Découvrir les œuvres de Daumier Honoré analysées et commentées par les experts de GrandPalaisRmn
Caricaturiste, dessinateur, lithographe, peintre et sculpteur français, Honoré Daumier est le fils d'un ouvrier vitrier de Marseille. Il s'installe à Paris en 1814.
Honoré Daumier prend des cours de dessin auprès d'Alexandre Lenoir et s'initie à la lithographie.
En 1829, il publie ses premières caricatures dans le journal La Silhouette fondé par Charles Philipon. Pendant la monarchie de Juillet, il déploie son talent de lithographe et de caricaturiste. Il plublie de nombreuses caricatures, qui sont des charges sociales et politiques redoutables dans les journaux de Charles Philipon (La Caricature, Le Charivari). Daumier reprend la forme créée par Philipon pour le visage de Louis-Philippe en poire et croque le roi en Gargantua, l'une de ses premières grandes lithographies politiques en 1831. Le dessinateur est condamné à six mois de prison et à une amende de 500 francs et la pierre lithographique originale est brisée.
Charles Philipon commande à Daumier les bustes-charges des Célébrités du juste milieu, personnalités du régime de la monarchie de Juillet qu'il va modeler en terre cuite et peindre. Ses sculptures servent à la lithographie du Ventre législatif publiée en 1834. La censure frappe Daumier après le durcissement des lois sur la liberté de la presse en 1835. Il croque alors sur la société de son temps, son oeuvre gravée se rapproche de la Comédie humaine de Balzac. Ses caricatures donnent lieu à plusieurs séries (Les Gens de Justice, Robert Macaire, Les Types parisiens...)
Républicain convaincu, Daumier esquisse une figure de la République lors de la IIe République en 1848.,C'est probablement sa première fois picturale. Il participe ensuite comme peintre plusieurs fois au Salon. Dans le climat politique qui précède le coup d’État du 2 décembre 1851, Daumier crée le personnage de Ratapoil, agent de propagande, provocateur et espion au service de la cause bonapartiste. Il le modèle et le dessine à plusieurs reprises. Avec le Second Empire et le retour de la censure, Daumier se tourne à nouveau vers la caricature des moeurs et se penche sur la vie quotidienne de ces concitoyens et notamment des Parisiens. De 1860 à 1863, Daumier est renvoyé du Charivari et connait des difficultés financières. Il peint et dessine sans pouvoir vivre de son art. Sa vue décline à partir de 1867.
Avec la fin du Second Empire et la menace de la guerre avec la Prusse, Daumier livre, avec une économie de moyens, des lithographies saisissantes. Les dernières planches politiques de Daumier sont consacrés à L'Année terrible (1871). Il se retire à Valmondois. Presque aveugle en 1873, il ne peut plus dessiner. Il est sans ressources : Camille Corot intervient et achète sa maison afin qu'il n'en soit pas expulsé. En 1878, une exposition rétrospective, présidée par Victor Hugo, est organisée chez Durand-Ruel : 94 peintures, aquarelles, lithographies sont exposées.
Fatigué et aveugle, Daumier ne peut pas être présent lors de l'inauguration. La IIIe République lui alloue une pension misérable. Honoré Daumier meurt l'année suivante, enterré civilement à Valmondois, son corps est transféré au cimetière du Père-Lachaise en 1880.
Si l'oeuvre de Daumier, témoin de son temps, est indissociable de la vie politique française, sa vie, elle, a été d'une grande simplicité, sans histoire et sans voyage.
Année de naissance : 1808
Année de décès : 1879
Ville de naissance : Marseille (Bouches-du-Rhône)
Ville de décès : Valmondois (Val-d'Oise)
Sexe : Homme