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Corè Corè de Lyon

Corè de Lyon
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Corè
Corè de Lyon
dimension : H. 63 cm
matériaux : marbre
technique : sculpture
datation : vers 540-530 av. J.-C.
lieu de conservation : Lyon, musée des Beaux-Arts
Corè de Lyon
Corè
Corè de Lyon
dimension : H. 63 cm
matériaux : marbre
technique : sculpture
datation : vers 540-530 av. J.-C.
lieu de conservation : Lyon, musée des Beaux-Arts
Corè de Lyon
Corè
Détail de l’oiseau
Corè de Lyon
dimension : H. 63 cm
matériaux : marbre
technique : sculpture
datation : vers 540-530 av. J.-C.
lieu de conservation : Lyon, musée des Beaux-Arts
Corè de Lyon
Corè
Détail du bras
Corè de Lyon
dimension : H. 63 cm
matériaux : marbre
technique : sculpture
datation : vers 540-530 av. J.-C.
lieu de conservation : Lyon, musée des Beaux-Arts
Corè de Lyon
Corè
Détail d’une boucle d’oreille
Corè de Lyon
dimension : H. 63 cm
matériaux : marbre
technique : sculpture
datation : vers 540-530 av. J.-C.
lieu de conservation : Lyon, musée des Beaux-Arts
Couros de Paros
Couros
Couros de Paros
dimension : H. 130 cm
matériaux : marbre
technique : sculpture
provenance : Grèce, Paros
datation : vers 540 av. J.-C.
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Corè n<sup>o</sup> 674
Corè
Corè no 674
matériaux : marbre
technique : sculpture
provenance : Grèce, Athènes, Acropole
datation : 600-480 av. J.-C.
lieu de conservation : Grèce, Athènes, musée de l’Acropole
Quel était le rôle de cette corè, l’une des plus anciennes sculptures grecques conservées en France ?

Conservée au musée des Beaux-Arts de Lyon, ce buste de statue féminine en marbre représente une jeune femme [ image principale ]. Il provient vraisemblablement de l’Acropole, à Athènes, où des fragments de son bras gauche et de ses cuisses ont été identifiés en 1935. Cette œuvre, qui devait mesurer près de 1,20 mètre de hauteur, permet d’évoquer l’un des types statuaires les plus appréciés de la Grèce archaïque du VIe siècle av. J.-C. : la corè.

Une statue féminine archaïque

Les historiens de l’art utilisent le terme grec de corè (au pluriel corai), qui signifie jeune fille, pour désigner les statues de l’époque archaïque représentant une femme debout, en position frontale. La figure est immobile ; les pieds de ces sculptures sont généralement joints, mais certaines corai avancent légèrement le gauche. Elles portent fréquemment une offrande, un vase, un fruit ou un petit animal, comme ici un oiseau [ détail b ]. Certaines tiennent un pan de leur vêtement.

La corè est vêtue à la différence de son équivalent masculin représenté nu, le couros [ image 1 ]. La corè de Lyon porte deux vêtements superposés : le chiton, tunique de lin dont les longues manches arrivent ici aux poignets, et l’himation, manteau de laine attaché comme un châle sur l’épaule gauche. Cette différence entre les représentations de l’homme et de la femme illustre le statut que chacun revêt dans la société grecque antique. Alors que la nudité confère à l’homme une valeur héroïque, la représentation pudique de la femme renvoie à sa fonction domestique.

La coiffure de la corè de Lyon est remarquable. La jeune femme porte les cheveux longs coiffés en tresses ondulées. Elles forment dans le dos une nappe compacte, alors que six d’entre elles encadrent symétriquement le visage. L’organisation de la chevelure évoque sans doute une mode contemporaine mais permet surtout au sculpteur des effets décoratifs, que complétaient les couleurs.

En effet, comme toutes les statues grecques en marbre, la sculpture était peinte. De la richesse de la polychromie ne subsistent que des traces : les cheveux étaient peints en rouge, une frise de boutons de lotus et de palmettes ornait le polos (la haute coiffe cylindrique), et les manches du chiton étaient décorées d’un motif de méandres bleu vert. Ce rôle fondamental de la couleur peut s’imaginer à partir de la célèbre série des corai de l’Acropole d’Athènes [ image 2 ].

Si de rares exemples de corai sont des statues funéraires, la plupart sont des offrandes faites dans les sanctuaires.

Une offrande pour la déesse Athéna

L’origine attique (Athènes et sa région) de la statue, pourtant confirmée par la découverte de fragments sur l’Acropole, a longtemps étonné les spécialistes. En effet, si certains caractères évoquent l’art attique, d’autres semblent davantage d’origine ionienne (Grèce de l’Est).

Le traitement puissant des bras [ détail c ] et du dos laisse très présente la masse du bloc de marbre. La structure des vêtements se révèle par des effets plus graphiques que sculpturaux. Le sculpteur s’est particulièrement attaché à modeler la forme cubique du visage : les pommettes marquées, l’arête plate du nez, les lèvres charnues qui creusent les joues d’un sourire retenu. Ces caractères rappellent ceux d’autres statues attiques, comme la célèbre corè en péplos.

