Ebih-Il | Panorama de l'art

  1. préhistoire
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  5. XIXe siècle
  6. XXe siècle
  1. préhistoire
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  3. moyen âge
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  6. XXe siècle


Ebih-Il

Ebih-Il. Provient du temple d’Ishtar, à Mari (Syrie). Vers 2400-2250 av. J.-C., sculpture (albâtre, lapis-lazuli, coquille, bitume), 52,5 × 20,6 × 30 cm. Paris, musée du Louvre (AO 17551)
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  • Ebih-Ile
  • Orant1
  • Orante2
  • Dépôt de fondation : clou et tablettes3
  • Frise d’un panneau de mosaïque4
  • Vase5
  • Déesse Ishtar se dévoilant6
Ebih-Il
dimension : H. 52,5 cm ; L. 20,6 cm ; P. 30 cm
matériaux : albâtre, lapis-lazuli, coquille, bitume
technique : sculpture
provenance : Syrie, Mari, temple d’Ishtar
datation : vers 2400-2250 av. J.-C.
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Ebih-Il. Provient du temple d’Ishtar, à Mari (Syrie). Vers 2400-2250 av. J.-C., sculpture (albâtre, lapis-lazuli, coquille, bitume), 52,5 × 20,6 × 30 cm. Paris, musée du Louvre (AO 17551)
Ebih-Il
dimension : H. 52,5 cm ; L. 20,6 cm ; P. 30 cm
matériaux : albâtre, lapis-lazuli, coquille, bitume
technique : sculpture
provenance : Syrie, Mari, temple d’Ishtar
datation : vers 2400-2250 av. J.-C.
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Ebih-Il (vue de profil droit). Provient du temple d’Ishtar, à Mari (Syrie). Vers 2400-2250 av. J.-C., sculpture (albâtre, lapis-lazuli, coquille, bitume), 52,5 × 20,6 × 30 cm. Paris, musée du Louvre (AO 17551)
Ebih-Il
Vue de profil droit
dimension : H. 52,5 cm ; L. 20,6 cm ; P. 30 cm
matériaux : albâtre, lapis-lazuli, coquille, bitume
technique : sculpture
provenance : Syrie, Mari, temple d’Ishtar
datation : vers 2400-2250 av. J.-C.
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Ebih-Il (vue de dos). Provient du temple d’Ishtar, à Mari (Syrie). Vers 2400-2250 av. J.-C., sculpture (albâtre, lapis-lazuli, coquille, bitume), 52,5 × 20,6 × 30 cm. Paris, musée du Louvre (AO 17551)
Ebih-Il
Vue de dos
dimension : H. 52,5 cm ; L. 20,6 cm ; P. 30 cm
matériaux : albâtre, lapis-lazuli, coquille, bitume
technique : sculpture
provenance : Syrie, Mari, temple d’Ishtar
datation : vers 2400-2250 av. J.-C.
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Ebih-Il (détail du visage). Provient du temple d’Ishtar, à Mari (Syrie). Vers 2400-2250 av. J.-C., sculpture (albâtre, lapis-lazuli, coquille, bitume), 52,5 × 20,6 × 30 cm. Paris, musée du Louvre (AO 17551)
Ebih-Il
Détail du visage
dimension : H. 52,5 cm ; L. 20,6 cm ; P. 30 cm
matériaux : albâtre, lapis-lazuli, coquille, bitume
technique : sculpture
provenance : Syrie, Mari, temple d’Ishtar
datation : vers 2400-2250 av. J.-C.
