Code de Hammurabi, roi de Babylone | Panorama de l'art

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Code de Hammurabi, roi de Babylone

Code de Hammurabi, roi de Babylone. Provient de Suse, en Iran. Vers 1792-1750 av. J.-C., sculpture (basalte), 225 × 79 × 47 cm. Paris, musée du Louvre (Sb 8)
  • Code de Hammurabi, roi de Babylonea
  • Code de Hammurabi, roi de Babyloneb
  • Code de Hammurabi, roi de Babylonec
  • Code de Hammurabi, roi de Babyloned
  • Gudea, prince de Lagash1
  • Statuette d’homme agenouillé2
  • Sommet de stèle orné d’une scène de libation devant un dieu assis (probablement Shamash)3
Code de Hammurabi, roi de Babylone
dimension : H. 225 cm ; L. 79 cm ; P. 47 cm
matériaux : basalte
technique : sculpture
provenance : Iran, Suse
datation : vers 1792-1750 av. J.-C.
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Code de Hammurabi, roi de Babylone. Provient de Suse, en Iran. Vers 1792-1750 av. J.-C., sculpture (basalte), 225 × 79 × 47 cm. Paris, musée du Louvre (Sb 8)
Code de Hammurabi, roi de Babylone
dimension : H. 225 cm ; L. 79 cm ; P. 47 cm
matériaux : basalte
technique : sculpture
provenance : Iran, Suse
datation : vers 1792-1750 av. J.-C.
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Code de Hammurabi, roi de Babylone (détail du sommet de la stèle : Hammurabi devant le dieu Shamash). Provient de Suse, en Iran. Vers 1792-1750 av. J.-C., sculpture (basalte), 225 × 79 × 47 cm. Paris, musée du Louvre (Sb 8)
Code de Hammurabi, roi de Babylone
Détail du sommet de la stèle : Hammurabi devant le dieu Shamash
dimension : H. 225 cm, L. 79 cm ; P. 47 cm
matériaux : basalte
technique : sculpture
provenance : Iran, Suse
datation : vers 1792-1750 av. J.-C.
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Code de Hammurabi, roi de Babylone (dos de la stèle). Provient de Suse, en Iran. Vers 1792-1750 av. J.-C., sculpture (basalte), 225 × 79 × 47 cm. Paris, musée du Louvre (Sb 8)
Code de Hammurabi, roi de Babylone
Dos de la stèle
dimension : H. 225 cm ; L. 79 cm ; P. 47 cm
matériaux : basalte
technique : sculpture
provenance : Iran, Suse
datation : vers 1792-1750 av. J.-C.
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Code de Hammurabi, roi de Babylone (détail : texte gravé). Provient de Suse, en Iran. Vers 1792-1750 av. J.-C., sculpture (basalte), 225 × 79 × 47 cm. Paris, musée du Louvre (Sb 8)
Code de Hammurabi, roi de Babylone
Détail : texte gravé
dimension : H. 225 cm ; L. 79 cm ; P. 47 cm
matériaux : basalte
technique : sculpture
provenance : Iran, Suse
datation : vers 1792-1750 av. J.-C.
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Gudea, prince de Lagash. Provient de Tello, en Irak. Vers 2120 av. J.-C., sculpture (diorite), 70,5 × 22,4 cm. Paris, musée du Louvre (AO 29155)
Gudea, prince de Lagash
dimension : H. 70,5 cm ; L. 22,4 cm
matériaux : diorite
technique : sculpture
provenance : Irak, Tello
datation : vers 2120 av. J.-C.
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Statuette d’homme agenouillé (L’Adorant de Larsa ; ex-voto dédié au dieu Amurru pour la vie de Hammurabi). Provient de Larsa, en Irak. Début du IIe millénaire av. J.-C., sculpture (fonte à la cire perdue ; bronze, or), 19,6 × 14,8 × 7 cm. Paris, musée du Louvre (AO 15704)
Statuette d’homme agenouillé
Ex-voto dédié au dieu Amurru pour la vie de Hammurabi
L’Adorant de Larsa
dimension : H. 19,6 cm ; L. 14,8 cm ; P. 7 cm
matériaux : bronze, or
technique : sculpture (fonte à la cire perdue)
provenance : Irak, Larsa
datation : début du IIe millénaire av. J.-C.
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Sommet de stèle orné d’une scène de libation devant un dieu assis (probablement Shamash). Provient de Suse, en Iran. Fin du IIIe millénaire av. J.-C., sculpture (bas-relief ; calcaire blanc), 67 × 62 cm. Paris, musée du Louvre (Sb 7)
Sommet de stèle orné d’une scène de libation devant un dieu assis (probablement Shamash)
dimension : H. 67 cm ; L. 62 cm
matériaux : calcaire blanc
technique : sculpture (bas-relief)
provenance : Iran, Suse
datation : fin du IIIe millénaire av. J.-C.
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre

