Ophélie | Panorama de l'art

  1. préhistoire
  2. antiquité
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  4. temps modernes
  5. XIXe siècle
  6. XXe siècle
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Ophélie Auguste Préault (1809-1879)

Auguste Préault (1809-1879), Ophélie. 1842, fondu en 1876, sculpture (bronze), 200 × 75 × 20 cm. Paris, musée d’Orsay
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  • Ophélied
  • La Tuerie1
  • La Mort d’Ophélie2
  • Ophélie au milieu des fleurs3
  • Transi de Valentine Balbiani (1518-1572)4
  • Nymphes de la fontaine des Innocents de Jean Goujon (1510-1567), place Joachim-Du-Bellay à Paris5
Ophélie
auteur(s) : Auguste Préault (1809-1879)
dimension : H. 200 cm ; L. 75 cm ; P. 20 cm
matériaux : bronze
technique : sculpture
datation : 1842, fondu en 1876
lieu de conservation : Paris, musée d’Orsay
Auguste Préault (1809-1879), Ophélie. 1842, fondu en 1876, sculpture (bronze), 200 × 75 × 20 cm. Paris, musée d’Orsay
Ophélie
auteur(s) : Auguste Préault (1809-1879)
dimension : H. 200 cm ; L. 75 cm ; P. 20 cm
matériaux : bronze
technique : sculpture
datation : 1842, fondu en 1876
lieu de conservation : Paris, musée d’Orsay
Auguste Préault (1809-1879), Ophélie. Détail jusqu’à mi-corps. 1842, fondu en 1876, sculpture (bronze), 200 × 75 × 20 cm. Paris, musée d’Orsay
zoom
Ophélie
Détail jusqu’à mi-corps
auteur(s) : Auguste Préault (1809-1879)
dimension : H. 200 cm ; L. 75 cm ; P. 20 cm
matériaux : bronze
technique : sculpture
datation : 1842, fondu en 1876
lieu de conservation : Paris, musée d’Orsay
Auguste Préault (1809-1879), Ophélie. 1842, fondu en 1876, sculpture (bronze), 200 × 75 × 20 cm. Paris, musée d’Orsay
Ophélie
Détail des bras
auteur(s) : Auguste Préault (1809-1879)
dimension : H. 200 cm ; L. 75 cm ; P. 20 cm
matériaux : bronze
technique : sculpture
datation : 1842, fondu en 1876
lieu de conservation : Paris, musée d’Orsay
Auguste Préault (1809-1879), Ophélie. 1842, fondu en 1876, sculpture (bronze), 200 × 75 × 20 cm. Paris, musée d’Orsay
Ophélie
Détail du visage
auteur(s) : Auguste Préault (1809-1879)
dimension : H. 200 cm ; L. 75 cm ; P. 20 cm
matériaux : bronze
technique : sculpture
datation : 1842, fondu en 1876
lieu de conservation : Paris, musée d’Orsay
Auguste Préault (1809-1879), La Tuerie. Bronze d’après le plâtre présenté au Salon de 1834. Salon de 1834, fondu en 1851, sculpture (bronze), 109 × 140 cm. Chartres, musée des Beaux-Arts
La Tuerie
Bronze d’après le plâtre présenté au Salon de 1834
auteur(s) : Auguste Préault (1809-1879)
dimension : H. 109 cm ; L. 140 cm
matériaux : bronze
technique : sculpture
datation : Salon de 1834, fondu en 1851
lieu de conservation : Chartres, musée des Beaux-Arts
Eugène Delacroix (1798-1863), La Mort d’Ophélie. Vers 1853, peinture (huile sur toile), 23 × 30 cm. Paris, musée du Louvre
La Mort d’Ophélie
auteur(s) : Eugène Delacroix (1798-1863)
dimension : H. 23 cm ; L. 30 cm
matériaux : huile sur toile
technique : peinture
datation : vers 1853
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Odilon Redon (1840-1916), Ophélie au milieu des fleurs. Vers 1905-1908, dessin (pastel sur papier), 64 × 91 cm. Royaume-Uni, Londres, National Gallery
Ophélie au milieu des fleurs
auteur(s) : Odilon Redon (1840-1916)
dimension : H. 64 cm ; L. 91 cm
matériaux : pastel sur papier
technique : dessin
provenance : vers 1905-1908
lieu de conservation : Royaume-Uni, Londres, National Gallery
Germain Pilon (1535-1590), Transi de Valentine Balbiani (1518-1572). Élément du monument funéraire de Valentine Balbiani (1518-1572), épouse de René de Birague. Provient de la chapelle de Birague de l’église Sainte-Catherine-du-Val-des-Écoliers, à Paris. 1573-1574, sculpture (marbre), 33 × 162 × 6 cm. Paris, musée du Louvre
Transi de Valentine Balbiani (1518-1572)
Élément du monument funéraire de Valentine Balbiani (1518-1572), épouse de René de Birague
auteur(s) : Germain Pilon (1535-1590)
dimension : H. 33 cm ; L. 162 cm ; P. 6 cm
matériaux : marbre
technique : sculpture
provenance : Paris, église Sainte-Catherine-du-Val-des-Écoliers, chapelle de Birague
datation : 1573-1574
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Cesbron, Nymphes de la fontaine des Innocents de Jean Goujon (1510-1567), place Joachim-Du-Bellay à Paris. 1921, photographie (négatif verre au gélatino-bromure d’argent), 18 × 24 cm. Charenton-le-Pont, médiathèque de l’Architecture et du Patrimoine
Nymphes de la fontaine des Innocents de Jean Goujon (1510-1567), place Joachim-Du-Bellay à Paris
auteur(s) : Cesbron
dimension : H. 18 cm ; L. 24 cm
matériaux : négatif verre au gélatino-bromure d’argent
technique : photographie
datation : 1921
lieu de conservation : Charenton-le-Pont, médiathèque de l’Architecture et du Patrimoine

