Héraklès tue les oiseaux du lac Stymphale | Panorama de l'art

  1. préhistoire
  2. antiquité
  3. moyen âge
  4. temps modernes
  5. XIXe siècle
  6. XXe siècle
  1. préhistoire
  2. antiquité
  3. moyen âge
  4. temps modernes
  5. XIXe siècle
  6. XXe siècle


Héraklès tue les oiseaux du lac Stymphale Héraklès archer Antoine Bourdelle (1861-1929)

Antoine Bourdelle (1861-1929), Héraklès tue les oiseaux du lac Stymphale (Héraklès archer). 1923, sculpture (bronze doré), 248 × 247 × 123 cm. Paris, musée d’Orsay (RF 3174)
  • Héraklès tue les oiseaux du lac Stymphalea
  • Héraklès tue les oiseaux du lac Stymphaleb
  • Héraklès tue les oiseaux du lac Stymphalec
  • Héraklès tue les oiseaux du lac Stymphaled
  • Moulage du Torse du Belvédère1
  • Héraklès2
  • Photographie d’Héraklès archer exposé au musée du Luxembourg en 19093
  • Photographie de L’Architecture et la Sculpture4
Héraklès tue les oiseaux du lac Stymphale
Héraklès archer
auteur(s) : Antoine Bourdelle (1861-1929)
dimension : H. 248 cm ; L. 247 cm ; P. 123 cm
matériaux : bronze doré
technique : sculpture
datation : 1923
lieu de conservation : Paris, musée d’Orsay
Antoine Bourdelle (1861-1929), Héraklès tue les oiseaux du lac Stymphale (Héraklès archer). 1923, sculpture (bronze doré), 248 × 247 × 123 cm. Paris, musée d’Orsay (RF 3174)
Héraklès tue les oiseaux du lac Stymphale
Héraklès archer
auteur(s) : Antoine Bourdelle (1861-1929)
dimension : H. 248 cm ; L. 247 cm ; P. 123 cm
matériaux : bronze doré
technique : sculpture
datation : 1923
lieu de conservation : Paris, musée d’Orsay
Antoine Bourdelle (1861-1929), Héraklès tue les oiseaux du lac Stymphale (Héraklès archer [détail du buste d’Héraklès]). 1923, sculpture (bronze doré), 248 × 247 × 123 cm. Paris, musée d’Orsay (RF 3174)
Héraklès tue les oiseaux du lac Stymphale
Détail du buste d’Héraklès
Héraklès archer
auteur(s) : Antoine Bourdelle (1861-1929)
dimension : H. 248 cm ; L. 247 cm ; P. 123 cm
matériaux : bronze doré
technique : sculpture
datation : 1923
lieu de conservation : Paris, musée d’Orsay
Antoine Bourdelle (1861-1929), Héraklès tue les oiseaux du lac Stymphale (Héraklès archer [vue de trois quarts arrière]). 1923, sculpture (bronze doré), 248 × 247 × 123 cm. Paris, musée d’Orsay (RF 3174)
Héraklès tue les oiseaux du lac Stymphale
Vue de trois quarts arrière
Héraklès archer
auteur(s) : Antoine Bourdelle (1861-1929)
dimension : H. 248 cm ; L. 247 cm ; P. 123 cm
matériaux : bronze doré
technique : sculpture
datation : 1923
lieu de conservation : Paris, musée d’Orsay
Antoine Bourdelle (1861-1929), Héraklès tue les oiseaux du lac Stymphale (Héraklès archer [détail des inscriptions sur le rocher : signature et hydre de Lerne]). 1923, sculpture (bronze doré), 248 × 247 × 123 cm. Paris, musée d’Orsay (RF 3174)
Héraklès tue les oiseaux du lac Stymphale
Détail des inscriptions sur le rocher : signature et hydre de Lerne
Héraklès archer
auteur(s) : Antoine Bourdelle (1861-1929)
dimension : H. 248 cm ; L. 247 cm ; P. 123 cm
matériaux : bronze doré
technique : sculpture
datation : 1923
lieu de conservation : Paris, musée d’Orsay
Moulage du Torse du Belvédère (œuvre originale en marbre, sculptée par Apollonios d’Athènes au Ier siècle av. J.-C. et conservée au Museo Pio Clementino [Vatican]). Provient de Rome (Italie). Début du XVe siècle, moulage (plâtre), 126 × 68 × 94 cm. Versailles, Petite Écurie, galerie des Sculptures et des Moulages (Gy0283)
Moulage du Torse du Belvédère
Œuvre originale en marbre, sculptée par Apollonios d’Athènes au Ier siècle av. J.-C. et conservée au Museo Pio Clementino (Vatican)
dimension : H. 126 cm ; L. 68 cm ; P. 94 cm
matériaux : plâtre
technique : moulage
provenance : Italie, Rome
datation : début du XVe siècle
lieu de conservation : Versailles, château, Petite Écurie, galerie des Sculptures et des Moulages
Antoine Bourdelle (1861-1929), Héraklès (étude sans arc). 1909, sculpture (bronze). Paris, musée Bourdelle
Héraklès
Étude sans arc
auteur(s) : Antoine Bourdelle (1861-1929)
dimension : bronze
matériaux : sculpture
datation : 1909
lieu de conservation : Paris, musée Bourdelle
Photographie d’Héraklès archer exposé au musée du Luxembourg en 1909. 1909, photographie, 18 × 24 cm. Paris, Agence photo RMN – Grand Palais, fonds Druet-Vizzavona (DRUETC53649)
Photographie d’Héraklès archer exposé au musée du Luxembourg en 1909
auteur(s) : Eugène Druet (1868-1916)
dimension : H. 18 cm ; L. 24 cm
technique : photographie
datation : 1909
lieu de conservation : Paris, Agence photo RMN – Grand Palais, fonds Druet-Vizzavona
François Vizzavona (1876-1961), photographie de L’Architecture et la Sculpture (métope de la façade du théâtre des Champs-Élysées sculptée par Antoine Bourdelle). 1912, photographie (négatif monochrome sur support verre), 13 × 18 cm. Paris, Agence photo RMN – Grand Palais, fonds Druet-Vizzavona (VZB53466)
Photographie de L’Architecture et la Sculpture
Métope de la façade du théâtre des Champs-Élysées sculptée par Antoine Bourdelle
auteur(s) : François Vizzavona (1876-1961)
dimension : H. 13 cm ; L. 18 cm
matériaux : négatif monochrome sur support verre
technique : photographie
datation : 1912
lieu de conservation : Paris, Agence photo RMN – Grand Palais, fonds Druet-Vizzavona
En quoi le retour à l’antique peut-il être moderne ?