Cependant, le polos, les boucles d’oreilles [ détail d ] et le péplos court porté en diagonale sur la poitrine montrent l’introduction d’une mode ionienne, qui se répand à Athènes au milieu du VIe siècle av. J.-C. La cité est alors en pleine expansion ; elle attire de nombreux sculpteurs venus d’autres régions du monde grec, en particulier des cités de Grèce de l’Est. Mieux qu’une œuvre éclectique, la corè de Lyon est une œuvre de transition, ouvrant la voie à des nouveautés qui s’affirment à la fin du siècle. Elle témoigne de la liberté des artistes qui, à travers le schéma conventionnel de la femme drapée, se livrent à des interprétations personnelles sans cesse renouvelées.

Les fouilles de l’Acropole d’Athènes ont révélé que plus d’une centaine de corai avaient été dédiées à Athéna à la fin de l’époque archaïque ; la corè de Lyon est l’une des plus anciennes. Il ne faut pas s’évertuer à identifier ces figures féminines. Toutes sont de « belles offrandes » faites à la déesse pour qu’elle s’en réjouisse ; c’est le sens même du terme agalma, par lequel les Grecs les désignent.

Avant les ravages faits par les Perses durant les guerres médiques, les sanctuaires de l’Acropole débordaient d’offrandes de toutes sortes et de matériaux divers. Les corai de marbre peint comptaient parmi les plus spectaculaires.

Les tribulations de la corè de Lyon

C’est l’archéologue anglais Humphrey Payne qui en 1935 identifie les trois fragments trouvés sur l’Acropole d’Athènes prouvant ainsi la provenance de la statue.

Mais les incertitudes demeurent sur la date d’arrivée en France du buste. Probablement entrée sur le territoire au tout début du XVIIIe siècle, la sculpture serait alors l’un des plus anciens marbres grecs conservés dans notre pays, d’abord dans une collection marseillaise, elle entre au musée de Lyon au début du XIXe siècle.

Durant cette période, elle a successivement été appelée Isis, Minerve, Astarté et enfin Aphrodite à la colombe. Finalement reconnue comme une corè archaïque, elle a longtemps été complétée par un moulage en plâtre du bas du corps jusqu’à sa dérestauration récente. L’étude en laboratoire a permis d’identifier l’origine athénienne du marbre et d’étudier la polychromie largement disparue de la sculpture.

Ces trois siècles d’identifications diverses, de montage, de démontage et de restauration sont davantage qu’une simple succession d’anecdotes. Ils reflètent l’évolution de l’intérêt pour l’art grec, depuis le cabinet de curiosités des amateurs du XVIIIe siècle jusqu’à la recherche archéologique du XXIe siècle. Aujourd’hui, la statue, étudiée selon des méthodes scientifiques, a livré presque tous ses secrets et s’impose comme l’un des témoignages majeurs de la sculpture grecque conservés dans les musées français.

Hélène Bordier

Permalien : http://panoramadelart.com/core-de-lyon

Publié le 13/05/2015

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ressources internet

  1. Fiche de l’œuvre sur le site du musée des Beaux-Arts de Lyon
    http://www.mba-lyon.fr/mba/sections/fr/collections-musee/chefs-oeuvre/oeuvres147
  2. Historique de la statue et de ses restaurations sur le site de Jean-Claude Mossière
    http://jcmo.wordpress.com/category/01-la-core-de-lyon/
  3. Sur la corè en péplos et la restitution de sa polychromie (en anglais)
    http://www.classics.cam.ac.uk/museum/collections/peplos-kore
  4. Évocation des offrandes archaïques sur l’Acropole (en anglais)
    http://www.theacropolismuseum.gr/en/content/archaic-gallery
  5. Voir aussi le site Histoiredesarts.culture.fr

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glossaire

Athéna :
Déesse grecque, fille de Zeus, patronne d’Athènes. C’est la déesse de la Sagesse et de la Guerre. Son attribut est la chouette. Elle est vénérée à Rome sous le nom de Minerve.
Cabinet :
Pièce à usage privé, réservée à l’étude, à la collection ou à la toilette.
Grèce de l'Est :
Nom donné dans l'antiquité à la côte de la Turquie actuelle bordée par la mer Egée et aux îles qui lui font face.
Péplos :
Tunique féminine de la Grèce antique, faite d’une pièce rectangulaire de laine, non cousue. Drapée autour du corps de la femme, elle était retenue par des épingles sur les épaules et maintenue fermée par une ceinture nouée à la taille.
Période archaïque :
Période qui s’étend de 620 à 480 av. J.-C. et qui connaît un grand développement artistique dans le monde grec, avec l’apparition de l’architecture de pierre et de son décor sculpté, l’essor de la grande statuaire de marbre et l’apogée de la céramique peinte, d’abord à figures noires, puis à figures rouges.
Sanctuaire :
Lieu ou édifice consacré à un culte. Le terme peut correspondre à différentes réalités selon les religions. Dans le monde grec antique, c’est un espace délimité, parfois très vaste, dédié à une divinité et comprenant l’autel pour les sacrifices, le temple et les offrandes. Dans le christianisme, il désigne plus particulièrement la partie de l’église située autour du maître-autel.
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