Comment exprimer l’émotion en sculpture ?

Auguste Préault naît en 1809 à Paris, dans une famille modeste. Passionné de dessin, il décide de se tourner vers une carrière artistique, mais échoue plusieurs fois au concours d’entrée de l’École des beaux-arts. Il se forme alors dans l’atelier des sculpteurs romantiques David d’Angers (1788-1856) et Antonin Moine (1796-1849).

En 1833, Préault expose au Salon pour la première fois. Mais, très vite, il acquiert une réputation de provocateur, tant la modernité de ses œuvres heurte le jury. En effet, contrairement aux préconisations académiques qui recommandent la conformité avec une beauté idéale inspirée de l’antique, Préault n’hésite pas à proposer au Salon des œuvres au réalisme violent et à la facture inachevée image 1. De ce fait, durant de nombreuses années, il se trouve exclu des commandes officielles.

Artiste maudit, sans-le-sou, il peine à travailler les matériaux nobles ( marbre et bronze) et détruit lui-même nombre de ses œuvres. Ophélie image principale, relief fondu en 1876 d’après le plâtre réalisé en 1842, témoigne du début de reconnaissance tardivement accordé au sculpteur.

 

Un sujet emprunté à Shakespeare

Le sujet est emprunté à Hamlet, une pièce de théâtre de William Shakespeare. Dans cette tragédie, Ophélie, jeune fille aimée et amoureuse d’Hamlet, se trouve soudainement délaissée par lui. L’assassinat accidentel de son père par Hamlet la fait basculer dans la folie et la pousse au suicide par noyade.

Ce sujet dramatique est caractéristique du courant romantique auquel appartient Préault. Les artistes s’écartent des histoires exemplaires des héros de l’Antiquité pour chercher leur inspiration dans la littérature du Moyen Âge et de la Renaissance notamment. Dans les œuvres de Dante ou celles de Shakespeare, ils trouvent des récits aptes à retranscrire les tourments de l’âme humaine.

Le thème d’Ophélie parcourt tout le siècle. Il inspire notamment le peintre romantique Eugène Delacroix image 2, auquel Préault voue une grande admiration. Dans le dernier tiers du XIXe siècle, les artistes symbolistes s’emparent du sujet, notamment Odilon Redon, qui le traite à maintes reprises dans une approche plus apaisée et spirituelle image 3.

