Le Bain | Panorama de l'art

  1. préhistoire
  2. antiquité
  3. moyen âge
  4. temps modernes
  5. XIXe siècle
  6. XXe siècle
  1. préhistoire
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  3. moyen âge
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  6. XXe siècle


Le Bain La Femme au bain, La Baignoire Alfred Stevens (1823-1906)

Alfred Stevens (1823-1906), Le Bain, dit aussi La Femme au bain ou La Baignoire. Vers 1867, peinture (huile sur toile), 73,5 × 92,8 cm. Paris, musée d’Orsay (INV 20846)
  • Le Baina
  • La Petite Baigneuse. Intérieur de harem1
  • Femme dans son bain s’épongeant la jambe10
  • Le Tepidarium, « salle où les femmes de Pompéi venaient se reposer ou se sécher en sortant du bain »2
  • Baigneuses3
  • Le Déjeuner sur l’herbe4
  • Ce qu’on appelle le vagabondage5
  • Rentrée du monde6
  • Le Tub7
  • Rousse (La Toilette)8
  • Vénus anadyomène9
Le Bain
La Femme au bain, La Baignoire
auteur(s) : Alfred Stevens (1823-1906)
dimension : H. 73,5 cm ; L. 92,8 cm
matériaux : huile sur toile
technique : peinture
datation : vers 1867
lieu de conservation : Paris, musée d’Orsay
Alfred Stevens (1823-1906), Le Bain, dit aussi La Femme au bain ou La Baignoire. Vers 1867, peinture (huile sur toile), 73,5 × 92,8 cm. Paris, musée d’Orsay (INV 20846)
Le Bain
La Femme au bain, La Baignoire
auteur(s) : Alfred Stevens (1823-1906)
dimension : H. 73,5 cm ; L. 92,8 cm
matériaux : huile sur toile
technique : peinture
datation : vers 1867
lieu de conservation : Paris, musée d’Orsay
Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780-1867), La Petite Baigneuse. Intérieur de harem. 1828, peinture (huile sur toile), 35 × 27 cm. Paris, musée du Louvre (RF 1728)
La Petite Baigneuse. Intérieur de harem
auteur(s) : Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780-1867)
dimension : H. 35 cm ; L. 27 cm
matériaux : huile sur toile
technique : peinture
datation : 1828
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Edgar Degas (1834-1917), Femme dans son bain s’épongeant la jambe. Vers 1883, pastel (pastel sur monotype), 19,7 × 41 cm. Paris, musée d’Orsay (RF 4043, Recto, RF 4043)
Femme dans son bain s’épongeant la jambe
auteur(s) : Edgar Degas (1834-1917)
dimension : H. 19,7 cm ; L. 41 cm
technique : pastel sur monotype
datation : vers 1883
lieu de conservation : Paris, musée d’Orsay
Théodore Chassériau (1819-1856), Le Tepidarium, « salle où les femmes de Pompéi venaient se reposer ou se sécher en sortant du bain ». 1853, peinture (huile sur toile), 171 × 258 cm. Paris, musée d’Orsay (RF 71)
Le Tepidarium, « salle où les femmes de Pompéi venaient se reposer ou se sécher en sortant du bain »
auteur(s) : Théodore Chassériau (1819-1856)
dimension : H. 171 cm ; L. 258 cm
matériaux : huile sur toile
technique : peinture
datation : 1853
lieu de conservation : Paris, musée d’Orsay
Gustave Courbet (1819-1877), Baigneuses, dit aussi Deux femmes nues. 1858, peinture (huile sur toile), 115,4 × 155,5 cm (à l’origine ; tronqué entre 1930 et 1950 d’environ 65 cm à la partie supérieure et d’environ 20 cm à la partie inférieure). Ornans, musée Gustave-Courbet (dépôt du musée d’Orsay ; MNR 876)
Baigneuses
Deux femmes nues
auteur(s) : Gustave Courbet (1819-1877)
dimension : H. 115,4 cm ; L. 155,5 cm (à l’origine ; tronqué entre 1930 et 1950 d’environ 65 cm à la partie supérieure et d’environ 20 cm à la partie inférieure)
matériaux : huile sur toile
technique : peinture
datation : 1858
lieu de conservation : Ornans, musée Gustave-Courbet (dépôt du musée d’Orsay)
Édouard Manet (1832-1883), Le Déjeuner sur l’herbe, dit aussi Le Bain ou La Partie carrée. 1863, peinture (huile sur toile), 207 × 265 cm. Paris, musée d’Orsay (RF 1668)
Le Déjeuner sur l’herbe
Le Bain, La Partie carrée
auteur(s) : Édouard Manet (1832-1883)
dimension : H. 207 cm ; L. 265 cm
matériaux : huile sur toile
technique : peinture
datation : 1863
lieu de conservation : Paris, musée d’Orsay
Alfred Stevens (1823-1906), Ce qu’on appelle le vagabondage, dit aussi Les Chasseurs de Vincennes. 1854, peinture (huile sur toile), 131 × 164,5 cm. Paris, musée d’Orsay (RF 20847)
Ce qu’on appelle le vagabondage
Les Chasseurs de Vincennes
auteur(s) : Alfred Stevens (1823-1906)
dimension : H. 131 cm ; L. 164,5 cm
matériaux : huile sur toile
technique : peinture
datation : 1854
lieu de conservation : Paris, musée d’Orsay
Alfred Stevens (1823-1906), Rentrée du monde, dit aussi La Femme en jaune, retour du bal ou Rentrée du bal. Vers 1867, peinture (huile sur bois), 85 × 75 cm. Compiègne, musée national du château de Compiègne (C.53.D.73)
Rentrée du monde
La Femme en jaune, retour du bal, Rentrée du bal
auteur(s) : Alfred Stevens (1823-1906)
dimension : H. 85 cm ; L. 75 cm
matériaux : huile sur toile
technique : peinture
datation : vers 1867
lieu de conservation : Compiègne, musée national du château de Compiègne
Edgar Degas (1834-1917), Le Tub. 1886, pastel (pastel sur carton), 60 × 83 cm. Paris, musée d’Orsay (RF 4046, Recto, RF 4046)
Le Tub
auteur(s) : Edgar Degas (1834-1917)
dimension : H. 60 cm ; L. 83 cm
matériaux : dessin
technique : pastel sur carton
datation : 1886
lieu de conservation : Paris, musée d’Orsay
Henri de Toulouse-Lautrec (1864-1901), Rousse (La Toilette). Détail. 1889, peinture (huile sur carton), 67 × 54 cm. Paris, musée d’Orsay (RF 2242)
Rousse (La Toilette)
Détail
auteur(s) : Henri Fantin-Latour (1836-1904)
dimension : H. 67 cm ; L. 54 cm
matériaux : huile sur carton
technique : peinture
datation : 1889
lieu de conservation : Paris, musée d’Orsay
Théodore Chassériau (1819-1856), Vénus anadyomène, dite aussi Vénus marine. 1838, peinture (huile sur toile), 65,5 × 55 cm. Paris, musée du Louvre (RF 2262)
Vénus anadyomène
Vénus marine
auteur(s) : Théodore Chassériau (1819-1856)
dimension : H. 65,5 cm ; L. 55 cm
matériaux : huile sur toile
technique : peinture
datation : 1838
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Comment ce tableau reflète-t-il les préoccupations pour l’hygiène au XIXe siècle, tout en s’inscrivant dans une tradition picturale ?