En quoi cette stèle austère est-elle à la fois un chef-d’œuvre et un document historique exceptionnel ?

Pendant l’hiver 1901-1902, l’archéologue français Jacques de Morgan découvre cette imposante stèle de basalte image principale au cours de fouilles à Suse, dans le Sud-Ouest de l’Iran.

Celle-ci a été réalisée à Babylone (Irak) au XVIIIe siècle av. J.-C., sous le règne du roi Hammurabi, puis transportée en Iran cinq siècles plus tard. Elle constitue le plus ancien ensemble de lois connu. 

Babylone, capitale mésopotamienne

Dans l’Antiquité, l’Irak actuel est appelé Mésopotamie, terme venant du grec et signifiant « entre deux fleuves », allusion au Tigre et à l’Euphrate traversant le pays. Vers la fin du IVe millénaire av. J.-C., elle est le berceau de la première grande civilisation connue. On y a trouvé non seulement les plus vieux vestiges d’une urbanisation importante mais aussi la plus vieille écriture découverte à ce jour.

De 1792 à 1750 av. J.-C., Hammurabi gouverne la majeure partie de la Mésopotamie, dénommée alors Babylonie d’après le nom de sa capitale, Babylone. Riche cité dès cette époque, elle atteint son apogée à la fin de la civilisation mésopotamienne (VIe siècle av. J.-C.), sous le règne du roi Nabuchodonosor II.

Hammurabi, monarque législateur

Au sommet de la stèle image b, deux personnages sont sculptés en relief. À gauche, Hammurabi, barbu, est figuré debout, de profil. Il porte la tenue caractéristique des rois mésopotamiens image 1 : un bonnet à large bandeau et une robe longue laissant l’épaule droite nue. Il lève sa main droite devant sa bouche, geste traditionnel de dévotion image 2 qu’il adresse  à l’homme lui faisant face.

Celui-ci, également barbu, porte une tiare décorée de cornes de bovidé superposées, ornement de coiffure réservé aux divinités. Les petits rayons montant de ses épaules permettent de l’identifier comme le dieu du soleil, Shamash. Vêtu d’une robe à volants, il est assis sur un trône reposant sur un socle à motifs d’écailles, représentation habituelle de la montagne du Zagros, dans l’Est irakien,au-dessus de laquelle l’astre du jour apparaît chaque matin.

Shamash est aussi le dieu de la justice. Ici, c’est surtout dans cette fonction qu’il est montré : il donne au roi un bâton et un anneau, insignes du pouvoir royal, qui s’inspirent de la règle à mesurer et de la corde d’arpentage, souvent utilisés par les premiers souverains mésopotamiens pour construire des temples image 3. A l’époque d’ Hammurabi, ces anciens instruments de mesure symbolisent aussi l’équité transmise au roi par le dieu de la justice.

Car, sous le bas-relief, les deux tiers de la stèle sont gravés d’une longue suite de lois élaborées par Hammurabi, couvrant jusqu’à l’arrière du monument image c. Ces lois constituent le plus ancien ensemble législatif presque complet connu à ce jour ; il fut dénommé Code de Hammurabi par l’archéologue Jean-Vincent Scheil, qui en fit la première traduction en 1902.

Les lois

Le texte, rédigé en akkadien, langue de la Babylonie, est transcrit en cunéiforme. Cette écriture présente des caractères évoquant des clous image d, d’où son appellation par les savants qui l’étudièrent au XIXe siècle : cunéiforme vient du latin cuneus, qui signifie clou, coin .

