Reliure aux scènes de cour | Panorama de l'art

  1. préhistoire
  2. antiquité
  3. moyen âge
  4. temps modernes
  5. XIXe siècle
  6. XXe siècle
  1. préhistoire
  2. antiquité
  3. moyen âge
  4. temps modernes
  5. XIXe siècle
  6. XXe siècle


Reliure aux scènes de cour attribuée à Muhammadi

Reliure aux scènes de cour, Muhammadi, Paris, musée du Louvre
  • Reliure aux scènes de coura
  • Reliure aux scènes de courb
  • Reliure aux scènes de courc
  • Reliure aux scènes de courd
  • Tamerlan et les cinq princes lors d’une fête1
  • Prince à la fête2
  • Zal consulte les Rois mages3
  • Scène de chasse4
  • Fête champêtre donnée par un jeune prince5
Reliure aux scènes de cour
Premier plat : réception princière
auteur(s) : attribuée à Muhammadi
dimension : H. 32 cm ; L. 20 cm
matériaux : carton, cuir, pigments et or sous vernis
technique : peinture
provenance : Iran, Khorassân (?)
datation : vers 1560/1588
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Reliure aux scènes de cour, Muhammadi, Paris, musée du Louvre
Reliure aux scènes de cour
Premier plat : réception princière
auteur(s) : attribuée à Muhammadi
dimension : H. 32 cm ; L. 20 cm
matériaux : carton, cuir, pigments et or sous vernis
technique : peinture
provenance : Iran, Khorassân (?)
datation : vers 1560/1588
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Reliure aux scènes de cour, Muhammadi, Paris, musée du Louvre
Reliure aux scènes de cour
Second plat : scène de chasse
auteur(s) : attribuée à Muhammadi
dimension : H. 32 cm ; L. 20 cm
matériaux : carton, cuir, pigments et or sous vernis
technique : peinture
provenance : Iran, Khorassân (?)
datation : vers 1560/1588
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Reliure aux scènes de cour, Muhammadi, Paris, musée du Louvre
Reliure aux scènes de cour
Premier plat : réception princière. Détail de la partie supérieure droite
auteur(s) : attribuée à Muhammadi
dimension : H. 32 cm ; L. 20 cm
matériaux : carton, cuir, pigments et or sous vernis
technique : peinture
provenance : Iran, Khorassân (?)
datation : vers 1560/1588
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Reliure aux scènes de cour, Muhammadi, Paris, musée du Louvre
Reliure aux scènes de cour
Second plat : scène de chasse. Détail de la partie inférieure (cavaliers)
auteur(s) : attribuée à Muhammadi
dimension : H. 32 cm ; L. 20 cm
matériaux : carton, cuir, pigments et or sous vernis
technique : peinture
provenance : Iran, Khorassân (?)
datation : vers 1560/1588
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Tamerlan et les cinq princes lors d’une fête, iran
Tamerlan et les cinq princes lors d’une fête
Page de manuscrit isolée
auteur(s) : Anonyme
dimension : H. 38 cm ; L. 24 cm
matériaux : gouache et or sur papier cartonné
technique : peinture
provenance : Iran, Chiraz
datation : vers 1540/1560
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Prince à la fête
Miniature issue d’un recueil de deux manuscrits épiques du Livre des rois (Shāhnāmè)
auteur(s) : Anonyme
dimension : H. 38 cm ; L. 27 cm
matériaux : pigments sur papier
technique : peinture
provenance : Iran
datation : vers 1520/1530
lieu de conservation : Paris, Bibliothèque nationale de France
Zal consulte les Rois mages, Abd al-Aziz, New York, The Metropolitan Museum of Art
Zal consulte les Rois mages
Miniature issue du Livre des rois (Shāhnāmè)
auteur(s) : Abd al-Aziz
dimension : H. 47,1 cm ; L. 31,8 cm
matériaux : encre, gouache, or et argent sur papier
technique : peinture
provenance : Iran, Tabriz
datation : vers 1530/1535
lieu de conservation : États-Unis d’Amérique, New York, The Metropolitan Museum of Art
Scène de chasse, Iran, Chiraz (?), Miniature issue des Curiosités de l’enfance (Ghara’ib al-Sighar).
Scène de chasse
Miniature issue des Curiosités de l’enfance (Ghara’ib al-Sighar). Détail de la partie supérieure
auteur(s) : Anonyme
matériaux : encre, pigments et or sur papier
technique : peinture
provenance : Iran, Chiraz (?)
datation : vers 1540
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Fête champêtre donnée par un jeune prince, Iran, Paris, Bibliothèque nationale de France
Fête champêtre donnée par un jeune prince
Reliure des Séances des amants (Madjâles al-’ochhâq)
auteur(s) : Anonyme
matériaux : pigments et laque sur bois
technique : peinture, laque
provenance : Iran
datation : vers 1575
lieu de conservation : Paris, Bibliothèque nationale de France
En quoi cette reliure, opposant une scène statique à une scène dynamique, montre-t-elle certaines des occupations princières dans l’Iran du XVIe siècle ?