« Un Flamand qui est plus parisien que tous les Parisiens », pouvait-on lire dans Gil Blas en 1893 à propos d’Alfred Stevens, né à Bruxelles, mais installé à Paris dès 1849. Quand il peint Le Bain image principale en 1867, sa carrière est à son apogée. La toile est montrée avec dix-huit autres tableaux à l’Exposition universelle, qui se tient à Paris. L’artiste obtient la médaille d’or et le grade d’officier de la Légion d’honneur.

Un sujet moderne ou une actualisation d’un sujet ancien ?

Le thème de la baigneuse ici exploré par Stevens est fréquent dans l’art du XIXe siècle. Dans les peintures de Jean-Dominique-Auguste Ingres, la baigneuse évolue dans un univers orientaliste image 1. Chez Théodore Chassériau, ce sont les thermes antiques de Pompéi qui servent de cadre à l’intimité féminine image 2.

Avec Gustave Courbet image 3, Édouard Manet image 4, Frédéric Bazille et Gustave Caillebotte, le sujet prend une tournure plus moderne : baignades dans des rivières, sur les bords de la Seine ou sur les côtes normandes. Stevens appartient à cette génération d’artistes. D’abord connu dans les années 1850 pour ses peintures de scènes de la réalité sociale image 5, il se tourne par la suite vers des représentations de Parisiennes élégantes image 6.

Dans l’intimité de l’une des rares salles de bain du XIXe siècle

Avec ce tableau, Stevens nous invite dans l’une des rares salles de bain du XIXe siècle.

Le spectateur devine que la femme prend un bain chaud, dans lequel elle peut se prélasser un certain temps comme le suggèrent le livre posé près d’elle et la montre. La baignoire en cuivre étamé dotée d’un robinet en col de cygne atteste d’un confort moderne : bénéficier de l’eau courante était inimaginable avant le milieu du XIXe siècle.

