La photographie au service de l’information

De la commande officielle de Napoléon III à Gustave Le Gray jusqu'aux grands reporters contemporains, la photographie s'est imposée comme un outil d'information, de communication et parfois de propagande. Comment le progrès technique — du collodion humide au Leica, en passant par le bélinographe — a-t-il transformé la rapidité et la nature du reportage ? La célèbre image de Robert Capa en Espagne illustre bien cette tension entre vérité documentaire et construction du mythe : au service de l'information ou de sa propre légende ?

1852

Second Empire

Tableau de Franz Xaver Winterhalter, l'impératrice Eugénie entourée de ses dames d'honneur (Second Empire)

1854

Début de la guerre de Crimée

Infirmière portant secours à un soldat blessé pendant la guerre de Crimée

1861

Début de la guerre de sécession aux États-Unis

Champ de bataille jonché de corps pendant la guerre de Sécession

1914 (13 mai)

Première transmission du bélinographe à la Une du journal

Une du journal Le Petit Journal annonçant la première photo transmise par bélinographe (1914)

1925

Invention du Leica

Photographe tenant un appareil Leica, le visage collé au viseur

1928

Essor des magazines illustrés

Une du magazine Vu montrant un caméraman à l'œuvre

1936

Guerre espagnole

Robert Capa, Mort d'un soldat républicain près de Cordoue (guerre d'Espagne, 1936)

1939

Début de la Seconde Guerre mondiale

Adolf Hitler posant devant la tour Eiffel à Paris (1940)

Arrêt sur image

Roger Fenton, The Valley of the Shadow of Death (La Vallée de l'Ombre de la Mort), épreuve sur papier salé, 1855

Domaine Public, CC0 Art Institute of Chicago

Roger Fenton, The Valley of the Shadow of Death (La Vallée de l'Ombre de la Mort), épreuve sur papier salé, 1855

C’est à la demande de la reine Victoria que Roger Fenton se rend en Crimée. L’objet de la mission n’est pas tant « journalistique » qu’une opération de communication institutionnelle pour une guerre peu compréhensible pour les sujets de sa Majesté. Fenton ne représente pas l’âpreté des combats contre les soldats russes. La lenteur et la lourdeur du procédé collodion ne le permettent pas. Cette photographie d’un théâtre des opérations fonctionne sur un plan métaphorique. Dans ce paysage désolé, l’amoncellement des boulets sur le sol compte pour autant de soldats morts dans la bataille

Alexander Gardner, A Sharpshooter’s last sleep, Gettysburg, Pennsylvania (Le dernier sommeil d'un tireur d'élite, Gettysburg, Pennsylvanie), épreuve sur papier albuminé, 1863

Domaine Public, CC0 Art Institute of Chicago

Alexander Gardner, A Sharpshooter’s last sleep, Gettysburg, Pennsylvania (Le dernier sommeil d'un tireur d'élite, Gettysburg, Pennsylvanie), épreuve sur papier albuminé, 1863

Alexander Gardner fait partie de l’équipe de photographes dirigée par Matthew Brady lors de la guerre de Sécession américaine. Les batailles qui opposent les soldats du Nord aux confédérés du Sud esclavagiste sont d’une violence extrême et laissent le sol jonché de cadavres. Gardner n’occulte rien de cette tragédie civile. Ici, nulle allusion ou euphémisme photographique, c’est bien la mort qui est froidement représentée. Exposées et publiées dans l’ouvrage Gardner’s Photographic Sketch Book of the War, ces photographies auront un fort retentissement auprès du peuple des États-Unis.