Ces deux petits panneaux peints image aimage b, exposés côte à côte au musée du Louvre, sont les plats d’une reliure réalisée en Perse au XVIe siècle.

Dans le monde musulman ancien, ce type de plats en cuir peint et verni était réservé aux manuscrits de luxe. Ceux présentés ici ont été produits sous la dynastie des Safavides, dont le plus grand souverain fut le shah Abbas Ier (1571-1629).

La rencontre d’un sage et d’un prince

Le premier plat image c montre une réception princière dans un décor champêtre.

Le prince, représenté dans la partie centrale du plat, à droite, est assis à l’orientale (en tailleur) sur un trône surélevé, caractéristique de l’Iran ancien image 1 image 2 image 3 où sa forme polygonale est associée au souverain depuis l’Antiquité grecque. Il est coiffé d’un turban blanc et porte une petite barbe. Au-dessus de sa tête, un étrange tapis évoque un dais image 3. Il est orné en son milieu d’une mandorle, un motif décorant souvent le centre des tapis et des reliures.

Le prince converse avec un homme d’âge mûr, assis sur ses talons, par terre, à gauche du trône. La peinture persane a fréquemment recours à ce type de personnage pour figurer un sage, voire un saint homme.

Devant eux est représenté un cyprès, autour duquel s’enroulent les branches d’un églantier en fleurs. Ce motif, récurrent dans l’art iranien image 2, se retrouve également dans la poésie persane qui compare souvent les héros au port altier à des cyprès, et leurs amantes blotties contre eux à de fragiles églantiers.

À gauche, deux serviteurs, debout, portent un plat et une bouteille. En dessous, un jeune homme assis et tenant une coupe fait face à un personnage dans la même attitude, à droite du trône. Devant lui sont représentées deux bouteilles à long col caractéristiques de cette époque image 2. En dessous encore, assis autour d’un tapis couvert de plats image 1, deux hommes jouent de la flûte et un autre du tambourin. En bas à droite, un homme garde un cheval, probablement celui du prince, suggérant que ce dernier se serait déplacé pour rencontrer le vieux sage retiré dans la nature, comme le relatent de nombreux récits iraniens.

L’arrière-plan est composé de montagnes se détachant sur un ciel nuageux, tandis que le sol est tapissé de petites fleurs rouges.

Cet ensemble correspond à une scène fréquente dans la peinture persane : celle de la conversation entre un prince et un vénérable personnage, agrémentée de musique et de mets choisis.

Une partie de chasse

Le second plat image b présente une scène de chasse aux protagonistes variés.

Le jeune cavalier figuré en haut à droite peut être identifié comme un prince. Il porte un turban s’enroulant autour d’un bâton typique des Safavides image 4, et surmonté d’une aigrette. Un faucon, auxiliaire habituel des chasses aristocratiques, est posé sur son poing.

Au centre, un lion, piégé dans des roseaux,  va être poignardé image 4. La chasse de cet animal est, à cette période et depuis l’Antiquité perse, réservée aux souverains.

Dans la partie inférieure image d, un homme est monté sur un cheval dont les jambes ont été teintes au henné, une pratique fréquente dans l’Iran du XVIe siècle pour parer l’animal lors des fêtes. Le cavalier transperce un ours gris de sa lance, tandis qu’un second chasseur poursuit un couple de cervidés.