Cette salle de bain est-elle celle d’un hôtel particulier de grand luxe ou d’un établissement de bains publics ? Le modèle est vêtu d’une chemise, et ne se baigne donc pas nu, ce qui pourrait bien correspondre au règlement d’un bain public tel que Les Bains de Diane au 5 rue Volney, à Paris ; conséquence d’une politique hygiéniste, ces établissements se sont multipliés dans le Paris du Second Empire. À cette époque, les baignoires sont réservées à une élite : elles peuvent être en zinc, en cuivre étamé, mais aussi en argent ou en marbre, au sein des luxueux hôtels particuliers comme celui où s’installe la célèbre Païva, au 25 avenue des Champs-Élysées, en 1866. Dans la sphère privée, on utilise cuvette, broc, bidet, éponge pour des ablutions partielles. Le tub, une bassine en zinc, se diffuse tardivement à la fin du siècle ; il est représenté dans les nombreuses scènes de femmes à leur toilette peintes par Edgar Degas image 7 et Henri de Toulouse-Lautrec image 8.

Une scène réaliste ou une allégorie ?

La composition en plan serré place le spectateur au plus près du modèle : une femme jeune, dont la précision des traits évoque un portrait. Le bracelet doré, la bague à l’annulaire gauche, la coiffure en chignon soignée enrichie d’un peigne diadème traduisent un milieu social aisé. L’expression du visage est pensive, rêveuse ; la jeune femme a abandonné sa lecture et tient négligemment une branche de rosier blanc.

À travers cette scène de genre, Stevens ne revisiterait-il pas le thème mythologique de l’union de Léda et de Zeus métamorphosé en cygne ? À moins qu’il n’ait souhaité peindre une Aphrodite moderne, prête à sortir de l’eau sur une conque trivialement transformée en baignoire image 9 ? En effet, la rose que tient négligemment la jeune femme est bien souvent associée à la beauté, dont elle traduit le caractère éphémère. La montre, l’eau qui s’écoule du robinet illustrent elles aussi cette idée du temps qui passe.

L’image de la beauté entretenue par le bain, conformément au conseil prodigué par Lola Montes dans son ouvrage L’Art de la beauté (1858), se teinte ici de mélancolie. Stevens nous donnerait-il à voir une peinture allégorique sous l’apparence d’une scène réaliste ?

« On n’a pas assez loué chez Stevens l’harmonie distinguée et bizarre des tons » (Charles Baudelaire, 1864)

Le gris marbré du mur, dans sa relative neutralité, participe à la mise en valeur de ce buste de femme dans son écrin de métal sur lequel joue la lumière.

La clarté de la peau trouve un écho dans la pâleur des roses ainsi que dans la blancheur des pages du livre et des linges au premier plan. En revanche, la porcelaine blanche du porte-savon contraste avec le noir de la montre et la profondeur de l’eau.

Les éléments métalliques que sont le robinet, le bracelet et la bague font écho aux mèches dorées de la chevelure. Le diadème cuivré, le rouge à lèvres et la surface rougie de la baignoire en cuivre apportent des tonalités plus chaudes.

Enfin, le vert de la tige de rosier rappelle les traces d’oxydation du cuivre.

Le bain, une source d’inspiration inépuisable

Stevens pose un regard sur l’intimité féminine sans voyeurisme ni trivialité. Il peint ses contemporaines en femmes élégantes, modernes, énigmatiques, souvent solitaires, sans doute en chemin vers leur émancipation.

Après lui, d’autres peintres exploreront le thème de la toilette, avec curiosité comme Edgar Degas image 10, ou empathie comme Henri de Toulouse-Lautrec. Quant à Gustave Caillebotte, il peindra l’homme au bain se séchant dans une intimité similaire . Le sujet deviendra même un objet de laboratoire de la couleur dans l’œuvre de Pierre Bonnard.

Véronique Zeller

Permalien : https://panoramadelart.com/bain-alfred-stevens

Publié le 23/11/2021

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ressources internet

  1. La fiche de l'oeuvre sur le musée d'Orsay
    https://www.musee-orsay.fr/fr/oeuvres/le-bain-976
  2. Voir aussi le site Histoiredesarts.culture.fr

Si vous connaissez des ressources intéressantes, partagez-les en nous envoyant un commentaire !

glossaire

Composition :
Manière de disposer des figures, des motifs ou des couleurs dans l’élaboration d’une œuvre.
Exposition universelle :
Présentation publique durant laquelle des produits de l’art et de l’industrie du monde entier sont exposés. La première a eu lieu à Londres en 1851.
Thermes :
Bains publics.
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