Torse féminin du type de l’Aphrodite de Cnide | Panorama de l'art

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Torse féminin du type de l’Aphrodite de Cnide copie romaine d’après Praxitèle (IVe siècle av. J.-C.)

D’après Praxitèle (IVe siècle av. J.-C.), torse féminin du type de l’Aphrodite de Cnide (vue de face). Époque romaine impériale (IIe siècle apr. J.-C. [?]), sculpture (marbre de Paros), 122 cm. Paris, musée du Louvre (no inv. Ma 2184)
  • Torse féminin du type de l’Aphrodite de Cnidea
  • Torse féminin du type de l’Aphrodite de Cnideb
  • Aphrodite du type Vénus Génitrix1
  • Statue du type de l’Aphrodite de Cnide2
  • Aphrodite du type du Capitole avec Éros monté sur un dauphin3
  • Tête féminine du type de l’Aphrodite de Cnide4
  • Tête féminine du type de l’Aphrodite de Cnide5
  • Statue féminine drapée acéphale6
  • Apollon7
  • Artémis Brauronia8
Torse féminin du type de l’Aphrodite de Cnide
Vue de face
auteur(s) : copie romaine d’après Praxitèle (IVe siècle av. J.-C.)
dimension : H. 122 cm
matériaux : marbre de Paros
technique : sculpture
datation : époque romaine impériale (IIe siècle apr. J.-C. [?])
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
D’après Praxitèle (IVe siècle av. J.-C.), torse féminin du type de l’Aphrodite de Cnide (vue de face). Époque romaine impériale (IIe siècle apr. J.-C. [?]), sculpture (marbre de Paros), 122 cm. Paris, musée du Louvre (no inv. Ma 2184)
Torse féminin du type de l’Aphrodite de Cnide
Vue de face
auteur(s) : copie romaine d’après Praxitèle (IVe siècle av. J.-C.)
dimension : H. 122 cm
matériaux : marbre de Paros
technique : sculpture
datation : époque romaine impériale (IIe siècle apr. J.-C. [?])
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
D’après Praxitèle (IVe siècle av. J.-C.), torse féminin du type de l’Aphrodite de Cnide (vue de dos). Époque romaine impériale (IIe siècle apr. J.-C. [?]), sculpture (marbre de Paros), 122 cm. Paris, musée du Louvre (no inv. Ma 2184)
Torse féminin du type de l’Aphrodite de Cnide
Vue de dos
auteur(s) : copie romaine d’après Praxitèle (IVe siècle av. J.-C.)
dimension : H. 122 cm
matériaux : marbre de Paros
technique : sculpture
datation : époque romaine impériale (IIe siècle apr. J.-C. [?])
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
D’après Callimaque (Ve siècle av. J.-C.), Aphrodite du type Vénus Génitrix (vue de face après restauration). Époque romaine impériale (fin du Ier siècle ou début du IIe siècle apr. J.-C.), sculpture (marbre de Paros), 164 cm. Paris, musée du Louvre (no inv. Ma 525)
Aphrodite du type Vénus Génitrix
Vue de face après restauration
auteur(s) : copie romaine d’après Callimaque (Ve siècle av. J.-C.)
dimension : H. 164 cm
matériaux : marbre de Paros
technique : sculpture
datation : époque romaine impériale (fin du Ier siècle ou début du IIe siècle apr. J.-C.)
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
D’après Praxitèle (IVe siècle av. J.-C.), Statue du type de l’Aphrodite de Cnide (Vénus du Belvédère). Époque romaine impériale, sculpture (marbre), 185 cm. Vatican, Museo Pio Clementino (no inv. 4260)
Statue du type de l’Aphrodite de Cnide
Vénus du Belvédère
auteur(s) : copie romaine d’après Praxitèle (IVe siècle av. J.-C.)
dimension : H. 185 cm
matériaux : marbre
technique : sculpture
datation : époque romaine impériale
lieu de conservation : Vatican, Museo Pio Clementino
Aphrodite du type du Capitole avec Éros monté sur un dauphin
Aphrodite du type du Capitole avec Éros monté sur un dauphin
auteur(s) : copie romaine d’après Praxitèle (IVe siècle av. J.-C.)
dimension : H. 180 cm
matériaux : marbre de Paros
technique : sculpture
datation : première moitié du IIe siècle av. J.-C.
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
D’après Praxitèle (IVe siècle av. J.-C.), tête féminine du type de l’Aphrodite de Cnide. Époque romaine impériale (IIe siècle apr. J.-C. [?]), sculpture (marbre), 34 cm. Paris, musée du Louvre (no inv. Ma 421)
Tête féminine du type de l’Aphrodite de Cnide
auteur(s) : copie romaine d’après Praxitèle (IVe siècle av. J.-C.)
dimension : H. 34 cm
matériaux : marbre
technique : sculpture
datation : époque romaine impériale (IIe siècle apr. J.-C. [?])
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
D’après Praxitèle (IVe siècle av. J.-C.), tête féminine du type de l’Aphrodite de Cnide (Tête Kaufmann). Vers 150 av. J.-C., sculpture (marbre), 35 cm. Paris, musée du Louvre (no inv. Ma 3518)
Tête féminine du type de l’Aphrodite de Cnide
Tête Kaufmann
auteur(s) : d’après Praxitèle (IVe siècle av. J.-C.)
dimension : H. 35 cm
matériaux : marbre
technique : sculpture
provenance : Turquie, Tralles
datation : vers 150 av. J.-C.
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Statue féminine drapée acéphale. Provient de Cyrène (Libye). Époque romaine impériale (IIe siècle apr. J.-C.), sculpture (marbre), 160 cm. Paris, musée du Louvre (no inv. Ma 1779)
Statue féminine drapée acéphale
dimension : H. 160 cm
matériaux : marbre
technique : sculpture
provenance : Libye, Cyrène
datation : époque romaine impériale (IIe siècle apr. J.-C.)
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
D’après Praxitèle (IVe siècle av. J.-C.), Apollon (Apollon sauroctone). IIe siècle apr. J.-C., sculpture (marbre), 149 cm. Paris, musée du Louvre (no inv. Ma 441)
Apollon
Apollon sauroctone
auteur(s) : d’après Praxitèle (IVe siècle av. J.-C.)
dimension : H. 149 cm
matériaux : marbre de Paros
technique : sculpture
provenance : Italie
datation : IIe siècle apr. J.-C.
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Artémis Brauronia. Provient d’Athènes (Grèce). Vers 330 av. J.-C., sculpture (marbre), 56 cm. Grèce, Athènes, musée de l’Acropole
Artémis Brauronia
dimension : H. 56 cm
matériaux : marbre
technique : sculpture
provenance : Grèce, Athènes
datation : vers 330 av. J.-C.
lieu de conservation : Grèce, Athènes, musée de l’Acropole