Dans la partie supérieure, des canards volent au-dessus de montagnes semblables à celles du premier plat.

Dans  ces scènes, le cheval, animal très admiré en terre d’islam, est important ; un hadîth (récit de la tradition musulmane) dit que Dieu prit « une poignée de vent et en fit un cheval » ; élégant, rapide, mais fragile ( surtout sous un climat souvent très chaud), Il est la monture des nobles, les seuls à avoir les moyens de les entretenir.

Style irréaliste et influence chinoise

Mais ces représentations peuvent étonner. D’une part, les personnages sont stylisés et tous de même taille, quel que soit leur emplacement dans l’espace, participant à l’absence générale de perspective. Dans la peinture persane, plus un personnage est situé haut dans la composition, plus il est éloigné. D’autre part, l’éclairage est uniforme dans chaque scène, sans modelé ni ombre portée. Enfin, les couleurs employées sont parfois inattendues, telle la teinte bleue de certains chevaux. Cette esthétique particulière est voulue et résulte de la tradition religieuse musulmane : Dieu étant le seul véritable créateur des hommes et du monde, les artistes ne peuvent prétendre à trop de réalisme, au risque de se voir reprocher une volonté de rivaliser avec le pouvoir divin.

Malgré l’usure de la reliure, qui a fait disparaître des rehauts d’or et d’argent, les coloris sont vifs, notamment les rouges du dais, de certains vêtements, du tapis et des fleurs.

Certains détails, comme les petits nuages « enroulés en escargots » ou les montagnes traitées en chevrons, révèlent une influence chinoise. Celle-ci est très présente en Perse image 1 depuis la conquête du territoire par les Mongols, alors empereurs de Chine, au XIIIe siècle.

L’ensemble donne l’impression d’un monde de contes, dans l’esprit du Livre des rois (Shāhnāmè), écrit par le poète Firdousi vers l’an mille. Ce livre, une des bases de la culture persane, relate l’épopée des grands souverains de la Perse antique.

Une œuvre attribuée à un peintre de cour

Probablement réalisés dans la seconde moitié du XVIe siècle, comme d’autres reliures semblables connues image 5, ces deux plats pourraient être attribués au peintre Muhammadi. Celui-ci travaillait surtout à Hérat (aujourd’hui dans l’Ouest de l’Afghanistan, mais appartenant autrefois à la région du Khorâssân, dans l’Est de l’Iran), à l’époque où le futur Abbas Ier y passait sa jeunesse. Muhammadi était un peintre important, aux œuvres d’un naturalisme innovant : il aimait figurer, dans de délicats paysages, l’être humain, actif ou méditatif, souvent entouré d’animaux variés : cerfs et biches, renards à queue ondulante, lièvres bondissants… Un texte de son époque précisant qu’il créa également des reliures peintes, inciterait à lui attribuer la réalisation de ces deux plats.

Sylvie Cuni-Gramont

Permalien : https://panoramadelart.com/reliures-aux-scenes-de-cour-Iran

Publié le 30/09/2019

haut de page

ressources internet

  1. La notice de l’œuvre sur le site du musée du Louvre
    www.louvre.fr/oeuvre-notices/reliure-aux-scenes-de-cour
  2. « Le pittoresque dans la peinture persane des XVIe et XVIIe siècles », dossier thématique du musée du Louvre
    https://www.louvre.fr/sites/default/files/medias/medias_fichiers/fichiers/pdf/lo
  3. Voir aussi le site Histoiredesarts.culture.fr

Si vous connaissez des ressources intéressantes, partagez-les en nous envoyant un commentaire !

glossaire

Composition :
Manière de disposer des figures, des motifs ou des couleurs dans l’élaboration d’une œuvre.
Perspective :
Technique qui permet de représenter l’espace et les objets avec de la profondeur et des volumes sur une surface plane pour donner l’illusion de la troisième dimension.
haut de page


laisser un commentaire

Votre avis nous intéresse ! Posez-nous des questions, suggérez-nous des sites, des œuvres à étudier... partagez avec d’autres vos coups de cœur !




* mentions obligatoires. Aucune information personnelle ne sera publiée, réutilisée, ou communiquée à des tiers