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Ebih-Il (détail de l’inscription dans le dos). Provient du temple d’Ishtar, à Mari (Syrie). Vers 2400-2250 av. J.-C., sculpture (albâtre, lapis-lazuli, coquille, bitume), 52,5 × 20,6 × 30 cm. Paris, musée du Louvre (AO 17551)
Ebih-Il
Détail de l’inscription dans le dos
dimension : H. 52,5 cm ; L. 20,6 cm ; P. 30 cm
matériaux : albâtre, lapis-lazuli, coquille, bitume
technique : sculpture
provenance : Syrie, Mari, temple d’Ishtar
datation : vers 2400-2250 av. J.-C.
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Orant. Provient du temple d’Ishtar, à Mari (Syrie). Vers 2600-2250 av. J.-C., sculpture (albâtre), 38,8 × 14,7 × 12,3 cm. Paris, musée du Louvre (AO 17569)
Orant
dimension : H. 38,8 cm ; L. 14,7 cm ; P. 12,3 cm
matériaux : albâtre
technique : sculpture
provenance : Syrie, Mari, temple d’Ishtar
datation : vers 2600-2250 av. J.-C.
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Orante. Provient du temple d’Ishtar, à Mari (Syrie). Vers 2600-2250 av. J.-C., sculpture (albâtre), 16,5 × 5,4 × 3,5 cm. Paris, musée du Louvre (AO 17561)
Orante
dimension : H. 16,5 cm ; L. 5,4 cm ; P. 3,5 cm
matériaux : albâtre
technique : sculpture
provenance : Syrie, Mari, temple d’Ishtar
datation : vers 2600-2250 av. J.-C.
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Dépôt de fondation : clou et tablettes. Provient du temple d’Ishtar, à Mari (Syrie). Vers 2600-2250 av. J.-C., cuivre, gypse, lapis-lazuli. Paris, musée du Louvre (AO 24409)
Dépôt de fondation : clou et tablettes
matériaux : cuivre, gypse, lapis-lazuli
provenance : Syrie, Mari, temple d’Ishtar
datation : vers 2600-2250 av. J.-C.
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Frise d’un panneau de mosaïque. Provient du temple d’Ishtar à Mari, en Syrie. Vers 2600-2250 av. J.-C., mosaïque (nacre, schiste noir, calcaire rose), 53,6 × 72 cm. Paris, musée du Louvre (AO 19820)
Frise d’un panneau de mosaïque
dimension : H. 53,6 cm ; L. 72 cm
matériaux : nacre, schiste noir, calcaire rose
technique : mosaïque
provenance : Syrie, Mari, temple d’Ishtar
datation : vers 2600-2250 av. J.-C.
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Vase. Provient du temple d’Ishtar à Mari, en Syrie.  Vers 2600-2250 av. J.-C., sculpture (chlorite), 24 × 20 cm. Paris, musée du Louvre (AO 26007)
Vase
dimension : H. 24 cm ; D. 20 cm
matériaux : chlorite
technique : sculpture
provenance : Syrie, Mari, temple d’Ishtar
datation : vers 2600-2250 av. J.-C.
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Plaquette gravée d’une représentation de la déesse Ishtar se dévoilant. Provient du temple d’Ishtar à Mari, en Syrie. Vers 2600-2250 av. J.-C., gravure (coquille), 3,1 × 2,1 × 0,2 cm. Paris, musée du Louvre (AO 18962)
Déesse Ishtar se dévoilant
dimension : H. 3,1 cm ; L. 2,1 cm ; P. 0,2 cm
matériaux : coquille gravée
provenance : Syrie, Mari, temple d’Ishtar
datation : vers 2600-2250 av. J.-C.
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre

