Édicule pour la station de métro Porte Dauphine Guimard Hector

Édicule pour le métropolitain

Dimensions

Provenance

Technique

Matériaux

Datation

1910

Lieu de conservation

Paris, station Porte Dauphine

Une révolution architecturale au service d’une innovation technique ? La nature dans le métro ?

Hector Guimard, tout jeune architecte, accompagne le lancement de l'Art nouveau en France. Fortement influencé par le Belge Victor Horta, il rompt avec la tradition, utilise le fer et l'acier pour la structure des bâtiments et s'inspire de la nature. En 1889, il doit réaliser les entrées des stations du métro, le tout nouveau mode de transport parisien.

La rencontre entre un homme et un transport

Ce n'est pas à un inconnu que la Compagnie du chemin de fer parisien (CMP) récemment créée passe commande de bouches de métro originales : à 33 ans, Hector Guimard a déjà construit des immeubles à Paris et créé du mobilier (des meubles uniques) adapté aux espaces qu'il a conçus.

Touche-à-tout de génie, Guimard est aussi un précurseur de la standardisation industrielle : il souhaite diffuser le nouvel art, aux antipodes des façades rectilignes des immeubles haussmanniens, à grande échelle. Il opte pour des matériaux simples et produits en série : pierre pour les soubassements, fonte de fer pour les structures, lave émaillée pour les panneaux [ image 1 ] et verre pour les toitures.

La libellule

Pour ses entrées de métro, Guimard envisage plusieurs modèles qui vont de la simple descente [ image 2 ] jusqu'à l'édicule. Le bel exemple de la Porte Dauphine [ image principale ] présente une verrière à double pente, soutenue par trois piliers et dotée d'un auvent. Le toit est conçu en lames de verre assemblées sur un châssis de poutrelles en fonte. L'entrée ressemble à un insecte.

Pour en arriver à ce résultat, l'architecte réalise de nombreux croquis préparatoires, comme cette entrée de la station Gare de Lyon [ image 3 ], qui met en évidence le rôle essentiel de la courbe dans son travail. Très vite, les Parisiens surnomment les entrées de Guimard les « libellules ». La nature n'est pas loin.

Ode à la nature

« C'est à la nature qu'il faut toujours demander conseil », assure Hector Guimard. L'architecte explore et exploite la flore et la faune. Il s'inspire des tiges et des feuilles, ou des pattes d'insectes [ image 2 ]. Il transpose les modèles de la nature dans son œuvre. Surtout, il use de lignes nerveuses et dynamiques qui tranchent sur celles de l'architecture classique. Les silhouettes courbes et rythmées de ses bouches animent la rue parisienne [ image 4 ].

Oublié et redécouvert

Très violemment critiqué par la société de l'époque, qui lui reproche une influence allemande et l'utilisation d'un vert honni, Hector Guimard cède aux critiques et arrête ses réalisations pour la CMP. Il a néanmoins conçu 86 entrées, dont certaines seront démontées en 1931. Admiré et controversé de son vivant pour ses audacieuses créations, il poursuit son travail d'« architecte d'art » selon sa propre définition et réalise des hôtels particuliers et du mobilier de « style Guimard » où asymétrie, arabesques et longues lignes courbes se côtoient [ image 5 ]. Dans les années 1960, l'Art nouveau redevient à la mode. Et en 1978, les édicules de Guimard sont classés aux monuments historiques. Enfin en 2000, la station Châtelet renoue avec le style de Guimard : la libellule renaît.

L'Art nouveau revit dans les constructions célèbres de l'architecte espagnol Gaudi qui utilise fer forgé, mobilier, vitraux, sculptures, mosaïques, céramiques dans une conception organique de la décoration et intègre tous ces éléments dans la structure même de ses constructions.

Sous la direction de Cécile Maisonneuve

Permalien : https://panoramadelart.com/analyse/edicule-pour-la-station-de-metro-porte-dauphine

Publié le 22/09/2022

Ressources

Glossaire

Art nouveau : Style qui se développe dès la fin du XIXe siècle, d'abord en Belgique et en France. Il s’épanouit dans l’architecture et dans les arts décoratifs. La recherche de fonctionnalité est une des préoccupations de ses architectes et designers. L’Art nouveau se caractérise par des formes inspirées de la nature, où la courbe domine.