Manège de cochons | Panorama de l'art

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Manège de cochons Ancien titre : Manège électrique Robert Delaunay (1885-1941)

Manège de cochons Robert Delaunay (1885-1941)
  • Manège de cochonsa
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  • Manège de cochonsd
  • Maquette pour l’entrée du hall des Réseaux du Palais des chemins de fer1
  • Salon des Tuileries, 19382
  • Rythme n°13
Manège de cochons
Ancien titre : Manège électrique
auteur(s) : Robert Delaunay (1885-1941)
dimension : H. 248 cm ; L. 254 cm
matériaux : huile sur toile
technique : peinture
datation : 1922
lieu de conservation : Paris, Centre Pompidou – musée national d’Art moderne – Centre de création industrielle
Manège de cochons Robert Delaunay (1885-1941)
Manège de cochons
Ancien titre : Manège électrique
auteur(s) : Robert Delaunay (1885-1941)
dimension : H. 248 cm ; L. 254 cm
matériaux : huile sur toile
technique : peinture
datation : 1922
lieu de conservation : Paris, Centre Pompidou – musée national d’Art moderne – Centre de création industrielle
Manège de cochons Détail des deux jambes gainées de noir Robert Delaunay (1885-1941)
Manège de cochons
Détail des deux jambes gainées de noir
Ancien titre : Manège électrique
auteur(s) : Robert Delaunay (1885-1941)
dimension : H. 248 cm ; L. 254 cm
matériaux : huile sur toile
technique : peinture
datation : 1922
lieu de conservation : Paris, Centre Pompidou – musée national d’Art moderne – Centre de création industrielle
Manège de cochons Partie basse de la composition, personnage masculin Tristan Tzara Robert Delaunay (1885-1941)
Manège de cochons
Partie basse de la composition, personnage masculin Tristan Tzara
Ancien titre : Manège électrique
auteur(s) : Robert Delaunay (1885-1941)
dimension : H. 248 cm ; L. 254 cm
matériaux : huile sur toile
technique : peinture
datation : 1922
lieu de conservation : Paris, Centre Pompidou – musée national d’Art moderne – Centre de création industrielle
Manège de cochons Partie centrale, silhouettes de cochons Robert Delaunay (1885-1941)
Manège de cochons
Partie centrale, silhouettes de cochons
Ancien titre : Manège électrique
auteur(s) : Robert Delaunay (1885-1941)
dimension : H. 248 cm ; L. 254 cm
matériaux : huile sur toile
technique : peinture
datation : 1922
lieu de conservation : Paris, Centre Pompidou – musée national d’Art moderne – Centre de création industrielle
Maquette pour l’entrée du hall des Réseaux du Palais des chemins de fer Robert Delaunay (1885-1941)
Maquette pour l’entrée du hall des Réseaux du Palais des chemins de fer
Réalisée dans le cadre de l’Exposition internationale des arts et techniques (Paris, 1937)
auteur(s) : Robert Delaunay (1885-1941)
dimension : H. 107 cm ; L. 202 cm ; P. 15 cm
matériaux : Isorel, peinture sur bois, sable
technique : peinture, modélisme
datation : 1937
lieu de conservation : Paris, Centre Pompidou – musée national d’Art moderne – Centre de création industrielle
Salon des Tuileries, 1938 Marc Vaux (1895-1971)
Salon des Tuileries, 1938
auteur(s) : Marc Vaux (1895-1971)
matériaux : tirage argentique sur papier
technique : photographie
datation : 1938
lieu de conservation : Paris, Centre Pompidou – musée national d’Art moderne – Centre de création industrielle, bibliothèque Kandinsky
Rythme n°1 Robert Delaunay (1885-1941)
Rythme n°1
auteur(s) : Robert Delaunay (1885-1941)
dimension : H. 276 cm ; L. 301 cm
matériaux : laine
technique : tapisserie
datation : 1938
lieu de conservation : Aubusson, musée départemental de la Tapisserie
Comment transposer sur la toile, en formes et en couleurs, le tourbillon de la ville moderne ?

Robert Delaunay est un artiste français dont le nom est associé au cubisme et à l’abstraction. Avec sa femme, Sonia, il est le fondateur de l’orphisme.

Initié à la peinture par son oncle, marqué par le courant néo-impressionniste, il expose ses premiers tableaux au Salon des indépendants dès 1906. Puis, sous l’influence du cubisme, son style évolue. Ses recherches le poussent à explorer la représentation du mouvement au travers de la couleur. Il fréquente les milieux de l’avant-garde : des poètes comme Guillaume Apollinaire et Tristan Tzara, et des peintres comme Vassily Kandinsky et Fernand Léger. Il participe à de nombreux salons et s’intéresse aux courants novateurs en France et à l’étranger. Guillaume Apollinaire le considère alors comme le peintre le plus influent de son temps avec Pablo Picasso. Mais la Première Guerre mondiale éclate, et Robert Delaunay se réfugie en Espagne et au Portugal. À son retour, il diversifie son travail par la création de nouveaux matériaux picturaux qu’il introduit dans ses compositions. Ainsi, il expérimente l’utilisation du plâtre, du sable, du liège et du ciment. Puis, il choisit de travailler sur de grands formats et déclare vouloir faire la « révolution dans les murs ». Enfin, il intègre art et architecture dans ses dernières compositions monumentales.

Paris, ville lumière

Robert Delaunay grandit à Paris, dans cette capitale effervescente et transformée par toutes sortes de nouveautés. La tour Eiffel domine désormais le Champ-de- Mars, les panneaux-réclames envahissent les murs et l’électricité éclaire les rues. La ville, sans cesse en mouvement, est une source de sensations nouvelles. Le jeune artiste cherche à la représenter par la couleur. En 1922, il exécute Manège de cochons image a, œuvre dans laquelle il cherche à reproduire le mouvement et la lumière et à faire entendre la musique des fêtes foraines de la capitale.

