Les Yeux clos | Panorama de l'art

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Les Yeux clos Odilon Redon (1840-1916)

Les Yeux clos, Odilon Redon (1840-1916), musée d'Orsay
  • Les Yeux closa
  • Madame Odilon Redon1
  • Captif2
  • Esprit gardien des eaux3
  • Marguerites4
  • Vase de fleurs5
  • Le Bouddha6
  • Hommage à Cézanne7
Les Yeux clos
auteur(s) : Odilon Redon (1840-1916)
dimension : H. 44 cm ; L. 36 cm
matériaux : huile sur carton
technique : peinture
datation : 1890
lieu de conservation : Paris, musée d’Orsay
Les Yeux clos, Odilon Redon (1840-1916), musée d'Orsay
Les Yeux clos
auteur(s) : Odilon Redon (1840-1916)
dimension : H. 44 cm ; L. 36 cm
matériaux : huile sur carton
technique : peinture
datation : 1890
lieu de conservation : Paris, musée d’Orsay
Madame Odilon Redon, Odilon Redon (1840-1916), Paris, musée d’Orsay
Madame Odilon Redon
auteur(s) : Odilon Redon (1840-1916)
dimension : H. 45,5 cm ; L. 37,5 cm
matériaux : huile sur toile
technique : peinture
datation : 1882
lieu de conservation : Paris, musée d’Orsay
Captif, Esclave mourant, Michelangelo Buonarroti, dit Michel-Ange (1475-1564), Paris, musée du Louvre
Captif
Commandé en 1505 pour le tombeau du pape Jules II (1441-1513) avec l’Esclave rebelle
Esclave mourant
auteur(s) : Michelangelo Buonarroti, dit Michel-Ange (1475-1564)
dimension : H. 227,7 cm ; L. 72,4 cm ; P. 53,5 cm
matériaux : marbre
technique : sculpture
datation : 1513-1515
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Esprit gardien des eaux, Odilon Redon (1840-1916), États-Unis d’Amérique, Chicago, The Art Institute of Chicago, David Adler Collection
Esprit gardien des eaux
Guardian Spirit of the Waters
auteur(s) : Odilon Redon (1840-1916)
dimension : H. 46,6 cm ; L. 37,6 cm
matériaux : fusain, pierre noire et rehauts de craie sur vélin
technique : dessin
datation : 1878
lieu de conservation : États-Unis d’Amérique, Chicago, The Art Institute of Chicago, David Adler Collection
Marguerites, Odilon Redon (1840-1916), Paris, musée d’Orsay
Marguerites
Commandé par Robert de Domecy pour la salle à manger de son château
auteur(s) : Odilon Redon (1840-1916)
dimension : H. 123 cm ; L. 149,5 cm
matériaux : huile, fusain et pastel sur toile
technique : détrempe
datation : 1901
lieu de conservation : Paris, musée d’Orsay
Vase de fleurs, Odilon Redon (1840-1916), Paris, Petit Palais – musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris
Vase de fleurs
auteur(s) : Odilon Redon (1840-1916)
dimension : H. 63,8 cm ; L. 62,6 cm
matériaux : crayon graphite et pastel sur papier et carton
technique : dessin
datation : après 1912
lieu de conservation : Paris, Petit Palais – musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris
Le Bouddha, Odilon Redon (1840-1916), Paris, musée d’Orsay
Le Bouddha
auteur(s) : Odilon Redon (1840-1916)
dimension : H. 90 cm ; L. 73 cm
matériaux : pastel sur papier beige
technique : dessin
datation : entre 1906 et 1907
lieu de conservation : Paris, musée d’Orsay
Hommage à Cézanne, Maurice Denis (1870-1943), Paris, musée d’Orsay
Hommage à Cézanne
auteur(s) : Maurice Denis (1870-1943)
dimension : H. 182 cm ; L. 243,5 cm
matériaux : huile sur toile
technique : peinture
datation : 1900
lieu de conservation : Paris, musée d’Orsay
Comment esquisser l’invisible sur une toile ?

Tout au long de sa carrière, Odilon Redon développe une démarche artistique singulière au sein du courant symboliste.

Cette peinture, intitulée Les Yeux clos image principale, a été réalisée en 1890. Elle marque une étape essentielle dans le travail de l’artiste, alors âgé de 50 ans. En effet, celui-ci a recours à la couleur, alors qu’il travaillait jusque-là essentiellement en noir et blanc. Cette œuvre est depuis considérée comme un manifeste du symbolisme.

Une étrange apparition

L’œuvre est composée en deux parties : la partie supérieure montre un visage penché, légèrement décalé sur la gauche par rapport au centre de la toile, aux tons ocre sur fond bleu, tandis que la partie inférieure, séparée de la précédente par une horizontale, est occupée par un univers aquatique qui renvoie une lumière éclairant le côté gauche de la figure.

Il se dégage de cette œuvre une impression de profonde sérénité. Cette tête aux paupières fermées, aux cheveux dénoués, évoque le sommeil, le songe, le rêve. Comme l’artiste le rappelle dans son journal intime, intitulé À soi-même, il s’agit de mettre « autant que possible la logique du visible au service de l’invisible ».

Des sources d’inspiration multiples

Pour réaliser ses œuvres, Odilon Redon étudie bien souvent la réalité dans de petites esquisses pour la transformer, la mener vers un monde de poésie.

Ici, il s’inspire d’un portrait de sa femme image 1, Camille Falte (1853-1923), réalisé en 1882 et reprenant les conventions des portraits en buste de la Renaissance italienne. Par ailleurs, l’artiste a sans doute été influencé par les sculptures de Michel-Ange, en particulier son Esclave mourant image 2, qui donne à voir la même inclinaison de la tête et le motif des yeux fermés.

