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Vue imaginaire de la Grande Galerie du Louvre en ruines Hubert Robert (1733-1808)

Vue imaginaire de la Grande Galerie du Louvre en ruines
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  • Louvre : Grande Galerie01
  • <i>Esclave mourant</i>02
  • Cratère à décor dyonisiaque03
  • <i>Hubert Robert (1733-1808), peintre</i>04
  • <i>Projet d’aménagement de la Grande Galerie du Louvre en 1796</i>05
  • <i>Le Jeune Mendiant</i>06
  • <i>Pierre du Terrail, seigneur de Bayard (1476-1524)</i>07
  • <i>Projet d’aménagement de la Grande Galerie, vers 1789</i>08
  • <i>Le Temple de la Sibylle à Tivoli</i>09
  • <i>Caprice architectural avec prédicateur dans des ruines romaines</i>10
Vue imaginaire de la Grande Galerie du Louvre en ruines
auteur(s) : Hubert Robert (1733-1808)
dimension : H. 114 cm ; L. 146 cm
matériaux : huile sur toile
technique : peinture
datation : 1796
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Vue imaginaire de la Grande Galerie du Louvre en ruines
Vue imaginaire de la Grande Galerie du Louvre en ruines
auteur(s) : Hubert Robert (1733-1808)
dimension : H. 114 cm ; L. 146 cm
matériaux : huile sur toile
technique : peinture
datation : 1796
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Vue imaginaire de la Grande Galerie du Louvre en ruines
Vue imaginaire de la Grande Galerie du Louvre en ruines
auteur(s) : Hubert Robert (1733-1808)
dimension : H. 114 cm ; L. 146 cm
matériaux : huile sur toile
technique : peinture
datation : 1796
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Louvre : Grande Galerie
Louvre : Grande Galerie
Aile Denon, premier étage, département des Peintures. Au centre : Artémis à la biche
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Esclave mourant
Esclave mourant
auteur(s) : Michel-Ange, Michelangelo Buonarroti dit (1475-1564)
dimension : H. 227,7 cm ; L. 72,4 cm ; P. 53,5 cm
matériaux : marbre
technique : sculpture
datation : 1513-1515
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Cratère à décor dyonisiaque
Cratère à décor dyonisiaque
Face 1 : Dionysos et danseuse au tympanon
Vase Borghèse
dimension : H. 172 cm ; D. 135 cm
matériaux : marbre
technique : sculpture
provenance : Grèce
datation : vers 40-30 av. J.-C.
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Hubert Robert (1733-1808), peintre
Hubert Robert (1733-1808), peintre
auteur(s) : Élisabeth Louise Vigée-Lebrun (1755-1842)
dimension : H. 105 cm ; L. 84 cm
matériaux : huile sur bois
technique : peinture
datation : 1788
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Projet d’aménagement de la Grande Galerie du Louvre en 1796
Projet d’aménagement de la Grande Galerie du Louvre en 1796
À droite, Hubert Robert peignant
auteur(s) : Hubert Robert (1733-1808)
dimension : H. 112 cm ; L. 143 cm
matériaux : huile sur toile
technique : peinture
datation : 1796
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Le Jeune Mendiant
Le Jeune Mendiant
auteur(s) : Bartolome Esteban Murillo (1618-1682)
dimension : H. 134 cm ; L. 100 cm
matériaux : huile sur toile
technique : peinture
datation : XVIIe siècle
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Pierre du Terrail, seigneur de Bayard (1476-1524)
Pierre du Terrail, seigneur de Bayard (1476-1524)
auteur(s) : Charles-Antoine Bridan (1730-1805)
dimension : H. 210 cm ; L. 88 cm ; P. 92 cm
matériaux : marbre
technique : sculpture
datation : 1785-1790
lieu de conservation : Versailles, châteaux de Versailles et de Trianon
Projet d’aménagement de la Grande Galerie, vers 1789
Projet d’aménagement de la Grande Galerie, vers 1789
auteur(s) : Hubert Robert (1733-1808)
dimension : H. 46 cm ; L. 55 cm
matériaux : huile sur toile
technique : peinture
datation : vers 1789
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Le Temple de la Sibylle à Tivoli
Le Temple de la Sibylle à Tivoli
auteur(s) : Hubert Robert (1733-1808)
dimension : H. 16,3 cm ; L. 22,3 cm
matériaux : sanguine sur papier
technique : dessin
provenance : Pierre-Jean Mariette – cabinet du Roi
datation : fin du XVIIIe – début du XIXe siècle
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Caprice architectural avec prédicateur dans des ruines romaines
Caprice architectural avec prédicateur dans des ruines romaines
Caprice architectural représentant la pyramide de Caïus Cestius, le temple de Minerva Medica, l’obélisque d’Auguste (piazza del Popolo) et les colonnades du forum de Nerva
auteur(s) : Giovanni Paolo Pannini (1691-1765)
dimension : H. 134 cm ; L. 96 cm
matériaux : huile sur toile
technique : peinture
provenance : donation Kaufmann-Schlageter
datation : XVIIIe siècle
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre

La Grande Galerie du Louvre détruite par le temps

Le regard pénètre dans une vue légèrement décentrée de la Grande Galerie du Louvre [ image principale ] [ image 1 ]. Scandée de colonnes supportant des corniches, sa voûte est largement détruite, ouverte sur le ciel. Une perspective rapide conduit à l’extrémité de la galerie. Le point de fuite, placé très bas, à droite, laisse la part belle à l’état dégradé du bâtiment, aménageant au premier plan une mince bande de sol, jonchée de débris, d’œuvres lacunaires, où des personnages anonymes vaquent à leurs occupations. Au centre, un artiste dessine la seule œuvre intacte, l’Apollon du Belvédère [ détail b ]. À droite émerge de fragments architecturaux l’Esclave mourant de Michel-Ange [ image 2 ], à moitié détruit, au côté du vase Borghèse [ image 3 ].