Des cercles colorés rythment la surface de la toile. Presque carrée, de grande taille, elle vibre de toute l’énergie dégagée par les combinaisons des motifs circulaires qui, parfois, se chevauchent et semblent se déplacer dans l’espace. Le peintre retient les accords de couleurs primaires et complémentaires. De larges mouvements rotatifs peints en blanc font rayonner la composition. C’est une évocation lumineuse et étourdissante d’un tour de manège. On aperçoit, en haut de la scène, deux jambes gainées de noir image b qui semblent englouties dans ce tourbillon. La représentation intègre d’autres éléments figuratifs : le portrait du poète Tristan Tzara image c, son ami, reconnaissable à son chapeau et son monocle, ainsi que quelques silhouettes de cochons de bois image d.

Le peintre décrit le tableau comme « une orchestration mouvementée voulant obtenir un grand éclat ». Le format de la toile, bien que déjà grand, semble finalement limité pour évoquer un tel spectacle.

Un succès

C’est la troisième fois que Robert Delaunay traite ce thème, mais les toiles qu’il avait précédemment réalisées en 1906 et 1913 ont été détruites par l’artiste lui-même. Lorsque le peintre expose Manège de cochons, d’abord en 1922 à la galerie Paul-Guillaume, puis en 1923 au Salon des indépendants, le tableau est salué par la presse.

La toile illustre à la perfection le langage coloré établi par Robert Delaunay. En 1926, il propose le tableau pour le décor de l’un des films de la série Le P’tit Parigot de René Le Somptier. L’artiste voit dans le cinéma la possibilité de rassembler enfin tous les univers qui l’interpellent : image, lumière, musique, décors.

Contrastes simultanés

Robert Delaunay étudie la loi des contrastes simultanés établie par le chimiste Michel-Eugène Chevreul dès 1839. Les recherches du savant démontrent comment la perception des couleurs diffère selon leur agencement : juxtaposée à une autre ou au contraire isolée, une même tonalité peut être perçue différemment dans sa teinte ou sa luminosité. L’homme de sciences définit une loi qui établit les correspondances entre les couleurs. Lorsqu’une couleur primaire (bleu, rouge, jaune) est placée à côté de sa complémentaire (orange pour le bleu, vert pour le rouge et violet pour le jaune), les deux  tendent, par contraste, à s’exalter.

Ces références et analyses sont très utiles au peintre qui, dès 1912, explore les capacités de la couleur à évoquer l’énergie vibratoire de la lumière. C’est dorénavant l’unique objet de sa peinture. Pour Robert Delaunay, tout est mobile, et chaque tonalité induit un mouvement plus ou moins rapide selon son intensité, sa superficie, son voisinage. Il introduit une dynamique giratoire dans ses compositions, comme dans Formes circulaires, soleil no 2.

Il n’est plus question de perspective, de dessin, de clair-obscur. Dans cet art abstrait, tout n’est que plage colorée. C’est une époque intense de production et d’innovation, et un tournant majeur dans l’œuvre de l’artiste.

Vers les années 1930

L’œuvre annonce déjà celles des années 1930, marquées par une recherche de monumentalité. Lors de l’Exposition universelle de 1937, Robert Delaunay réalise des décors immenses pour le Palais de l’air et celui des chemins de fer image 1. L’année suivante, il travaille à celui du Salon des Tuileries image 2 image 3. Avec ces grands décors, le peintre aspire à toucher un plus large public. Son œuvre a une influence sur les artistes abstraits de la génération suivante, notamment ceux de l’art optico-cinétique, comme Victor Vasarely.

Véronique Duprat-Roumier

Permalien : https://panoramadelart.com/manege-cochons-delaunay

Publié le 15/03/2019

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ressources internet

  1. La notice de l’œuvre sur le site du Centre Pompidou
    https://www.centrepompidou.fr/cpv/ressource.action?param.id=FR_R-59a49ab5d4cb881
  2. La notice d’une autre œuvre de Robert Delaunay, La Fenêtre, sur le site du musée de Grenoble
    http://www.museedegrenoble.fr/TPL_CODE/TPL_OEUVRE/PAR_TPL_IDENTIFIANT/13/UTB_RES
  3. Le site du musée Guggenheim de New York, qui conserve d’autres œuvres de Robert Delaunay
    https://www.guggenheim.org/
  4. Voir aussi le site Histoiredesarts.culture.fr

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glossaire

Clair-obscur :
Répartition des ombres et des lumières sur une peinture, de telle sorte que les couleurs les plus sombres se juxtaposent aux plus claires et produisent un fort effet de contraste.
Composition :
Manière de disposer des figures, des motifs ou des couleurs dans l’élaboration d’une œuvre.
Cubisme :
Courant artistique, né peu avant la guerre de 1914, dont les pionniers furent Pablo Picasso et Georges Braque. Il porte un nouveau regard sur l’objet, dont les volumes et les plans peuvent être représentés de manière stylisée et vus simultanément sous plusieurs angles. Il s’inspire à la fois des recherches formelles de Paul Cézanne et des arts premiers.
Orphisme :
Mouvement dont les principes sont posés par Robert et Sonia Delaunay. Il s’agit d’une forme de cubisme qui tend vers l’abstraction et dont les caractéristiques sont la lumière, les couleurs et les formes géométriques. Le mouvement tire son nom d’un poème de Guillaume Apollinaire, Orphée, publié en 1908.
Perspective :
Technique qui permet de représenter l’espace et les objets avec de la profondeur et des volumes sur une surface plane pour donner l’illusion de la troisième dimension.
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