La couleur, synonyme de renouveau créatif

Dans cette peinture, Odilon Redon traite la couleur en couches extrêmement fines, presque transparentes. Ainsi, le support et le grain de la toile transparaissent, conférant à la composition une dimension sensible. Les notes colorées deviennent à leur tour les éléments révélateurs de l’invisible, du monde intérieur si cher au peintre. Ici, par l’emploi d’une palette claire, par les effets de lumière, Odilon Redon propose une vision apaisante.

Ce traitement en couleur marque un véritable tournant dans la carrière de l’artiste. En effet, Odilon Redon se fait d’abord connaître par ses dessins au fusain image 3, son moyen d’expression favori durant de nombreuses années. Il est marqué par sa rencontre avec le graveur Rodolphe Bresdin (1822-1885), qui l’encourage dans la voie du dessin, et est un grand admirateur de l’œuvre du peintre et graveur espagnol Francisco de Goya (1746-1828). Dans le sillage des gravures tourmentées de celui-ci, Odilon Redon produit alors une série de dessins au fusain, ses « noirs » comme il les nomme, qui présentent un univers tragique, souvent inquiétant, peuplé de monstres et de chimères. Des visages aux yeux exorbités, des têtes coupées semblent le hanter. La noirceur de son œuvre trouve son origine dans son enfance solitaire, passée dans une propriété isolée des Landes. À cela s’ajoute le drame de la perte de son premier fils, Jean, en 1886. Trois ans plus tard, la naissance du second, Ari, lui redonne goût à la vie.

Alors qu’il rencontre la célébrité avec ses œuvres noires, Odilon Redon s’intéresse à la couleur et à la peinture à l’huile, qu’il ne pratiquait jusque-là que de façon marginale, pour lui-même. Il réalise de grands panneaux décoratifs lumineux image 4 et des natures mortes image 5 qui proposent une interprétation poétique de l’univers. Tout son art est désormais voué à la couleur.

Un manifeste du symbolisme et un hommage des jeunes générations

À la suite des Yeux clos, le caractère mystique des œuvres d’Odilon Redon s’accentue. Il représente, par exemple, la figure de Bouddha image 6 entre 1906 et 1907. Cette recherche de spiritualité rejoint les préoccupations de Stéphane Mallarmé (1842-1898) et de Paul Gauguin (1848-1903), qui aspirent à un idéal, un monde pur. Par ailleurs, cette dimension symboliste est en accord avec la conception artistique des Nabis, qui l’estiment comme une référence.

Dans son Hommage à Cézanne image 7, portrait de ce groupe de jeunes artistes, Maurice Denis représente Odilon Redon à une place d’honneur : il apparaît à gauche de la toile, des lorgnons à la main, et semble donner un avis ou prodiguer un conseil que les artistes figurés écoutent avec attention.

En 1904, l’œuvre Les Yeux clos est acquise par l’État directement auprès de l’artiste et est accrochée sur les cimaises du musée du Luxembourg, musée d’art contemporain réservé aux artistes vivants. La même année, le Salon d’automne présente une soixantaine de ses œuvres. Odilon Redon est désormais largement reconnu. En 1913, une salle entière lui est consacrée à l’Armory Show, une fameuse exposition à New York, marquant l’essor des avant-gardes sur la scène internationale. L’artiste disparaît trois ans plus tard.

Véronique Duprat-Roumier

Permalien : https://panoramadelart.com/yeux-clos-redon

Publié le 27/09/2019

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ressources internet

  1. La notice de l’œuvre sur le site du musée d’Orsay
    https://www.musee-orsay.fr/fr/collections/oeuvres-commentees/peinture/commentair
  2. Le commentaire de l’œuvre sur le site « Se connaître : de l’introspection à la culture »
    http://mieux-se-connaitre.com/2011/01/le-yeux-clos-dodilon-redon/
  3. La notice de l’œuvre sur le site de la Bibliothèque nationale de France
    https://data.bnf.fr/fr/12194043/odilon_redon_les_yeux_clos/
  4. Voir aussi le site Histoiredesarts.culture.fr

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glossaire

Composition :
Manière de disposer des figures, des motifs ou des couleurs dans l’élaboration d’une œuvre.
Nabi :
Mot d’origine hébraïque signifiant « prophète ». Il désigne un groupe d’artistes postimpressionnistes, à la recherche d’une peinture nouvelle. Rassemblés à partir de 1888 autour de Paul Sérusier, les nabis partagent une esthétique faite de formes épurées, d’aplats de couleur, de contours, et parfois un certain sens du symbolisme et de la religiosité. Par ses écrits, le peintre Maurice Denis ne tarde pas à en devenir le théoricien. Sa formule, « un tableau […] est essentiellement une surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre assemblées », traduit bien l’esprit de synthèse qui anime les nabis.
Nature morte :
Représentation d’objets, de végétaux, de nourriture ou d’animaux sans vie.
Palette :
La palette est la petite planche sur laquelle l’artiste dispose et mélange ses couleurs. Le terme désigne aussi l’ensemble des couleurs qu’il choisit pour une œuvre.
Renaissance :
Mouvement artistique né au XVe siècle en Italie et qui se diffuse dans le reste de l’Europe au XVIe siècle. Il repose sur la redécouverte, l’étude et la réinterprétation des textes, monuments et objets antiques. À la différence de la pensée médiévale qui donne à Dieu une place centrale, c'est l'homme qui est au cœur de la pensée de la Renaissance.   
Symbolisme :
Mouvement littéraire et artistique de la fin du XIXe siècle dont les adeptes préféraient l’évocation du monde de l’esprit à la description de la réalité.
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