 

L’influence de l’art funéraire

Préault présente son bas-relief comme un tableau, dans lequel le personnage d’Ophélie occupe la quasi-totalité de l’espace, animé par les lignes ondoyantes de la surface aquatique image principale. La jeune femme est représentée allongée, les yeux clos et la bouche entrouverte image b image d, flottant sur l’eau. Ici, tous les éléments se fondent entre eux : les effets de draperie mouillée des vêtements, les longs cheveux dénoués et les ondes de l’eau image c se mêlent, anéantissant toute raideur dans l’exécution de la figure et procurant le sentiment que le corps flottant est déjà englouti.

Cette composition évoque un monument funéraire, gisant ou transi image 4 , issu du Moyen Âge ou de la Renaissance. Ainsi, les effets de draperie mouillée rappellent ceux des nymphes de la fontaine des Innocents image 5 du sculpteur de la Renaissance française Jean Goujon, tandis que la technique du relief en bronze évoque la plaque funéraire d’André Blondel de Rocquencourt du même artiste.

 

Le bronze, matériau expressif par excellence

C’est en bronze que Préault fait réaliser Ophélie, d’après le plâtre qu’il a élaboré des années plus tôt. En effet, ce matériau convient parfaitement à l’expression du romantisme en sculpture : mieux que le marbre, il permet d’inscrire les frémissements dans la matière, de se jouer des effets d’ombre et de lumière, de flou, d’indéfini et d’inachevé, conférant une tonalité fantastique à l’œuvre de Préault.

Les propriétés du bronze permettent de traduire l’émotion propre aux œuvres du courant romantique, que Charles Baudelaire, grand admirateur du sculpteur, définit comme la « manière de sentir ».

 

Une reconnaissance tardive

L’aspect esquissé des œuvres de Préault déroute les spectateurs et lui sera reproché de manière récurrente. Néanmoins, e

n présentant son Ophélie en bronze au Salon de 1876, le sculpteur est enfin reconnu par une partie de la critique. Il décède trois ans plus tard ; son travail tombe dans l’oubli, avant d’être redécouvert dans les années 1980.

Préault est aujourd’hui considéré comme l’un des plus grands sculpteurs romantiques. Par son goût pour l’expressivité et l’inachevé, il apparaît comme le trait d’union entre Michel-Ange et Auguste Rodin, et annonce l’expressionnisme.

Véronique Duprat-Roumier

Permalien : https://panoramadelart.com/ophelie-auguste-preault

Publié le 12/05/2021

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ressources internet

  1. La présentation de l’exposition Auguste Préault (1809-1879), sculpteur romantique, présentée au musée d’Orsay en 1997
    https://www.musee-orsay.fr/fr/evenements/expositions/aux-musees/presentation-gen
  2. La notice de l’œuvre sur le site du musée d’Orsay
    https://www.musee-orsay.fr/fr/collections/catalogue-des-oeuvres/notice.html?no_c
  3. Une étude sur la représentation d’Ophélie sur le site L’Histoire par l’image
    https://histoire-image.org/de/etudes/representation-ophelie
  4. Voir aussi le site Histoiredesarts.culture.fr

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glossaire

Expressionnisme :
Tendance artistique qui naît en Europe centrale à la fin du XIXe siècle et qui met à l’honneur la libre expression des passions et des formes, en réaction à l’académisme et à l’impressionnisme.
Gisant :
Figure en très fort relief représentant un défunt allongé. Le gisant placé sur un soubassement constitue la forme la plus fréquente des tombeaux du Moyen Âge, à partir du XIIIe siècle.
Romantisme :
Le mot est introduit dans la langue française par Rousseau à la fin du XVIIIe siècle. Il désigne par la suite un élan culturel qui traverse la littérature européenne au début du XIXe siècle, puis tous les arts. Rompant avec les règles classiques, la génération romantique explore toutes les émotions données par de nouveaux sujets, en privilégiant souvent la couleur et le mouvement.
Salon :
Au XVIIIe siècle les expositions des membres de l’Académie royale de peinture et de sculpture se tenaient dans le Salon carré du Louvre. Le terme « Salon » désigne par la suite toutes les expositions régulières organisées par l’Académie.
Transi :
Variante du gisant apparue dans le dernier tiers du XIVe siècle et présentant le corps du défunt en état de décomposition.
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