Pourquoi cette statue féminine était-elle la plus célèbre de l’Antiquité ?

Cette sculpture fragmentaire image principale image b est une copie romaine de l’Aphrodite de Cnide, une sculpture grecque très célèbre dans l’Antiquité. L’œuvre originale a été réalisée par Praxitèle vers 360 av. J.-C. et a été sculptée dans du marbre de Paros.

Dans l’Antiquité grecque et romaine, l’Aphrodite de Cnide fait partie des deux statues les plus admirées avec le Zeus d’Olympie, œuvre chryséléphantine du sculpteur Phidias, considérée comme l’une des Sept Merveilles du monde.

Une statue d’une grande beauté

Au Ier siècle apr. J.-C., soit quatre cents ans après sa création, Pline l’Ancien écrit dans ses Histoires naturelles que l’Aphrodite de Cnide surpasse toutes les œuvres « de la terre entière ». Il rapporte la célèbre histoire selon laquelle Praxitèle avait sculpté deux statues d’Aphrodite, l’une vêtue et l’autre nue, pour les villes de Cos et de Cnide. Les habitants de Cos choisirent la déesse vêtue, les habitants de Cnide celle qui était nue.

La statue nue fit pour des siècles la renommée de Cnide. Cette première représentation d’un nu féminin de taille humaine attira en effet nombre de voyageurs tout au long de l’Antiquité. Parmi eux, trois amis que met en scène le Pseudo-Lucien dans Les Amours : il raconte que l’un d’eux tomba amoureux de la sculpture, au point de se laisser enfermer dans le monument où elle était exposée afin de passer la nuit avec elle.