La naissance du Muséum central des arts

Le peintre Hubert Robert [ image 4 ] a peint ce tableau en 1796 comme pendant au Projet d’aménagement de la Grande Galerie [ image 5 ]. Associées, les deux toiles présentent une mise en parallèle de l’aménagement idéal du musée, alors récemment créé (ouvert le 10 août 1793), avec sa vision dans de nombreux siècles, rongé par le temps. Lorsque les pendants furent présentés au Salon de 1796, la Grande Galerie venait de fermer pour travaux. Ils n’évoquent donc pas la réalité, mais constituent des capricci.

Bien qu’imaginaires, ils s’inscrivaient dans l’actualité. Abandonné par Louis XIV, le palais du Louvre avait fait l’objet de plusieurs aménagements. Il abritait notamment les académies. Face à son délabrement, dénoncé par les philosophes, des travaux furent entamés sous Louis XV. Parallèlement germait l’idée d’y créer un muséum. Alors que la salle des Antiques et la Grande Galerie constituaient déjà un petit musée, une politique d’acquisition d’œuvres nouvelles [ image 6 ] fut entamée sous Louis XVI et une série de sculptures représentant les hommes illustres commandée [ image 7 ]. Robert, membre de la commission du futur musée dès 1778 et garde (conservateur) des tableaux du Roi à partir de 1784, avait participé activement à la réflexion sur l’aménagement de la Grande Galerie destinée à accueillir les chefs-d’œuvre des collections royales, proposant un éclairage zénithal [ image 8 ].

« Robert des ruines »

L’idée d’associer un événement contemporain à une vue de ruines n’a rien de surprenant de la part de Robert. Il avait en effet effectué l’essentiel de sa formation en Italie. Confronté aux vestiges de la Rome antique, il avait visité Pompéi et réalisé de nombreux dessins de vestiges antiques mêlés à la nature [ image 9 ]. Il avait en outre découvert des artistes comme Piranèse et Pannini, qui s’étaient fait une spécialité de la représentation pittoresque des ruines, parfois combinées en vues imaginaires [ image 10 ]. À son retour en France, il avait rencontré un vif succès grâce à ce genre d’œuvres qui lui avait valu le surnom de « Robert des ruines ».

La « poétique des ruines »

Ici, il ne s’agit pas de ruines du passé mais de ruines futures. Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, l’Antiquité gréco-romaine jouit d’un tel prestige que la notion même de ruines prend un nouveau sens. Témoins de la grandeur des civilisations, elles inspirent un profond respect et deviennent un sujet à part entière. Les savants les étudient, les artistes les représentent et les philosophes y puisent leurs sujets de méditation. Denis Diderot les célèbre dans son Salon de 1767 (« Les idées que les ruines réveillent en moi sont grandes. »). Elles doivent inciter les artistes à recréer, au-delà des siècles, la perfection classique ; ainsi le dessinateur anonyme du tableau reproduit-il l’Apollon du Belvédère [ détail b ], quintessence du canon gréco-romain, sous les auspices de Raphaël, dont le buste repose sur le socle. Musée à vocation universelle, le Louvre se trouve ainsi confronté, par une vertigineuse accélération du temps, aux exemples du passé et à un avenir lointain où il sera devenu l’équivalent de l’héritage antique, incarnation de la permanence de l’art face aux ravages du temps.

Hubert Robert, un précurseur du romantisme ?

Malgré son enthousiasme pour le musée dont il a vu la création, Robert exprime un certain désenchantement. Le cataclysme révolutionnaire ne l’a pas épargné (arrêté, il séjourna presqu’un an en prison) et représenta pour sa génération la destruction de nombreux édifices nationaux et, plus encore, la fin d’un monde. La dimension mélancolique des ruines, écho de la finitude de toute chose, rencontra un succès européen et inspira des artistes du romantisme naissant, tels les auteurs Gœthe et Chateaubriand et les peintres Turner et Friedrich.

Stéphanie Elhouti-Cabanne

Permalien : http://panoramadelart.com/robert-vue-imaginaire-de-la-grande-galerie-du-louvre-en-ruines

Publié le 19/03/2015

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ressources internet

  1. Analyse du pendant et histoire de la création du musée du Louvre sur le site L’Histoire par l’image
    http://www.histoire-image.org/site/etude_comp/etude_comp_detail.php?i=111&d=11&c
  2. Biographie du peintre et présentation de son œuvre
    http://domaine-de-sceaux.hauts-de-seine.net/les-oeuvres-du-mois/le-parc-de-merev
  3. Biographie du peintre accompagnée d’une riche iconographie
    http://www.appl-lachaise.net/appl/article.php3?id_article=3191
  4. Voir aussi le site Histoiredesarts.culture.fr

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glossaire

Perspective :
Technique qui permet de représenter l’espace et les objets avec de la profondeur et des volumes sur une surface plane pour donner l’illusion de la troisième dimension.
Salon :
Au XVIIIe siècle les expositions des membres de l’Académie royale de peinture et de sculpture se tenaient dans le Salon carré du Louvre. Le terme « Salon » désigne par la suite toutes les expositions régulières organisées par l’Académie.
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