L’Île des morts | Panorama de l'art

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L’Île des morts Deuxième version Arnold Böcklin (1827-1901)

Arnold Böcklin (1827-1901), L’Île des morts (deuxième version). 1880, peinture (huile sur bois), 73,7 × 121,9 cm. États-Unis d’Amérique, New York, The Metropolitan Museum of Art (Reisinger Fund, 1926 [26.90])
  • L’Île des mortsa
  • L’Île des mortsb
  • L’Île des morts V1
  • Autoportrait avec la Mort jouant du violon2
  • Montre ronde3
  • Autoportrait4
L’Île des morts
Deuxième version
auteur(s) : Arnold Böcklin (1827-1901)
dimension : H. 73,7 cm ; L. 121,9 cm
matériaux : huile sur bois
technique : peinture
provenance : Reisinger Fund, 1926 (26.90)
datation : 1880
lieu de conservation : États-Unis d’Amérique, New York, The Metropolitan Museum of Art
Arnold Böcklin (1827-1901), L’Île des morts (deuxième version). 1880, peinture (huile sur bois), 73,7 × 121,9 cm. États-Unis d’Amérique, New York, The Metropolitan Museum of Art (Reisinger Fund, 1926 [26.90])
L’Île des morts
Deuxième version
auteur(s) : Arnold Böcklin (1827-1901)
dimension : H. 73,7 cm ; L. 121,9 cm
matériaux : huile sur bois
technique : peinture
provenance : Reisinger Fund, 1926 (26.90)
datation : 1880
lieu de conservation : États-Unis d’Amérique, New York, The Metropolitan Museum of Art
Arnold Böcklin (1827-1901), L’Île des morts (deuxième version ; détail de la barque). 1880, peinture (huile sur bois), 73,7 × 121,9 cm. États-Unis d’Amérique, New York, The Metropolitan Museum of Art (Reisinger Fund, 1926 [26.90])
L’Île des morts
Deuxième version ; détail de la barque
auteur(s) : Arnold Böcklin (1827-1901)
dimension : H. 73,7 cm ; L. 121,9 cm
matériaux : huile sur bois
technique : peinture
provenance : Reisinger Fund, 1926 (26.90)
datation : 1880
lieu de conservation : États-Unis d’Amérique, New York, The Metropolitan Museum of Art
Arnold Böcklin (1827-1901), L’Île des morts V (cinquième version). 1886, peinture (huile sur bois), 80,7 × 150 cm. Allemagne, Leipzig, Museum der bildenden Künste
L’Île des morts V
Cinquième version
auteur(s) : Arnold Böcklin (1827-1901)
dimension : H. 80,7 cm ; L. 150 cm
matériaux : huile sur bois
technique : peinture
datation : 1886
lieu de conservation : Allemagne, Leipzig, Museum der bildenden Künste
Arnold Böcklin (1827-1901), Autoportrait avec la Mort jouant du violon. 1872, peinture (huile sur toile), 75 × 61 cm. Allemagne, Berlin, Alte Nationalgalerie
Autoportrait avec la Mort jouant du violon
auteur(s) : Arnold Böcklin (1827-1901)
dimension : H. 75 cm ; L. 61 cm
matériaux : huile sur toile
technique : peinture
datation : 1872
lieu de conservation : Allemagne, Berlin, Alte Nationalgalerie
Jacques Jérôme Gudin, Montre ronde (fond du boîtier : Le Tombeau de Jean-Jacques Rousseau, d’après J.-M. Moreau le Jeune). Quatrième quart du XVIIIe siècle, orfèvrerie (ors de couleur, laiton doré, émail), 3,7 × 1,5 cm. Paris, musée du Louvre
Montre ronde
Fond du boîtier : Le Tombeau de Jean-Jacques Rousseau, d’après J.-M. Moreau le Jeune
auteur(s) : Jacques Jérôme Gudin
dimension : D. 3,7 cm ; P. 1,5 cm
matériaux : ors de couleur, laiton doré, émail
technique : orfèvrerie
provenance : Paris
datation : quatrième quart du XVIIIe siècle
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Arnold Böcklin (1827-1901), Autoportrait. 1873, peinture (huile sur toile), 61 × 48,9 cm. Allemagne, Hambourg, Hamburger Kunsthalle
Autoportrait
auteur(s) : Arnold Böcklin (1827-1901)
dimension : H. 61 cm ; L. 48,9 cm
matériaux : huile sur toile
technique : peinture
datation : 1873
lieu de conservation : Allemagne, Hambourg, Hamburger Kunsthalle

Quels symboles contient ce tableau énigmatique, devenu une icône de l’art germanique ?

Peintre suisse allemand, Arnold Böcklin a été formé dans sa ville natale de Bâle, avant d’étudier à l’académie de Düsseldorf, puis à Genève. Après un voyage en Belgique et un séjour à Paris, il se fixe en Italie, retournant régulièrement en Allemagne. Son œuvre, emblématique d’un symbolisme éclectique, est particulièrement apprécié en Allemagne. L’Île des morts image principale, dont il réalise cinq versions, constitue son plus grand chef-d’œuvre.

Une commande, cinq versions

C’est en 1880, à Florence, qu’Arnold Böcklin achève pour un mécène allemand une première toile intitulée L’Île des morts, aujourd’hui conservée au Kunstmuseum de Bâle. C’est alors qu’il reçoit la visite d’une jeune veuve, Marie Berna, qui lui commande un « tableau pour rêver ».