Cette attraction tenait en grande partie à la beauté de l’Aphrodite de Cnide, que l’auteur Athénée disait inspirée du corps de la belle Phrynè, la compagne de Praxitèle.

Enquête sur une statue disparue

L’Aphrodite de Cnide connut un tel succès qu’elle fut sans cesse copiée et recopiée durant sept siècles, dès sa création, puis tout au long de l’Empire romain : pas moins de deux cents copies de différentes tailles et matières sont recensées à ce jour.

Mais, comme la plupart des statues grecques les plus célèbres, la sculpture de Praxitèle a aujourd’hui disparu ; elle semble avoir été détruite dans un incendie à la fin de l’Antiquité.

Pour étudier l’œuvre originale, il faut donc analyser les témoignages écrits, rarement contemporains, les copies plus ou moins fidèles, fragments, statuettes en bronze, en terre cuite… Le travail des historiens de l’art se fonde sur une discipline qu’ils nomment la « critique des copies » : ils tentent, à travers tous ces éléments, d’avoir l’idée la plus juste possible de l’œuvre originale. Les conclusions restent toutefois souvent incertaines.

L’invention de la nudité féminine

Toutefois à partir de ces éléments, une analyse globale de l’œuvre originale est  possible.

La grande nouveauté de cette image de la déesse était la nudité. En effet, si le corps masculin nu est représenté dès le début de la sculpture grecque, le corps féminin ne se dévoile qu’à la fin du Vè siècle av. J.-C. dans la grande statuaire ; les effets de draperies mouillées image 1témoignent alors d’un regard nouveau porté sur la sensualité féminine.

Pour sculpter le corps d’Aphrodite, Praxitèle avait choisi le marbre, qu’il devait considérer comme mieux adapté au traitement du modelé des chairs.

Il faut imaginer cette sculpture polychrome. Les auteurs de l’antiquité  nous apprennent en effet que la statue avait été peinte par le célèbre Nicias, admiré pour le rendu illusionniste des ombres et des lumières.

Une des copies romaines les mieux conservées, dite la Vénus du Belvédère image 2, montre la déesse nue, debout, la tête légèrement tournée vers sa gauche, la main droite devant son sexe, la gauche prenant – ou déposant – une draperie sur le vase posé à côté d’elle.

La pondération est classique : l’appui sur la jambe droite et le relâchement de la jambe gauche entraînent une inclinaison du bassin qui se répercute selon un rythme croisé dans la position des épaules. Si cette attitude rappelle les créations athlétiques de Polyclète, les cuisses doucement rapprochées et le dos légèrement incliné en avant féminisent l’allure générale du corps qui s’offre au regard du spectateur. Cette construction est bien lisible sur le torse fragmentaire du musée du Louvre ; il révèle mieux encore le gonflement du triangle pubien image principale et, dans la vue de dos, l’inclinaison des épaules et la rondeur des hanches image b.

Quel était son visage ?

Si les auteurs de l’Antiquité vantaient la beauté du corps de l’Aphrodite de Cnide, ils n’étaient pas moins émerveillés par celle de son visage, « son léger sourire » (Pseudo-Lucien, Les Amours), « la douceur de son regard humide à l’éclat et à la bienveillance sans égale » (Lucien, Les Images).

Quel écho de cette forte impression les copies antiques nous livrent-elles ?

La même structure générale se retrouve invariablement dans toutes les copies : le triangle du front, les cheveux ondulés en bandeaux sur les tempes de part et d’autre d’une raie médiane, les yeux à la paupière inférieure s’effaçant dans la joue, la bouche petite aux lèvres légèrement entrouvertes.

Cependant, si certaines copies montrent un visage aux joues pleines image 4, d’autres offrent un dessin plus aigu image 5.

Quel est le sens de cette nudité ?

Malgré la présence de la draperie et du vase, l’Aphrodite de Cnide ne doit pas être considérée comme une simple déesse au bain. Tente-t-elle de dévoiler ou bien de cacher sa nudité ?