Originaire de Montauban, Antoine Bourdelle montre très jeune un talent pour le dessin. Dès l’âge de 13 ans, il travaille dans l’atelier de son père menuisier ébéniste et exécute ses premiers ouvrages sculptés en bois.

Formé à l’école des Beaux-Arts de Toulouse puis à celle de Paris, il intègre en 1884 l’atelier du sculpteur Alexandre Falguière, qu’il quitte deux ans plus tard.

Puis, s’éloignant de l’enseignement académique, il loue un modeste atelier impasse du Maine, devenu aujourd’hui le musée Bourdelle, et travaille aux côtés d’Auguste Rodin de 1893 à 1908.

À partir de 1900, Antoine Bourdelle se détache de l’esthétique de son maître et affirme son propre style. Il sculpte en 1909 Héraklès archer, qui témoigne de cette prise d’indépendance et devient son premier grand succès public.

La version de 1923 image principale, aujourd’hui conservée au musée d’Orsay, révèle l’excellence de l’artiste dans le registre du monumental.

 

Un modèle contemporain pour un sujet mythologique

Antoine Bourdelle puise ses sujets dans la mythologie gréco-romaine. Il représente ici l’un des Douze Travaux d’Héraklès, celui des oiseaux du lac Stymphale. Le mythe raconte comment le demi-dieu, mis à l’épreuve, débarrasse le lac de ces terribles rapaces aux plumes acérées qui se nourrissaient de chair humaine. Pour l’aider, la déesse Athéna lui confie des crotales, petits instruments de percussion en bronze qui, frappés l’un contre l’autre, provoquent l’envol des oiseaux affolés. Héraklès peut alors bander son arc de toutes ses forces et tuer ces monstres à l’aide de ses flèches.

Pour réaliser son œuvre, Antoine Bourdelle fait appel à un modèle rencontré lors des soirées données chez Auguste Rodin : le commandant André Doyen-Parigot. Celui-ci, militaire et grand sportif, possède un corps athlétique évoquant les puissants marbres antiques image 1. André Doyen-Parigot ne souhaitant pas être reconnu, le sculpteur modifie le visage de la sculpture image b : il lui prête des yeux en amande, un profil droit avec le nez dans le prolongement du front, et une chevelure courte et bouclée, à la manière des statues grecques masculines de la fin de la période archaïque.

 

De la commande d’un particulier à la commande d’État

Antoine Bourdelle réalise de nombreuses études pour aboutir à une première sculpture en plâtre  achevée en 1909, aujourd’hui conservée au musée Ingres-Bourdelle à Montauban. Celle-ci est encore de petite taille, mais elle suscite l’admiration du financier Gabriel Thomas lorsqu’il visite l’atelier du sculpteur. Cet amateur d’art commande à Antoine Bourdelle une grande version en bronze pour le jardin de sa maison de Meudon, et exige l’exclusivité de la sculpture, c’est-à-dire qu’elle ne pourra pas être reproduite.

Antoine Bourdelle réalise un nouveau plâtre aux dimensions monumentales. L’œuvre, fondue par Eugène Rudier, est présentée au Salon de 1910 où elle fait sensation. image 3. Très sollicité, le sculpteur se voit contraint de refuser des ventes. Aussi le commanditaire accepte-t-il de mettre fin à l’exclusivité.

La version de 1910 est finalement éditée en dix exemplaires.