Le peintre réalise pour elle une petite version sur bois de son Île des morts image principale. C’est le début d’un succès qui conduira l’artiste à reprendre encore trois fois ce sujet, en faisant varier l’atmosphère lumineuse du paysage :

La troisième version entrera dans les collections d’Adolf Hitler, la quatrième sera détruite pendant la seconde guerre mondiale, et la dernière image 1 sera commandée en 1886 par le Museum der bildenden Künste de Leipzig, où elle se trouve encore.

Une symbolique funéraire inspirée de l’Antiquité

Sur une mer sombre et calme, une barque image b se dirige lentement, silencieusement vers une île plantée de cyprès, bordée de falaises abruptes creusées de tombeaux.

Tout n’est que silence et mystère.

À bord de la barque, le spectateur distingue un passeur, mais son regard est surtout attiré par une figure présentée de dos, drapée de blanc, comme enveloppée dans un linceul.

Un cercueil est visible à l’avant de cette funèbre embarcation.

Dans cette évocation funéraire, le motif de la barque serait une suggestion de la jeune commanditaire Marie Berna, souhaitant rendre hommage à son défunt mari. Arnold Böcklin trouva cette idée si séduisante qu’il ajouta par la suite une barque à la première version de son tableau. Le peintre s’est approprié ce thème funéraire en le faisant résonner plus largement avec le mythe antique de Charon, le passeur des Enfers.

Le thème de la mort est par ailleurs présent dans l’Autoportrait avec la Mort jouant du violon image 2, peint en 1872 et conservé à Berlin, sous la forme d’un squelette violoniste plus inspirant que terrifiant, interpellant l’artiste dans sa solitude.

L’évocation de l’immortalité de la figure de l’artiste

On sait la vaste culture littéraire et philosophique allemande d’Arnold Böcklin, sa connaissance érudite des mythes et de leur interprétation, depuis l’Antiquité jusqu’aux grands maîtres de l’art européen.

Selon la tradition antique, les morts reposent en deux lieux différents : les héros, favoris des dieux, sur une île, et la masse ordinaire dans le royaume souterrain du dieu Hadès. Le motif de l’île serait-il le symbole de l’héroïsation du génie de l’artiste ? Un siècle auparavant, Jean-Jacques Rousseau avait été inhumé sur l’île des Peupliers, dans le parc d’Ermenonville image 3. Arnold Böcklin s’imaginait faire partie de cette catégorie de personnages héroïques, comme le montre son Autoportrait de 1873 image 4, où il se représente devant ces symboles d’immortalité que sont le laurier et la colonne de marbre.

Sa postérité laisse penser qu’il voyait juste, si l’on en croit les impressionnantes commémorations qui ont suivi son décès le 18 janvier 1901 à Fiesole, dans cette Italie devenue sa patrie d’adoption.

À Florence, Bâle, Zurich, Leipzig, Brême et surtout Munich, c’est quasiment un culte qui lui fut rendu.

Une icône de l’art germanique

En France, le travail d’Arnold Böcklin est associé à celui de Nietzsche et, plus souvent, de Wagner. En effet, pour Émile Bernard, « Arnold Böcklin […] semble avoir accompli dans l’art contemporain ce que Wagner a réalisé dans celui de la musique : l’évocation », une des clefs de l’art symboliste.

L’artiste souhaitait abandonner ses œuvres à l’expérience subjective. Il voulait que le spectateur accède par lui-même à leur sens caché.

Diffusée en 1885 dans toute l’Europe grâce à la gravure de Max Klinger, L’Île des morts accède bientôt au rang de chef-d’œuvre et devient une icône de l’art germanique. Parmi ses nombreux admirateurs se trouvent Clemenceau, Strindberg ou encore Apollinaire, ce dernier n’hésitant pas à considérer la toile comme l’une des œuvres d’art majeures de l’humanité, au même titre que la Vénus de Milo  ou La Joconde .

À sa suite, les surréalistes comme Giorgio De Chirico, Salvador Dalí et Max Ernst témoigneront de leur admiration pour l’œuvre d’Arnold Böcklin.

Véronique Zeller

Permalien : https://panoramadelart.com/ile-des-morts-arnold-bocklin

Publié le 19/11/2020

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ressources internet

  1. La présentation de l’exposition Arnold Böcklin (1827-1901), un visionnaire moderne (musée d’Orsay, 23 octobre 2001 – 13 janvier 2002) sur le site du musée d’Orsay
    https://www.musee-orsay.fr/fr/evenements/expositions/aux-musees/presentation-gen
  2. L’œuvre en réalité virtuelle dans la collection ARTE Trips
    https://youtu.be/4tuFcdi-1NQ
  3. Écouter L’Île des morts de Sergei Rachmaninov, composition inspirée par la toile d’Arnold Böcklin
    https://youtu.be/XOfpxLj9PZQ
  4. La notice de l’œuvre sur le site du Metropolitan Museum of Art
    https://www.metmuseum.org/fr/art/collection/search/435683
  5. Voir aussi le site Histoiredesarts.culture.fr

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glossaire

Commanditaire :
Personne qui commande et finance une œuvre, une entreprise.
Surréalisme :
Courant artistique très lié à la littérature, qui se développe à partir des années 1920. En 1924, André Breton définit le surréalisme comme un « automatisme pur », une « dictée de la pensée, en l’absence de tout contrôle exercé par la raison ».
Symbolisme :
Mouvement littéraire et artistique de la fin du XIXe siècle dont les adeptes préféraient l’évocation du monde de l’esprit à la description de la réalité.
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