Les historiens de l’art ont voulu discerner plusieurs types, un type calme et un type inquiet dont l’évolution ultime serait l’Aphrodite pudique image 3, qui dissimule son corps au regard étranger.

Toutefois, les témoignages antiques s’accordent pour dire que l’Aphrodite de Cnide exprimait une grande sérénité. Aphrodite, déesse de la beauté, déesse de l’amour, est la déesse céleste, fille d’Ouranos, puissance primordiale, source de fécondité.

Praxitèle et la sculpture du IVe siècle av. J.-C.

La carrière de Praxitèle est difficile à retracer. Athénien, fils de sculpteur, père de sculpteur, il fait partie de la génération des créateurs du IVe siècle av. J.-C. qui renouvellent les grandes inventions plastiques du début du classicisme. Ainsi, outre l’introduction de la nudité féminine dans la grande statuaire, Praxitèle propose de nouvelles formules dans la représentation du corps féminin drapé image 6.

Par ailleurs, il privilégie le corps adolescent aux dépens du corps athlétique et confère une élégance sensuelle au nu masculin image 7.

Autant de nouveautés qui rencontreront un succès sans pareil auprès des collectionneurs romains et conduiront à la multiplication des copies ou des réinterprétations de ses œuvres. Nous savons, par exemple, que l’homme politique romain Cicéron collectionnait des « têtes praxitéliennes », c’est-à-dire dans le style de Praxitèle, car il appréciait la sensualité et la douceur qui s’en dégageaient.

La personnalité de Praxitèle est sans doute complexe, et la recherche sur son œuvre reste d’actualité. Le sculpteur est ainsi considéré depuis peu comme l’auteur d’une tête colossale d’Artémis retrouvée sur l’acropole d’Athènes, qui relève d’un style monumental complètement différent image 8.

Hélène Bordier

Permalien : https://panoramadelart.com/aphrodite-de-cnide-praxitele

Publié le 03/11/2020

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ressources internet

  1. Un texte sur l’Aphrodite de Cnide et les Aphrodites nues de Praxitèle sur le site Praxitèle. Un maître de la sculpture antique réalisé dans le cadre de l’exposition Praxitèle présentée au musée du Louvre (23 mars – 18 juin 2007)
    mini-site.louvre.fr/praxitele/html/1.4.3.1_fr.html
  2. Un texte sur la personnalité du sculpteur Praxitèle sur le site Praxitèle. Un maître de la sculpture antique réalisé dans le cadre de l’exposition Praxitèle présentée au musée du Louvre (23 mars – 18 juin 2007)
    mini-site.louvre.fr/praxitele/html/1.7.2_fr.html
  3. La notice de la Tête Kaufmann sur le site du musée du Louvre
    https://www.louvre.fr/oeuvre-notices/tete-feminine-du-type-de-l-aphrodite-de-cni
  4. La notice de l’Apollon sauroctone sur le site du musée du Louvre
    https://www.louvre.fr/oeuvre-notices/apollon-sauroctone
  5. Un texte sur l’Hermès d’Olympie sur le site Praxitèle. Un maître de la sculpture antique réalisé dans le cadre de l’exposition Praxitèle présentée au musée du Louvre (23 mars – 18 juin 2007)
    mini-site.louvre.fr/praxitele/html/1.4.7.4_fr.html
  6. Voir aussi le site Histoiredesarts.culture.fr

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glossaire

Chryséléphantine :
Adjectif tiré du grec qui qualifie une sculpture faite d’or et d’ivoire.
Ouranos :
Dieu du Ciel chez les Grecs, vénéré sous le nom d’Uranus chez les Romains.
Période classique :
Période englobant les Ve et IVe siècles av. J.-C., qui voit naître en Grèce des innovations décisives dans les arts. En sculpture, de grands artistes comme Polyclète, Praxitèle ou Lysippe travaillent sur la représentation du corps en mouvement dans l’espace. Leurs œuvres seront des modèles suivis durant la période hellénistique et dans l’art romain.
Pline l’Ancien :
Écrivain romain du Ier siècle apr. J.-C., auteur d’une Histoire naturelle.
Pondération des corps :
Le mot pondération vient du latin « pondus », « poids ». Le terme désigne la façon dont l’artiste construit la répartition du poids dans l’équilibre des corps.
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