Quel rôle jouait cet important personnage de la ville de Mari, il y a près de 4 500 ans ?

À partir des années 1930, les fouilles conduites à la frontière de la Syrie et de l’Irak ont permis de découvrir la ville de Mari, l’une des principales cités du Nord de la Mésopotamie. De nombreuses sculptures, datant du IIIe millénaire av. J.-C., sont retrouvées dans le temple d’Ishtar, déesse de l’amour et de la guerre. Elles témoignent non seulement de la haute qualité de la statuaire de Mari, mais aussi de l’influence de la culture des Sumériens au-delà du sud de la Mésopotamie. La statue d’Ebih-Il image principale en est le plus grand chef-d’œuvre.

 

Un grand chantier archéologique pendant plus de soixante-quinze ans

En 1934, l’archéologue français André Parrot entame des fouilles sur la colline de Tell Hariri, suite à la découverte fortuite d’une statue antique par des paysans syriens. Il y découvre plus d’une centaine de sculptures, dont trois portent des inscriptions nommant le personnage représenté. C’est le cas d’Ebih-Il, mais aussi d’Ishgi-Mari, qualifié de « roi de Mari » (musée d’Alep). Cette dernière inscription permet aux archéologues d’identifier le site. Les découvertes archéologiques sont alors partagées entre le musée du Louvre et celui d’Alep, en Syrie. Les fouilles françaises ont continué à Mari jusqu’en 2010.

 

Mari, une des principales cités de la Mésopotamie

La ville de Mari a été fondée vers 2900 av. J.-C. pour contrôler le commerce - entre l’Anatolie, le nord de la Syrie et la Mésopotamie . En effet, elle bénéficie d’une situation stratégique, au carrefour de ces différentes régions et de nombreuses denrées y transitent, surtout du bois et des métaux.

Construite sur un plan circulaire, la ville, fortifiée, est reliée par un canal à l’Euphrate. Elle comprend un palais royal et plusieurs temples, dont celui de la déesse Ishtar, où la statue d’Ebih-Il a été retrouvée.

Dans ce temple ont été faites des découvertes majeures : nombreuses statuettes d’orants de type sumérien image 1 image 2, mais aussi dépôts de fondation image 3, tableaux en mosaïque de nacre image 4 et vases en pierre image 5.

 

La statue d’Ebih-Il, chef-d’œuvre de la sculpture de Mari

Taillée dans un seul bloc de pierre, la statue d’Ebih-Il est exceptionnelle à bien des égards. Par sa taille d’abord, qui dépasse de loin celle des autres statuettes d’orants trouvées sur le site. Par son matériau ensuite, un albâtre local à grain très fin, au lieu du gypse plus commun. Par son attitude enfin : il est assis, comme un dieu ou un roi, sur un siège arrondi sans dossier, sans doute en vannerie, alors que la plupart des orants de Mari sont figurés debout.

Les mains d’Ebih-Il, aux doigts très fins, sont ramenées devant sa poitrine, l’une enserrant l’autre, dans un geste de prière qui caractérise les statues d’orants, dont la fonction est de perpétuer la prière du fidèle dans le temple.

Le buste nu du personnage contraste avec son imposante jupe en laine de mouton, appelée kaunakès image b, un vêtement d’origine sumérienne sans doute porté lors de rituels religieux. Le kaunakès est ici représenté de façon particulièrement réaliste : les longues mèches de laine, qui ondulent avec souplesse, sont soigneusement détaillées ; la queue du mouton a même été représentée au dos de la statue image c.

Ebih-Il porte une longue barbe ondulée, qui offre un autre contraste  avec son crâne chauve. Son visage légèrement souriant frappe par l’impression de vie intense qui s’en dégage image d. Le sourire et le regard expriment le lien entre l’adorant et la divinité. Les grands yeux sont incrustés de lapis-lazuli (importé de l’actuel Afghanistan) et de coquille du golfe Persique, maintenus par du bitume. À l’origine, les sourcils étaient eux aussi incrustés.

 

Qui était Ebih-Il ?

Ebih-Il est identifié par une inscription, gravée dans le dos, sur l’épaule droite image e. Elle se lit de droite à gauche : « Ebih-Il, nu-banda, a offert sa statue à Ishtar virile. » On pourrait traduire « nu-banda » par administrateur ou gouverneur. Chargé de la distribution des terres agricoles, de la gestion des offrandes dans les temples ou encore de questions militaires, Ebih-Il occupait ainsi un rôle de premier plan dans la cité.

Malheureusement, les incertitudes de la chronologie rendent difficile d’en savoir plus sur ce personnage. Pour certains, il aurait exercé sa charge auprès d’un roi de Mari à la fin de l’époque des Dynasties archaïques (2900-2340 av. J.-C). Mais comment un haut fonctionnaire, si important soit-il, peut-il être représenté assis, à l’égal d’un dieu ou d’un roi ?

Pour d’autres, la statue serait plus récente et daterait de l’époque d’Akkad. En effet, conquise par Sargon vers 2330 av. J.-C., Mari passa sous domination akkadienne. En suivant cette dernière hypothèse, Ebih-Il aurait été chargé d’administrer Mari au nom des souverains d’Akkad. Cela expliquerait l’attitude exceptionnelle du personnage et l’extraordinaire qualité de la sculpture.

