par quelqu’un. Elle porte une longue jupe bleue ornée de motifs floraux et dont la fluidité évoque la soie. Le haut est fait d’un caraco rouge, dont les longues manches enveloppent les bras et cachent les mains, signe d’élégance sous les Tang. Ses chaussures à bout pointu évoquent les poulaines. La rondeur du visage de la jeune femme est accentuée par la coloration rouge de ses joues et son lourd chignon à double coque.

Donner la vie en façonnant l’argile

Entièrement modelé en argile, le personnage repose sur un petit socle qui permet de le stabiliser. Une fois séchée, l’argile a été cuite puis peinte à froid. Il est tout à fait exceptionnel qu’une statuette aussi ancienne possède encore des couleurs si vives.

Si certaines des statuettes étaient réalisées en série grâce à des moules, d’autres, comme cette dame, étaient façonnées individuellement par un potier. L’artisan se fait alors artiste, créant un objet unique, cherchant, comme ici, à imprimer la vie au personnage, à rendre la qualité du tissu et la richesse du costume. L’œuvre n’a cependant pas été signée, et son auteur reste anonyme.

Un témoignage de la mode féminine sous les Tang

Les statuettes en terre cuite ont été déposées, parfois par centaines, dans les riches tombes de l’élite de la dynastie Tang. Elles nous renseignent avec beaucoup de détails sur les costumes et les modes de l’époque. Ainsi, on observe qu’au VIIe siècle, le canon féminin était aux silhouettes élancées et minces image 1, alors qu’au VIIIe, il est aux formes plus rondes image 2, à l’image de la concubine préférée de l’empereur, la belle Yang Guifei. Pour mettre en valeur cette rondeur, les robes se font plus amples et le visage est encadré par un chignon à deux coques enveloppantes.

Le maquillage, rouge sur les joues et sourcils doublés, renforce la majesté de ces élégantes de la cour. Souvent, un ornement en forme de croissant de lune, d’oiseau ou de fleur, fait d’une fine feuille métallique, est posé sur le front ou la joue image 3, une mode qui perdure jusqu’au Xe siècle.

Exemple rare par sa polychromie intacte, cette dame du VIIIe siècle reflète l’évolution de la conception de la beauté féminine dans la Chine des Tang. Elle reste très vivante par son attitude et son jeu d’expression.

Modèle en 3D

 

Vinca Baptiste

Permalien : https://panoramadelart.com/dame-chignon-tang-mingqi

Publié le 09/12/2021

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ressources internet

  1. Notice de l'eouvre du musée national des Arts asiatiques – Guimet
    https://www.guimet.fr/collections/chine/dame-au-chignon-mingqi-substitut-funerai
  2. S’interroger sur les femmes dans l’Empire chinois avec le livre de Danielle Elisseeff, La Femme au temps des empereurs de Chine (1988)
    https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4804746c
  3. Pour en savoir plus sur Yang Guifei, concubine préférée de l’empereur
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Yang_Guifei
  4. Dynastie des Tang au musée Cernuschi
    https://www.cernuschi.paris.fr/fr/collections/collections-chinoises/dynasties-su
  5. Voir aussi le site Histoiredesarts.culture.fr

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glossaire

Caraco :
Vêtement féminin consistant en un corsage à manches longues.
Poulaine :
Chaussure à bout pointu portée à la fin du Moyen-Âge en France.
Tombe à tumulus :
Sépulture recouverte d’un monticule artificiel.
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