En 1923, l’État commande une deuxième version monumentale pour le musée du Luxembourg, où sont alors exposées les œuvres des artistes contemporains. Si la figure d’Héraklès est identique à celle de la version précédente, le rocher est cependant modifié et complété de deux petits bas-reliefs : l’un représente l’hydre de Lerne et l’autre le lion de Némée. L’artiste transforme légèrement la base, et son monogramme, conçu en 1921, y apparaît image d. Héraklès archer entre ainsi dans les collections du musée du Luxembourg en 1926. L’œuvre est aujourd’hui conservée au musée d’Orsay, et le plâtre original au musée Bourdelle.

 

Une esthétique moderne

Cette sculpture, qui met en scène la lutte du héros avec les monstres, révèle l’émancipation d’Antoine Bourdelle par rapport à l’enseignement de son maître Auguste Rodin.

En effet, l’artiste est dans une recherche de simplification : il supprime tout pittoresque et s’attarde peu sur les détails. Le visage aux pommettes saillantes dénote une volonté de synthèse. Nul besoin de représenter le carquois, la corde tendue de l’arc ou la flèche.

Avec rigueur, Antoine Bourdelle travaille les formes et l’équilibre en gardant à l’esprit les modèles antiques dont il s’inspire image 1. Héraklès est en effet arc-bouté au-dessus du vide dans une attitude savamment calculée image 2. Le sculpteur oppose les membres gauches et droits image c : le héros tend les premiers en avant, brandissant son arc et prenant appui sur le rocher dans un geste de tension extrême, et plie les seconds, semblant ainsi puiser sa force au fond de son être. 

De cette tension résulte un équilibre harmonieux. La corde de l’arc, non représentée, semble presque apparaître, comme soulignée.

Pour Antoine Bourdelle, « la sculpture, ce sont des émotions qui déplacent des nombres » et s’il étudie la sculpture antique c’est au sens de l’architecture. 

Antoine Bourdelle aura l’occasion d’accomplir cette union entre sculpture et architecture qu’il appelle de ses vœux. En 1910, Gabriel Thomas, alors promoteur du théâtre des Champs-Élysées, l’appelle sur le chantier du bâtiment : il fait participer le sculpteur à la décoration de l’intérieur et de l’extérieur de l’édifice image 4, ainsi qu’à son architecture aux côtés d’Auguste Perret.

Héraklès archer connaît un succès international et fait d’Antoine Bourdelle l’un des précurseurs de la sculpture monumentale moderne. Il forme de nombreux élèves, dont Germaine Richier et Alberto Giacometti. Quelques années après son décès, son épouse fera don de son atelier à la Ville de Paris ; il deviendra le musée Bourdelle dès 1949.

Véronique Duprat-Roumier

Permalien : https://panoramadelart.com/Bourdelle-Herakes-archer-musee-orsay

Publié le 29/07/2020

haut de page

ressources internet

  1. La notice de l’œuvre (deuxième version) sur le site du musée d’Orsay
    https://www.musee-orsay.fr/fr/collections/oeuvres-commentees/recherche/commentai
  2. La notice de l’œuvre (première version) sur le site du musée Bourdelle
    http://www.bourdelle.paris.fr/fr/oeuvre/herakles-archer
  3. La notice du plâtre sur le site du musée d’Art moderne André-Malraux au Havre
    http://www.muma-lehavre.fr/fr/collections/oeuvres-commentees/sculpture/bourdelle
  4. La notice du plâtre patiné conservé au musée Ingres-Bourdelle (Montauban) sur le site Musées Occitanie
    https://musees-occitanie.fr/musees/musee-ingres/collections/la-sculpture-du-xixe
  5. Voir aussi le site Histoiredesarts.culture.fr

Si vous connaissez des ressources intéressantes, partagez-les en nous envoyant un commentaire !

glossaire

Héraclès :
Héros grec, fils du dieu Zeus et de la mortelle Alcmène, appelé Hercule par les Romains. Il est surtout connu pour sa force surhumaine et ses Douze Travaux : combat contre le lion de Némée, combat contre l’hydre de Lerne, capture du sanglier d’Érymanthe, capture de la biche de Cérynie, élimination des oiseaux du lac Stymphale, nettoyage des écuries d’Augias, capture du taureau de Crète, capture des juments de Diomède, prise de la ceinture de la reine des Amazones, capture des bœufs de Géryon, récolte des pommes d’or des Hespérides, capture de Cerbère.
Période archaïque :
Période qui s’étend de 620 à 480 av. J.-C. et qui connaît un grand développement artistique dans le monde grec, avec l’apparition de l’architecture de pierre et de son décor sculpté, l’essor de la grande statuaire de marbre et l’apogée de la céramique peinte, d’abord à figures noires, puis à figures rouges.
Salon :
Au XVIIIe siècle les expositions des membres de l’Académie royale de peinture et de sculpture se tenaient dans le Salon carré du Louvre. Le terme « Salon » désigne par la suite toutes les expositions régulières organisées par l’Académie.
haut de page


laisser un commentaire

Votre avis nous intéresse ! Posez-nous des questions, suggérez-nous des sites, des œuvres à étudier... partagez avec d’autres vos coups de cœur !




* mentions obligatoires. Aucune information personnelle ne sera publiée, réutilisée, ou communiquée à des tiers