Utilisée en lignes tracées de gauche à droite, elle peut, pour les écrits importants, être présentée en colonnes et se lire verticalement, ce qui est le cas ici, le texte commençant sous le siège de Shamash.

Dans l’introduction, Hammurabi, inspiré par An et Enlil, dieux du ciel et de l’air, se compare à Shamash pour l’établissement de la justice.

Le corps du texte est composé de 282 articles de droit social. Chacun évoque d’abord un délit (la phrase débutant par si …), puis le châtiment qui en découle. Ainsi, une loi déclare : Si un homme a crevé l’œil d’un notable, on lui crèvera un œil. Une autre établit que Si un homme casse la dent d’un autre homme, il aura la dent cassée. Ces deux lois anticipent de plus de mille ans la loi du talion biblique : Œil pour œil, dent pour dent. 

Cependant, les sentences varient suivant le statut social de l’accusé. Les Babyloniens sont en effet répartis en trois classes  : les notables, les personnes du peuple et les esclaves. Ainsi, si un notable crève l’œil d’un simple citoyen, il doit seulement payer une amende. De même, si un médecin blesse accidentellement un notable et que celui-ci meurt, sa main est coupée ; mais si le malade est un esclave, le médecin doit simplement fournir un autre esclave. Néanmoins, les privilégiés ne sont pas toujours favorisés : ainsi, un homme du peuple soigné pour une fracture paie beaucoup moins qu’un notable.

Les lois concernent souvent la famille, cellule primordiale assurant la transmission des biens et des activités professionnelles, le soin aux parents âgés et le culte des ancêtres. Elle est placée sous l’autorité du père qui, en plus de son épouse, peut avoir des concubines. Il peut aussi avoir une épouse secondaire si la première est stérile (l’infertilité étant toujours imputée aux femmes dans la société babylonienne), très malade ou volage. Dans ce dernier cas, le Code précise que Si l’épouse de quelqu’un a été prise à coucher avec un autre homme, on les liera et on les jettera à l’eau. La femme ayant assassiné son mari pour vivre avec son amant est quant à elle empalée.

Au chapitre des enfants, une loi déclare que la nourrice qui allaite insuffisamment un bébé, causant ainsi son décès, aura le sein tranché. Selon un autre décret, si un fils a frappé son père, on lui coupera le poignet. Quant aux questions d’héritage, un article stipule que les fils d’un même père mais d’une mère différente devront recevoir des parts égales du patrimoine paternel.

Différentes professions (notamment agricoles) sont mentionnées : ainsi, le maçon bâtisseur d’une maison qui s’écroule, tuant son propriétaire, sera mis à mort. Si la victime est le fils du propriétaire, c’est le fils du maçon qui sera exécuté.

D’autres lois évoquent la propriété et le vol.

En cas de doute sur la culpabilité de l’accusé, on recourt à l’ordalie : le suspect est jeté dans le fleuve, une pierre attachée au cou : si les dieux le considèrent innocent, il ne se noiera pas et parviendra à regagner la berge …

Hammurabi conclut : Ma stèle […] je l’ai dressée devant ma statue de roi de justice, dans Babylone […]. Que l’opprimé qui a un procès […] lise ma stèle […] afin qu’il voie la sentence le concernant et que son cœur s’apaise !

Sylvie Cuni-Gramont

Permalien : https://panoramadelart.com/stele-d-hammurabi-mesopotamie

Publié le 03/11/2020

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ressources internet

  1. Le Code de Hammurabi sur Wikipédia
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Code_de_Hammurabi
  2. Le parcours « Chefs-d’œuvre de Babylone. Les dieux en Mésopotamie » sur le site du musée du Louvre
    https://louvre.fr/routes/babylone
  3. La traduction en français du Code de Hammurabi sur Wikistrike
    http://www.wikistrike.com/article-traduction-en-fran-ais-du-code-d-hammurabi-669
  4. Voir aussi le site Histoiredesarts.culture.fr

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glossaire

Talion :
Du latin talis... talis (« tel... tel »).
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