Quant à la déesse Ishtar image 6, ici qualifiée de « virile », elle peut avoir un double aspect : féminin comme déesse de l’amour, et masculin comme déesse de la guerre.

 

Une inscription en écriture cunéiforme, révélatrice de l’influence de Sumer

Outre le style de la statue et le port du kaunakès, l’inscription en cunéiforme est elle aussi révélatrice de l’influence des Sumériens. Ce sont eux qui, vers 3300 av. J.-C., ont inventé cette écriture, appelée ainsi car les signes sont en forme de coin ou de clou (cuneus en latin). Mari témoigne ainsi de la diffusion de la civilisation sumérienne et de l’écriture cunéiforme vers le nord de la Mésopotamie au cours du IIIe millénaire.

Après s’être révoltée contre les souverains d’Akkad, la ville de Mari fut détruite, mais elle sut renaître de ses cendres. Elle redevint la capitale d’un puissant royaume au tournant du IIe millénaire, puis tomba dans l’oubli après une ultime destruction –en 1760 av. J.-C.

Françoise Besson et Hélène Bordier, en souvenir d’Évelyne Faivre-Martin

Permalien : https://panoramadelart.com/ebih-il-mari

Publié le 23/04/2021

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ressources internet

  1. « Il y a 5 000 ans : Mari, ville des bords de l’Euphrate », un site de la collection « Grands sites archéologiques » du ministère de la Culture
    https://archeologie.culture.fr/mari/fr
  2. Une présentation de la nouvelle salle consacrée aux collections de Mari au musée du Louvre par Sophie Cluzan, conservateur général du patrimoine, en 2019
    https://archeorient.hypotheses.org/12423
  3. Les ressources documentaires de l’exposition « L’histoire commence en Mésopotamie » présentée au musée du Louvre-Lens en 2016-2017
    http://ressources.louvrelens.fr/EXPLOITATION/mesopotamie.aspx
  4. Un entretien avec Pascal Butterlin, responsable de la Mission archéologique française à Mari de 2005 à 2010, en 2017
    https://www.cairn.info/revue-bulletin-de-l-institut-pierre-renouvin-2017-2-page-
  5. Une présentation de l’exposition présentée à l’Institut du monde arabe en 2014 célébrant les quatre-vingts ans de la découverte de Mari
    https://www.lesclesdumoyenorient.com/Voues-a-Ishtar-Syrie-1934-Andre-Parrot-deco
  6. Voir aussi le site Histoiredesarts.culture.fr

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glossaire

Akkad (Agadé) :
Nom de la capitale fondée par Sargon vers 2340 av. J.-C., et dont le site n’a jamais été retrouvé. Par extension, nom donné à l’empire qu’il avait conquis et à la période de domination de celui-ci (vers 2340-2200 av. J.-C.).
Dépôt de fondation :
Dans l’Antiquité, ensemble d’objets enfouis dans les fondations d’un temple pour le fixer symboliquement au sol et le protéger contre les forces mauvaises. En Mésopotamie, il comprend généralement des clous en cuivre et des tablettes inscrites indiquant le nom du temple et de son bâtisseur.
Mésopotamie :
« Le pays entre les fleuves ». Nom donné par les Grecs dans l’Antiquité à la plaine située entre le Tigre et l’Euphrate. Cette région correspond à l’Irak et à une partie de la Syrie actuels.
Orant :
Personnage représenté en prière.
Sargon :
Fondateur de l’empire d’Akkad (Agadé), qui domina la Mésopotamie et l’unifia sous son autorité de 2340 à 2200 av. J.-C. Le nom d’Akkad (Agadé) est donné à la capitale, à l’empire et à la période.
Sumériens :
Peuple de l’Antiquité habitant le pays de Sumer, dans le sud de l’actuel Irak. À la fin du IVe millénaire av. J.-C., les Sumériens inventent l’écriture cunéiforme et fondent les premières villes, dirigées par un roi qui cumule les fonctions politique, religieuse et militaire.
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